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« Nous avions des courants d’air dans la nurserie »

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Couchage. La vidéo montre que dans deux cases, les veaux ont tendance à se coucher contre le mur, au lieu de bien se répartir sur la surface de l’aire paillée. Ce comportement suggère l’existence de courants d’air. © P.L.C.

Une vidéo réalisée dans la nurserie a conforté les éleveurs sur certains points. Mais ils vont mieux protéger les petits contre les courants d’air, et réfléchir­ pour que cet espace ne soit plus une zone de passage de personnes extérieures à l’élevage.

Le Gaec de Kerdréanton, situé à Brélès (Finistère), compte trois associés : Stéphane Le Vaillant, son cousin Roland Jestin, et Danielle, la mère de ce dernier. Le troupeau est conduit de manière intensive afin de maximiser la production individuelle des 120 holsteins. Elles produisent en moyenne 9 355 litres de lait livré par an. Les éleveurs tirent profit du pâturage au maximum. La consommation...
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Le Gaec de Kerdréanton, situé à Brélès (Finistère), compte trois associés : Stéphane Le Vaillant, son cousin Roland Jestin, et Danielle, la mère de ce dernier. Le troupeau est conduit de manière intensive afin de maximiser la production individuelle des 120 holsteins. Elles produisent en moyenne 9 355 litres de lait livré par an. Les éleveurs tirent profit du pâturage au maximum. La consommation d’herbe pâturée s’élève à 2,1 t/vache/an. C’est la moitié du volume ingéré d’ensilage de maïs. La ration inclut des betteraves et du colza fourrager.

Au Gaec, l’élevage des génisses est plutôt bien maîtrisé. L’âge moyen au premier vêlage s’établit à 25 mois depuis trois ans. Les éleveurs s’approchent de leur objectif de 23-24 mois. Les génisses sont pesées régulièrement et atteignent les 200 kg à 6 mois, avec un tour de poitrine de plus de 130 cm. Elles sont élevées en cases individuelles pendant trois semaines, puis en cases collectives jusqu’à l’âge de 4 mois. Toutes se trouvent sous le même toit. Les éleveurs veillent à réduire les stress liés à l’écornage. « On le fait tôt et les veaux sont systématiquement anesthésiés », précise Stéphane. Dans la nurserie, les animaux sont calmes. Le passage de visiteurs ne semble nullement les perturber.

Des diarrhées chez les veaux les deux premières semaines

Malgré leur rigueur, depuis quelques mois, les éleveurs ont fait face à des épisodes de diarrhées chez les veaux dans les deux premières semaines. Ils ne s’en expliquaient pas l’origine. Ils constataient toutefois qu’elles survenaient souvent après le passage d’un intervenant extérieur dans le local. « Les box d’isolement des vaches malades ou à inséminer sont accessibles en traversant la nurserie », explique Roland. Les éleveurs veillent à toujours refermer la porte extérieure pour ne pas refroidir le local. Mais la disposition des lieux fait de la nurserie une sorte de lieu de passage, ce qui n’est pas idéal. « La biosécurité devient une préoccupation », souligne Stéphane. Ils ont déjà déplacé les veaux mâles pour que le marchand qui passe les prendre n’entre pas dans la nurserie. Ils ont aussi placé un pédiluve à l’entrée de ce local. Membres d’un groupe Atout Lait, ils ont répondu positivement quand BCEL Ouest leur a proposé de filmer la nurserie pour observer les animaux. Le film devait servir de support à une réunion de leur groupe pour travailler sur l’élevage des génisses. « On a pensé que cela nous aiderait à progresser. »

Une caméra a ainsi été installée pour quarante-huit heures mi-janvier. L’observation est riche d’informations. « Nous avons été surpris de voir que les veaux sont actifs presque tout le temps. Ils ne se calment que pendant une ou deux heures au milieu de la nuit. » Les images révèlent aussi que dans les deux cases collectives du milieu, les veaux ont tendance à se regrouper le long du mur pour se coucher, comme s’ils évitaient le centre. Cela a permis de détecter l’existence de courants d’air dans cette zone. L’air vient de l’étable des vaches toute proche et passe au-dessus du mur de séparation de deux mètres de haut. Comme il y a peu de sorties dans la nurserie, l’air revient ensuite au-dessus des niches individuelles.

La hauteur des auges et abreuvoirs doit être adaptée

Les veaux boivent régulièrement, ce qui confirme la bonne disposition des abreuvoirs à 50 cm de hauteur. Le positionnement des génisses à l’auge pour consommer les concentrés montre qu’elles sont à l’aise. Là aussi, la hauteur leur convient. De même, elles mangent fréquemment du fourrage, preuve qu’il est toujours accessible. Les auges en V laissent le fourrage facilement consommable en permanence. « Quand on fait ce genre de vidéo, on voit souvent des râteliers avec des barreaux trop serrés. Les petits râteliers ont souvent un écartement de 7 cm quand il en faut au moins 10. Les veaux ne parviennent pas à attraper le foin. On les voit essayer de manger par le dessus ou le côté. Avec des aliments riches en amidon, le manque de fourrages peut entraîner des déviations fermentaires et ainsi des diarrhées », précise Johann Cariou, responsable technique nutrition et génisses chez BCEL Ouest. Souvent, les éleveurs y remédient en coupant un barreau sur deux. Le risque de diarrhée est particulièrement élevé avec des concentrés fermiers à 40 % d’amidon. Le problème est parfois contourné en passant à un aliment du commerce. Si les diarrhées peuvent s’atténuer, le manque de consommation de fourrage n’est pas résolu.

Johann Cariou constate que la difficulté d’accès à l’eau est également fréquente, du fait d’abreuvoirs trop hauts. Dans ce cas, on voit que les naseaux sont secs. Le film montre quelques veaux qui lèchent les murs, signe de Pica.

Éviter les lumièrescontrastées

Un apport de sel est recommandé pour éviter ce phénomène. Les éleveurs n’en mettaient pas. Depuis, ils ont ajouté une pierre de sel, mais les veaux ne s’y intéressent pas. « Il va falloir qu’on la coupe un peu et qu’on leur fasse goûter le sel pour qu’ils comprennent », précise Stéphane. « Les veaux qui manquent de sel ont aussi tendance à se téter. On le voit sur les vidéos », ajoute Johann. Quand ils lèchent les murs, le risque de contamination est important avec des projections de bouses sur les parois qui peuvent être porteuses de coccidies. Difficile de s’en débarrasser ensuite. Mieux vaut donc s’assurer que du sel est à disposition. Ici, les éleveurs bloquent les veaux pendant une demi-heure après la buvée pour limiter les risques de succion. Cela permet aussi d’habituer très rapidement les animaux à être manipulés par l’homme. En plus de la vidéo, l’examen de la nurserie avec le technicien a contribué­ à vérifier plusieurs points. L’intensité lumineuse est mesurée pour voir si elle convient aux besoins des veaux. Ils sont identiques à ceux des vaches, soit 150 à 200 lux pendant seize heures sur vingt-quatre. Le reste du temps, les animaux apprécient la pénombre. Avec les bovins, il faut éviter les zones de contraste lumineux dans le logement. Leurs yeux s’acclimatent lentement aux variations brutales de luminosité. Il faut y penser lorsque les génisses vivent dans un bâtiment sombre.

Au moment de la sortie, la lumière soudaine déclenche une véritable panique chez l’animal. Pour lui comme pour l’éleveur, il faut anticiper ce choc et trouver une solution pour l’éviter. Au Gaec de Kerdréanton, la nurserie offre un bon niveau de luminosité. Par ailleurs, l’évaluation du taux de remplissage du rumen permet, comme pour les vaches, de s’assurer que les animaux ont accès au fourrage en permanence.

La nurserie ne sera bientôt plus une zone de passage

Pour Stéphane et Roland, l’observation du film a été enrichissante. Ils sont confortés dans certaines de leurs pratiques et cherchent des améliorations pour le reste.

« On envisage d’installer un faux plafond en géotextile pour casser le retour d’air au-dessus des cases individuelles. » « Il ne faut jamais utiliser de bâches plastiques pour ce type de couverture, explique Johann. Car elles retiennent l’humidité qui retombe sur les animaux. »

Les éleveurs n’ont pas relevé de nouvel épisode de diarrhée depuis la réalisation de la vidéo. Mais il y a eu un creux dans la période de vêlage. « On a pu faire un vrai vide sanitaire et tout nettoyer au Kärcher. »

Le réaménagement du bâtiment est prévu dans les mois qui viennent. La mère de Roland va prendre sa retraite et les jeunes éleveurs vont investir dans un robot de traite. Le projet est en cours de réflexion. Il va intégrer les constats réalisés dans la nurserie grâce à la vidéo. Les éleveurs vont revoir la localisation des box d’isolement des vaches. D’une manière ou d’une autre, la nurserie cessera d’être un lieu de passage ouvert aux intervenants extérieurs. Cela limitera les risques de contamination des veaux. Les diarrhées devraient ainsi être moins fréquentes.

Pascale Le Cann
Niches individuelles. En plastique, elles sont moins froides et plus confortables que les métalliques. Il faut les démonter pour les nettoyer. Elles sont surélevées pour que la litière puisse sécher. La hauteur est à apprécier aussi sous l’angle du confort de l’éleveur. Il doit pouvoir poser et reprendre les seaux sans se baisser. Ici, les éleveurs ont numéroté les cases. Car on oublie vite la date de naissance des veaux. Or, la buvée doit être adaptée à l’âge. © P.L.C.
Auge. La hauteur de l’auge est adaptée à la taille des génisses qui se trouvent donc dans une position confortable pour manger. © p.L.C.
Ambiance. La nurserie est séparée de l’étable par un mur de 2 mètres. L’air peut donc passer au-dessus. Les box d’isolement des vaches se trouvent juste derrière le mur et leur accès se fait par la nurserie. Une disposition défavorable que les éleveurs vont revoir. © P.L.C.
Les râteliers en V offrent une bonne accessibilité au fourrage. Les éleveurs mettent parfois un complément de foin dans l’auge. On voit sur la vidéo que les veaux consomment souvent de petites quantités de foin. © P.L.C.
mes conseils par Johann Cariou, responsable technique chez BCEL Ouest

« L’hygiène est primordiale dans les premières semaines. Dans l’idéal, la nurserie doit être fermée aux intervenants extérieurs pour limiter les risques de contamination entre élevages. C’est particulièrement vrai pour les vétérinaires, qui côtoient forcément des animaux malades. Chez BCEL Ouest, nous respectons un protocole de désinfection des bottes pour réduire ce risque quand nous entrons dans les bâtiments. La mise à l’écart des veaux mâles est souvent assez simple à réaliser. Elle permet de limiter le contact des veaux femelles avec des personnes étrangères à l’élevage.

De même, il faut préférer les cases individuelles équipées de deux porte-seaux. Et pour des raisons d’hygiène, il est bon que chaque veau ait son propre seau à lait, différent du seau d’eau. Il est facile de les numéroter de la même manière que les cases pour s’y retrouver. »

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