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Les conditions d’élevage des poulets sont-elles si effroyables ?

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« Là, il y en a un qui est en train d’agoniser » : la vidéo choc de Konbini, aux côtés de DxE, pour dénoncer les conditions d’élevage dans une exploitation bretonne de poulets de chair. © DR

Dans sa dernière vidéo, Hugo Clément, journaliste chez Konbini, dénonce les conditions d’élevage des poulets de chair français, aux côtés de DxE (1). Ces accusations sont-elles fondées ? Notre décodage avec les professionnels de la filière.

Musique inquiétante, gros plans sur des animaux morts : difficile de regarder la vidéo publiée par Konbini sans être saisi d’horreur. Les conditions d’élevage des poulets de chair standards sont-elles aussi déplorables que le pense Hugo Clément, journaliste chez un média en ligne destiné aux plus jeunes ?
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Musique inquiétante, gros plans sur des animaux morts : difficile de regarder la vidéo publiée par Konbini sans être saisi d’horreur. Les conditions d’élevage des poulets de chair standards sont-elles aussi déplorables que le pense Hugo Clément, journaliste chez un média en ligne destiné aux plus jeunes ?

Sollicitée pour nous aider à y voir plus clair, Anne Richard, directrice d’Anvol, l’interprofession de la volaille de chair, rappelle avant tout que les cahiers des charges français et européens demeurent une exception à l’échelle mondiale.

« La véritable question, c’est de savoir si vous préférez manger du poulet français, produit dans de bonnes conditions, avec un suivi du bien-être animal, et une baisse des antibiotiques, ou du poulet importé. » Actuellement, rappelle-t-elle, près de 43 % du poulet consommé en France serait importé de pays qui n’appliquent pas tous ces critères, que la vidéo dénonce comme barbares.

Poulets génétiquement croisés

Ce que l’on entend dans la vidéo :

Ce sont des poulets génétiquement croisés qui n’ont rien à voir avec les poules sauvages.William Bukhardt, DxE (1)

Actuellement, rassure l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments), « aucun animal génétiquement modifié, ni aucun aliment destiné à l’alimentation humaine ou animale dérivé d’animaux génétiquement modifiés n’ont fait l’objet d’une autorisation de mise sur le marché dans l’UE ». L’adjectif « croisé » est donc essentiel, puisqu’on parle bien ici d’une race sélectionnée par les schémas classiques.

Anne Richard reconnaît, sans identifier la race exacte, qu’il s’agit là « d’un poulet classiquement élevé en France et en Europe, pour produire de la viande ».

Au bon goût de poulet malade

Ce que l’on entend dans la vidéo :

S’il est toujours vivant, il finira en nuggetsWilliam Bukhardt, à propos d’un poulet agonisant sur le sol

Du côté de chez McDonald’s, on dément, en expliquant qu’un poulet manifestant des signes de faiblesse ne sera pas abattu pour fournir de la viande. Anne Richard confirme ce point : « Si l’animal est en souffrance réelle, et que l’éleveur estime qu’il ne va pas survivre, on fait une mise à mort de manière respectueuse, et on le met dans le bac d’équarrissage. C’est la gestion normale d’un élevage. »

Le bac d’équarrissage présenté dans la vidéo publiée, nous confie-t-on par ailleurs, n’aurait d’ailleurs pas été filmé sur la même exploitation. Le pourcentage de perte, de l’ordre de 3 %, serait en revanche exact, et correspond aux standards de la filière.

Une journée sans fin ?

Ce que l’on entend dans la vidéo :

La lumière est allumée même en pleine nuitHugo Clément, Konbini

La réglementation européenne impose une durée d’obscurité de 6 heures minimum par jour, dont quatre ininterrompues. Les bêtes ne sont donc pas éclairées en permanence, au contraire de ce que les intervenants de la vidéo déclarent.

Autre sujet temporel : la durée de travail de l’éleveur. D’après Léa Dubost, également militante DxE (1), les poulets peuvent mourir sans que l’exploitant ne s’en aperçoive, puisque « l’éleveur n’est pas là toute la journée ».

Anne Richard, pour sa part, estime que « les exploitants passent au moins deux fois par jour dans les bâtiments. Mais évidemment, la nuit, des incidents peuvent aussi se produire, et c’est facile de prendre des images chocs à ce moment-là ».

Vautrées dans la boue, ou les cosses de sarrasin ?

Ce que l’on entend dans la vidéo :

Le sol, c’est un mélange de terre et d’excréments, et leur litière ne va pas être changée pour des raisons économiquesWilliam Bukhardt, DxE

La réglementation européenne exige que les poulets aient accès « en permanence à une litière sèche et friable en surface ». Dans le cadre du cahier des charges de McDonald’s, nous explique-t-on, cette litière est constituée de cosses de sarrasin, et elle est régulièrement renouvelée.

Jeux de becs, jeux de vilains

Ce que l’on entend dans la vidéo :

Ils se picorent les uns les autres. Ils n’ont pas la place, ils sont blessés de tous les côtésWilliam Bukhardt, DxE

Face à la caméra, William Bukhardt montre des poulets ayant perdu des plumes, et présentant des blessures, provoquées, sans doute, par des congénères. Les images, malgré le ton grave, ne présentent cependant rien de tragique, selon la directrice de l’interprofession. « Des animaux qui jouent, et qui interagissent, c’est l’un des critères en matière de bien-être animal. Ce sont des poulets qui ont une vie de poulet », résume Anne Richard.

Concernant l’espace, les 25 000 animaux évoqués dans la vidéo seraient élevés dans deux bâtiments distincts. La densité maximale, telle que fixée par la réglementation, est de 33 kg/m², soit environ 15 bêtes au m² au poids d’abattage. Un bref calcul montre donc que, pour respecter cette exigence, l’exploitant doit posséder des bâtiments d’au moins 850 m² chacun.

Celui-ci ne souhaite pas s’exprimer sur cette affaire, mais, dans la mesure où la DDPP (directions départementales de la protection des populations) n’a eu aucun reproche à lui adresser faisant suite à son inspection dans les jours qui ont suivi le tournage, on peut supposer que ces bâtiments ont la taille adaptée. Hugo Clément le reconnaît d’ailleurs, dès le début de la vidéo, en précisant que les images n’ont pas été prises « dans un élevage hors-la-loi, ou caché ».

Entrer par effraction dans une exploitation est, en revanche, un délit avéré.

Ivan Logvenoff

(1) Direct Action Everywhere est un réseau international de base d’activistes des droits des animaux.

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