S'abonner
Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Premiers pas vers l’ostéopathie

réservé aux abonnés

 - -->
Anatomie. Au cours de deux journées interactives animées par des professionnelles des thérapies manuelles, les éleveurs ont revisité l’anatomie et la biomécanique des bovins. © A.B.

Thérapie. Si consulter un ostéopathe pour sa santé rentre peu à peu dans les mœurs, c’est moins courant pour les bovins. L’ostéopathie peut pourtant prévenir et traiter certains­ troubles fonctionnels des animaux. Des éleveurs s’initient à cette pratique.

Une dizaine d’éleveuses et éleveurs de Saône-et-Loire, ouverts aux médecines dites « alternatives » ou « complémentaires », et soucieux du bien-être de leurs animaux, ont participé cet hiver à une formation proposée par Acsel Conseil Élevage. Une partie d’entre eux avait déjà fait appel à un ostéopathe, avec plus ou moins de réussite. Dans un contexte de ré...
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
10%

Vous avez parcouru 10% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

Une dizaine d’éleveuses et éleveurs de Saône-et-Loire, ouverts aux médecines dites « alternatives » ou « complémentaires », et soucieux du bien-être de leurs animaux, ont participé cet hiver à une formation proposée par Acsel Conseil Élevage. Une partie d’entre eux avait déjà fait appel à un ostéopathe, avec plus ou moins de réussite. Dans un contexte de réduction des charges et de plan Écoantibio, ces producteurs de lait (80 à 150 laitières par atelier) cherchent à travailler autrement. « En présence d’un problème traumatique, annonce l’un d’entre eux, je ne fais plus venir de vétérinaire car il ne donne que des anti-inflammatoires ou des antibiotiques. » « Après un vêlage difficile, il y a sûrement des choses à faire pour soulager l’animal », estime, pour sa part, une jeune agricultrice.

Savoir poser un diagnostic

Au cours de deux journées interactives animées par des professionnelles des thérapies manuelles, Nadège Canard, ostéopathe DO (c’est-à-dire diplômé en ostéopathie), et Aurélie Maure, productrice de lait et formée à la biomécanique animale, les agriculteurs ont revisité l’anatomie et la biomécanique des bovins.

À partir de cas concrets, ils ont appris à analyser une boiterie, à diagnostiquer une fracture (et/ou fêlure), à intervenir en cas d’œdème ou d’hématome. Grâce à une manipulation de la première vertèbre cervicale, ils ont compris comment déclencher les réflexes de succion et de déglutition d’un veau « mou ». « Souvent, il s’agit d’un veau apathique, qui ne se lève pas, ne tète pas et présente une limitation de mobilité de la première vertèbre cervicale. Ce blocage peut être consécutif à un positionnement in utero et/ou à un passage difficile au vêlage (avec ou sans intervention humaine). Une manipulation directe non invasive et infradouloureuse (en douceur) permet de retrouver un tonus musculaire de l’encolure. Le veau peut à nouveau tenir et lever sa tête. Le réflexe de succion-déglutition se déclenche immédiatement », explique Nadège Canard.

Redonner de la mobilité

L’ostéopathie est fondée sur une approche globale de l’animal. Une boiterie sur l’un des membres peut ainsi provenir d’un problème de colonne vertébrale, et non du membre en lui-même. « La majorité des boiteries proviennent du pied. La première chose à faire est donc d’examiner ce dernier », note Nadège Canard. La présence de chaleur et d’un pouls sur l’artère pédieuse (artère du bas du pied) confirmera qu’un problème de pied (panaris, abcès, infection…) est à l’origine de la boiterie, ce qui ne relève pas de l’ostéopathie.

Une pathologie de pied peut être suffisamment invalidante et douloureuse pour que la vache laitière adapte l’appui de son membre dans une attitude dite « antalgique ». En s’appuyant plus sur la pince que sur son talon, elle va faire « avancer » son épaule par rapport à l’autre, ce qui fera penser à l’éleveur qu’elle a un problème d’épaule. Ce qui n’est pas le cas.

Pour poser un diagnostic, le thérapeute s’appuie sur « l’anamnèse » (les circonstances et l’histoire de la pathologie) et sur l’observation de l’animal (en statique, puis en dynamique). L’attitude et la position de l’animal renseignent sur la localisation du problème. Une palpation et une mobilisation ciblées des différents éléments de la zone concernée permettent de formuler un diagnostic, et de traiter des restrictions de mobilités, responsables des signes cliniques. Seules les lésions dites « primaires » sont traitées.

En effet, du fait de lésions articulaires anciennes, l’animal met en place plusieurs adaptations, afin d’être le plus « confortable » possible. Ainsi, pour éviter de solliciter des jarrets déjà fragilisés, un bovin limitera naturellement la mobilité de son bassin.

Tenir compte de l’état émotionnel de l’animal

Dans leur examen, les ostéopathes prennent en compte également l’état émotionnel de l’animal. « On ne s’acharnera pas si la vache n’a pas l’énergie suffisante ou si son état général est insuffisant, expose notre interlocutrice. Il ne faut pas faire rêver les éleveurs. On ne relève pas toutes les vaches. » De même, les pathologies fébriles (infectieuses, inflammatoires) ou tumorales, les lésions structurelles (fractures, arrachements…) ne sont pas du ressort de l’ostéopathe.

Les principaux motifs de consultations ostéopathiques sont les boiteries, le syndrome de la vache couchée après traumatisme ou après vêlage, les troubles locomoteurs du veau nouveau-né (ne se lève pas, absence du réflexe de déglutition, boiterie…). La prise en charge ostéopathique peut être intéressante sur les problèmes d’infertilité, en particulier sur des vaches qui ne retiennent pas bien en chaleur ou sur des génisses qui n’ont pas de vraies chaleurs ou de chaleurs visibles. Les deux thérapeutes attirent l’attention sur l’augmentation du nombre de consultations (bassin, rachis, membre) consécutives à un changement important de l’environnement de l’animal : passage d’une aire paillée aux logettes, par exemple.

Anne Bréhier
AnamnèseLe thérapeute s’appuie sur l’anamnèse (les circonstances et l’histoire de la pathologie) et sur l’observation de l’animal. Une palpation et une mobilisation ciblées des éléments de la zone concernée permettent de formuler un diagnostic, et de traiter les restrictions de mobilité. © A.B.
Formation Au terme de deux journées, les participants peuvent déterminer si la prise en charge de l‘animal relève de la médecine vétérinaire ou de la thérapie manuelle. © a.b.
Boiterie. Attention au parage systématique

Au cours de la formation, les ostéopathes ont exhorté les éleveurs à respecter certains leviers d’adaptations mis en place par les animaux pour se soulager. Un animal ayant une lésion ancienne du coude va soulager celui-ci en reportant son poids sur le membre opposé (d’où l’usure du pied plus marqué) et en « chargeant » l’onglon interne ou externe du pied concerné (d’où un pied asymétrique). Un parage systématique va contrarier le système d’adaptation mis en place par l’animal. Avec un coude jusque-là protégé et désormais beaucoup trop sollicité, on risque une boiterie.

L’avis de…
« Nous organisons des sessions d’une douzaine d’éleveurs fort intéressés par l’ostéopathie » L’avis de… Camille Olier, Acsel Conseil Élevage

« Dans l’Ain et en Saône-et-Loire, six sessions destinées à chaque fois à une douzaine d’éleveurs ont déjà été organisées depuis juin 2018. Nous avons des listes d’attente. L’objectif est d’apporter aux éleveurs des notions d’ostéopathie animale pour qu’ils puissent poser un premier diagnostic, appréhender les premiers gestes à avoir en cas de soucis sur un animal et surtout faire appel au professionnel adapté. Les ostéopathes sont parfois appelés pour un panaris ou autre qui relèvent du pareur ou du vétérinaire.

Outre la remise en cause de certaines idées reçues (les bovins se démettent très rarement la hanche), ces sessions interactives, très pratiques, amènent les éleveurs à observer leur troupeau avec un autre œil. »

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
En direct
Afficher toutes les actualités

Dans la même rubrique

Sélectionné pour vous

Sélection bovine des taureaux et des hommes

45€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

En réassort

AJOUTER AU PANIER

Maladies parasitaires du mouton 4ème edition

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER