S'abonner
Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

High-tech en élevage : les capteurs rayonnent

réservé aux abonnés

 - -->
Afilab. L’analyseur Afilab est positionné entre le compteur à lait et le lactoduc. Par la simple analyse du lait, il détecte 75 % des cas individuels de mammites, acétonémies et acidoses. © Afimilk

Connecté. Analyse des composés du lait, analyse des fourrages et, depuis peu, ­analyse des lisiers : les capteurs à rayonnement infrarouge font l’objet de plusieurs ­développements commerciaux dans les exploitations laitières.

Recevoir un signal physique et le transformer en un signal électrique dont la force est corrélée à celle du signal reçu. Voilà, dans les grandes lignes, comment fonctionnent les capteurs électroniques se généralisant au sein des objets qui sont de plus en plus connectés. Grâce aux nouvelles technologies de mise en réseau et d’analyse de données, ces capteurs offrent des applications très inté...
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
8%

Vous avez parcouru 8% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

Recevoir un signal physique et le transformer en un signal électrique dont la force est corrélée à celle du signal reçu. Voilà, dans les grandes lignes, comment fonctionnent les capteurs électroniques se généralisant au sein des objets qui sont de plus en plus connectés. Grâce aux nouvelles technologies de mise en réseau et d’analyse de données, ces capteurs offrent des applications très intéressantes en agriculture. En élevage laitier, c’est sans doute la technologie du « laboratoire infrarouge » qui a été récemment la plus porteuse de progrès. En faisant passer de la lumière à travers un produit, ces capteurs mesurent les longueurs d’ondes infrarouges qui ont été déviées ou absorbées.

Des données instantanées

Valeur des fourrages, valeur d’un lisier, composés du lait… L’interprétation de ces données par un logiciel permet ensuite d’évaluer certains composés des produits analysés, comme le ferait un laboratoire. Avec l’avantage de fournir les données presque instantanément, et ainsi de rapprocher le plus possible la mesure de la prise de décision, voire de commander par l’automatisme.

La fiabilité annoncée des capteurs commercialisés atteint déjà un niveau équivalent aux laboratoires classiques. L’organisme indépendant de référence DLG (Deutsche Landwirtschafts-Gesellschaft, société allemande d’agriculture) a déjà validé plusieurs systèmes de mesures à infrarouges pour l’élevage.

Évoquant son laboratoire infrarouge embarqué, le constructeur John Deere va même jusqu’à vanter la supériorité des capteurs avec lesquels « les erreurs qui surviennent généralement lors de la collecte manuelle d’échantillons, comme l’exposition à l’oxygène ou à la chaleur jusqu’à ce que l’échantillon arrive au prochain laboratoire, sont totalement éliminées ».

Sur le terrain, il faut garder un esprit critique, comme le souligne Christian Savary, conseiller machinisme de la chambre d’agriculture de la Manche. Sans désigner de constructeur en particulier, il constate que sur les ensileuses, « les capteurs de rendement sont parfois mis en difficulté dans des conditions où les débits sont plus ­faibles, comme pour des chantiers d’ensilage d’herbe ».

Fourrages et lisiers : même capteur

Parmi les dernières innovations en élevage à base de capteurs infrarouges, la solution Manure Sensing figure en bonne place. Cette application, développée par John Deere, permet d’analyser les lisiers directement sur la goulotte lors de l’épandage et d’ajuster en permanence l’avancement. Le laboratoire connecté enregistre le travail de l’outil par des cartographies d’apports qui sont utiles pour moduler les apports d’engrais minéraux à suivre. Couplée avec des cartographies de préconisations, la technologie ouvre aussi la voie à la modulation fine des apports de matière organique à l’intérieur d’une parcelle.

« Nous faisons communiquer l’outil avec le débitmètre des machines et nous jouons sur la vitesse d’avancement pour réguler les doses. Nous sommes en développement avec les constructeurs de cuves pour faire communiquer le laboratoire avec un variateur de débit qui permettra de moduler les doses à vitesse constante, ce qui serait utile notamment pour des lisiers issus de concentrateurs, détaillait Alexis Dumaine, responsable commercial chez John Deere France, le 23 avril dernier lors de l’après-midi technique consacrée aux capteurs connectés à la ferme expérimentale de la Blanche Maison. Le Manure Sensing fonctionne avec le même laboratoire infrarouge que celui embarqué dans les ensileuses pour l’analyse des fourrages d’herbe et de maïs. Aujourd’hui, avec le même appareil, nous savons mesurer ce qui est exporté d’une parcelle et ce qui y est apporté. Nous reconstituons le cycle nutritif complet de la parcelle, y compris avec l’utilisation de fertilisants organiques. La boucle est bouclée. »

Sur un épandeur de lisier, Manure Sensing s’installe sur la goulotte, idéale­ment à 30° de l’axe vertical pour éviter de capter des bulles liées à la turbulence du liquide. Le laboratoire est utilisable à poste fixe, comme la solution concurrente AgriNir.

Lire l’avenir dans le lait

Mesurer l’évolution de composés du lait à caractère prédictif sur la santé individuelle des vaches et réagir au plus tôt avant que les difficultés ne se traduisent par des pertes de revenus : voici une autre promesse faite par les laboratoires infrarouges.

S’appuyant sur les technologies du big data (1), le constructeur israélien Afimilk a développé une grille de lecture des composés du lait qui permet de déduire, avec une faible marge d’erreur, l’état de santé individuel actuel et futur de la vache en lactation. En pratique, pour profiter de ces recherches, l’éleveur doit installer un analyseur Afilab pour chaque poste de traite entre le compteur à lait et le lactoduc. « L’analyseur fonctionne grâce à la spectrométrie optique, détaille Yann Marcolini, directeur général de Afimilk en France. Il mesure pour chaque animal et à chaque traite, la matière grasse, la protéine, le lactose, et indique la présence de sang. Le système réalise une mesure tous les 200 g de lait, soit 4 500 analyses en moyenne par vache et par mois. C’est trente à ­soixante fois plus que ce que réalise le contrôle laitier et pour le même niveau de fiabilité. »

Les données sont ensuite individualisées grâce à un couplage au système d’identification de l’animal, de préférence de type podomètre à émetteur actif plutôt qu’un système passif de type RFID (Radio frequency identification). Cette lecture fine et comparative des données recueillies sur le lait permet de détecter précocement 75 % des cas de mammites, d’acétonémie et d’acidose. Des alertes de santé sont également délivrées pour certains troubles décelés mais dont la nature ne peut pas encore être identifiée avec précision par l’analyse du lait (retournements de caillette…). Selon le constructeur, l’analyseur détecte les mammites 48 heures avant que les symptômes n’apparaissent. « On peut alors envisager des traitements à base d’homéopathie ou d’huiles essentielles et réduire ainsi leurs coûts. »

Alexis Dufumier

(1) Big data : collecte et interprétation de données de masse notamment issues des nouvelles technologies.

HarvestLab. L’analyse en temps réel des lisiers, © l. Coassin
Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
En direct
Afficher toutes les actualités

Dans la même rubrique

Sélectionné pour vous

Sélection bovine des taureaux et des hommes

45€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Maladies parasitaires du mouton 4ème edition

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER