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« Depuis le changement de logettes, nos vaches sont méconnaissables »

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(de g. à dr.) : © J.Pezon

Confort. Pendant dix ans, le troupeau du Gaec du Lindenhof a souffert d’un défaut de conception du couchage avant l’installation de logettes souples.

Regrouper plusieurs troupeaux dans un bâtiment neuf réclame forcément un temps d’adaptation pour les animaux. D’autant plus lorsque certains d’entre eux doivent aussi s’acclimater à une conduite sans pâturage.
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Regrouper plusieurs troupeaux dans un bâtiment neuf réclame forcément un temps d’adaptation pour les animaux. D’autant plus lorsque certains d’entre eux doivent aussi s’acclimater à une conduite sans pâturage.

Les associés du Gaec du Lindenhof en ont fait l’amère expérience après la mise en service de leur stabulation en 2003 : dans ce bâtiment, les laitières disposent de deux rangées de logettes tête à tête, plus une rangée face au mur, l’équivalent de 200 places. « Nous avons rapidement vu des vaches se mettre à boiter en pensant que c’était le fait d’évoluer sur des bétons neufs », explique Pierre Pfendler.

« Les vaches se couchent plus facilement »

Pourtant, les éleveurs avaient misé sur le confort à travers le choix de logettes creuses, remplies avec la fraction sèche du lisier, et des couloirs en béton raclé assez larges (4,50 m) pour une circulation fluide. « Nous avons essayé différents réglages de logettes sur les conseils de techniciens et même testé la présence de courant parasite, sans résultats. Nous avons alors paillé les logettes en remplacement du lisier, avant de les bétonner et d’y installer des matelas. Les symptômes étaient toujours les mêmes : des vaches qui restent debout dans leur logette et qui, une fois couchées, ne se relèvent plus ou trop rarement pour prendre de gros repas, ce qui générait de l’acidose. Enfin, elles avaient tendance à se coucher de travers et à bouser dans la logette. Ces animaux n’étaient pas heureux dans leur environnement et cela rejaillissait sur notre moral. » Pour éviter que les vaches ne se couchent de travers, les éleveurs ont essayé de retourner les bat-flanc, avec pour conséquence de sérieuses blessures à la pointe des hanches (photo p. 61).

Cette situation a perduré jusqu’au remplacement des bat-flanc en acier galvanisé par des logettes souples, en 2016. C’est Jean-Claude Bilger, technicien chez Jacoulot-Service, qui leur propose de mettre d’abord à l’essai 57 logettes de la société Deltex. L’amélioration du confort, exprimée par le comportement de couchage des vaches, ne s’est pas fait attendre, et les associés ont donc décidé de changer les 200 logettes pour un montant de 20 000 €. « Nous avons pu comparer et observer une meilleure fréquentation des logettes et surtout des vaches qui se couchent et se lèvent beaucoup plus facilement, là où elles pouvaient rester couchées toute la journée à la même place. » Bien sûr, il y a encore des vaches avec des problèmes de dos ou d’aplombs. Elles seront progressivement réformées.

« Des stalles trop courtes et un trottoir trop haut »

Lors du changement de logettes, Raphaël Arrigoni, de la société Deltex, a pu constater sur place des défauts de conception qui peuvent expliquer le manque de confort et les problèmes rencontrés : « Tout d’abord, un trottoir un peu trop haut (20 cm) et une barre au garrot basse (réglée autour de 1 m). Mais surtout, des stalles trop courtes ne permettant pas le mouvement de balancier naturel des vaches pour se relever. » La stalle face au mur a en effet une longueur totale de 2,35 m (du bord du trottoir jusqu’au mur), là où le technicien recommande 2,70 à 3 m. La stalle en tête à tête fait 5 m de bord à bord, là où il faudrait 5,40 à 5,70 m. Si ces défauts structurels n’ont pas été corrigés, le recours à des logettes flexibles semble avoir levé l’appréhension des vaches à fréquenter leur couchage et a mis fin aux blessures provoquées par les chocs répétés contre les tubulaires métalliques. Visuellement, le réglage de la logette semble encore un peu court pour le gabarit du troupeau, mais les vaches n’hésitent pas à appuyer leur nuque sur le câble pour se coucher et ainsi compenser le manque de longueur de la stalle. La logette est désormais réglée de la façon suivante : 1,20 m de largeur, un câble de nuque à 1,25 m de haut et 1,75 m du bord de la logette (± 3 à 4 cm grâce à la flexibilité du câble), et la genouillère à 25 cm du sol.

« Nous manquons de recul pour évaluer le gain de production laitière, mais les vaches sont méconnaissables, observe Pierrette Litzler-Aman. Elles sont plus propres, ont le poil plus lisse, plus brillant, elles marchent avec moins d’hésitation et le dos droit. La situation vis-à-vis de l’acidose s’est aussi améliorée et le troupeau tourne à une moyenne de 28,5 litres par jour. »

Jérôme Pezon
Ces lésions à la hanche, observées sur la ferme avec les logettes en acier, sont typiques d’une barre latérale trop basse. En se couchant, la vache engage son bassin sous le tubulaire et se blesse en forçant pour se relever. © J.Pezon
Les logettes en béton avec matelas sont équipées du système Deltex (Sommet d’or 2014), fixé aux poteaux en acier préexistants : © J.Pezon

    Gaec du Lindenhof, à Hagenthal-le-Haut (Haut-Rhin).

    9 UTH : 5 associés et 4 salariés.

    220 vaches laitières à 9 000 kg de lait, dont 30 montbéliardes.

    Atelier d’engraissement des mâles nés sur l’exploitation.

    400 ha de SAU, dont 150 ha d’herbe, 180 ha de maïs, 22 ha d’orge, 40 ha de blé et 18 ha de soja sous contrat pour l’alimentation humaine.

L’avis de…
« Savoir observer ses vaches et adapter le réglage de la logette » L’avis de… Jacques Capdeville, chef de projet bâtiment à l’Institut de l’élevage.

« Améliorer le confort et limiter les risques de blessures grâce à des logettes flexibles est un bon concept. Gare cependant aux équipements trop souples : les vaches peuvent se coucher de travers et empiéter sur la place de leur voisine, avec un risque accru d’écrasement de trayons. Des matériaux demi-souples sont un bon compromis : assez rigides pour guider l’animal et l’inciter à se coucher droit et assez souples pour éviter les traumatismes.

Mais quelle que soit la matière utilisée, le confort dépend avant tout du bon réglage. On touche là à des notions d’ergonomie. Il faut observer ses vaches et se donner la possibilité d’affiner ses réglages selon le gabarit du troupeau. Si la logette a des dimensions adaptées, la vache se couche et se lève d’un seul coup, dans un mouvement fluide, sans aucun contact avec les tubulaires et donc sans risques de se blesser.

La largeur reste fixe : 1,15 à 1,20 m pour les petites races, jusqu’à 1,30 m pour les plus gros gabarits. Pour la longueur, définie par la barre au garrot, viser 1,85 à 1,95 m pour de grandes holsteins. Prévoir en plus 1,20 m de dégagement vers l’avant pour lui permettre de faire son mouvement de balancier lors du lever, soit 3 m au total. L’animal ne peut pas compenser ce besoin vital. S’il est contraint, il va forcer son mouvement et c’est là que surviennent les traumatismes. Souvent, la longueur est insuffisante pour éviter les bouses dans la logette. Or, c’est inévitable ! Il faut accepter de curer 2 à 3 fois par jour. L’arrêtoir au sol est positionné 10 à 15 cm devant la barre au garrot qui peut alors être réglé selon la taille des vaches entre 1,05 et 1,25 m de hauteur. Selon son humeur, la vache pourra ainsi placer sa tête au-dessus ou au-dessous. »

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