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« L’agriculture doit primer sur les règles de la concurrence »

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Selon le sénateur Jean Bizet, la priorité pour la fixation des prix devrait être donnée aux groupements de producteurs. « Un tel verrou réglementaire condamne nos agriculteurs à rester des “preneurs de prix” dans la chaîne de valeur alimentaire », appuie-t-il dans un communiqué diffusé le 24 septembre 2020. © Cédric Faimali/GFA

Jean Bizet, président de la commission des affaires européennes du Sénat, a présenté un ensemble de propositions découlant de son récent rapport d’information « Agriculture et droit de la concurrence : redonner aux agriculteurs français un pouvoir de marché ». Il appelle à rendre la primauté à l’agriculture sur le droit à la concurrence européen et pointe tout particulièrement la crise que traverse la filière bovine française.

Pour Jean Bizet, « le primat donné au droit de la concurrence sur les objectifs de la politique agricole commune (Pac) explique une bonne partie des difficultés rencontrées. » Estimant que le règlement Omnibus « s’est arrêté au milieu du gué » et que la loi Egalim n’a pas répondu aux attentes escomptées, le président de la commission des affaires européennes du Sé...
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Pour Jean Bizet, « le primat donné au droit de la concurrence sur les objectifs de la politique agricole commune (Pac) explique une bonne partie des difficultés rencontrées. » Estimant que le règlement Omnibus « s’est arrêté au milieu du gué » et que la loi Egalim n’a pas répondu aux attentes escomptées, le président de la commission des affaires européennes du Sénat souhaite aller plus loin.

Pour appuyer le renversement des règles de concurrence pour l’agriculture qu’il veut impulser, le sénateur de la Manche a choisi de parler de la filière de la viande bovine française lors d’une conférence de presse ce jeudi 24 septembre 2020. Pourquoi cette filière ? Parce qu’elle « illustre, à elle seule, la nécessité de sortir du statu quo en la matière. »

« Autoriser la fixation des prix communs de cession »

Pour redonner aux agriculteurs français un pouvoir sur le marché, Jean Bizet appelle à s’inspirer du Capper Volstead Act, loi américaine datant du 18 février 1922 consacrant un « principe favorable aux associations agricoles et autoriser la fixation de prix communs de cession ». Si cette proposition paraît osée à présenter à la Commission européenne, elle aurait le mérite de permettre « une diminution des financements publics », selon le sénateur.

« Nous n’aurions plus besoin de nous battre, cadre financier pluriannuel après cadre financier pluriannuel, pour obtenir des lignes budgétaires plus conséquentes de la Pac, soutient-il. Ce point pourrait particulièrement séduire les pays de l’Europe du Nord, de plus en plus frileux à l’idée d’ouvrir des fonds. »

« Créer un électrochoc » dans la filière de la viande bovine française

Pour sortir de la crise les éleveurs français de vaches allaitantes, Jean Bizet opte pour des propositions toutes aussi tranchées. À cause des difficultés structurelles qu’elle traverse, la filière « handicape “par ricochet” notre pays dans les négociations commerciales internationales menées pour le compte de la France et des autres États membres, par la Commission européenne », estime-t-il. Pour le sénateur de la Manche, il est inacceptable que cette filière, évoquée comme le « maillon faible » dans le cadre de l’accord Ceta, « prenne en otage les autres filières agricoles françaises qui en bénéficient ».

Alors qu’il appelle la filière bovine française « à prendre ses responsabilités et à sortir de l’immobilisme », il pointe notamment du doigt « l’attentisme de l’interprofession, au statu quo du modèle économique des principaux industriels et distributeurs ainsi qu’à l’individualisme d’une partie des éleveurs. » Jean Bizet soulève par ailleurs un « décalage persistant » entre l’offre et la demande en viande bovine.

« Privilégier des animaux moins lourds et plus jeunes »

Dans ses propositions pour stopper le « malaise économique de la filière », « les pouvoirs publics français doivent, en particulier, amener nos producteurs de viande bovine à privilégier des animaux moins lourds et plus jeunes nourris majoritairement à l’herbe », dans l’optique de coller davantage aux attentes des consommateurs français, qui souhaitent une viande plus tendre et goûteuse.

Pour Jean Bizet, certains schémas raciaux « doivent être revisités », sans pour autant écarter nos races emblématiques françaises. Dans le même sens, le sénateur suggère que « le versement de l’Aide aux bovins allaitants (ABA) ne soit pas intégral si l’âge des animaux abattus dépasse 16/18 mois. »

Enfin, le sénateur déplore l’absence de stratégie de développement pérenne à l’exportation. « Le modèle repose principalement sur des marchés de dégagement, au coup par coup. » L’abattage d’animaux plus jeunes en France serait un moyen de répondre davantage à la demande à l’échelle internationale, selon lui.

Lucie Pouchard
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