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Comment ils ensilent l’herbe en gardant leurs distances

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Sur le chantier de Mathieu Grange, en plaine bressanne, chacun apporte son pique-nique mais reste à distance. © Twitter/Mathieu Grange

Les travaux d’ensilage d’herbe ont commencé avec une contrainte particulière cette année : le maintien des distances entre les travailleurs. Tour de France des chantiers pour voir comment les agriculteurs s’organisent.

Les chantiers d’ensilage d’herbe commencent partout en France. Ils sont traditionnellement l’occasion d’une forte entraide entre voisins et, souvent, un bon moment de convivialité. Et pourtant, pas question de ça cette année ! Les règles de lutte contre le Covid-19 interdisent le serrage de main, le repas tous ensemble, les échanges de matériel, etc. Comment vous organisez-vous face aux contraintes qu’impose le coronavirus ...
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Les chantiers d’ensilage d’herbe commencent partout en France. Ils sont traditionnellement l’occasion d’une forte entraide entre voisins et, souvent, un bon moment de convivialité. Et pourtant, pas question de ça cette année ! Les règles de lutte contre le Covid-19 interdisent le serrage de main, le repas tous ensemble, les échanges de matériel, etc. Comment vous organisez-vous face aux contraintes qu’impose le coronavirus ?

Un pique-nique éloigné

Agriculteur en Gaec à Courtes dans la plaine bressanne (Ain), Mathieu Grange organisait le 27 mars 2020 son chantier d’ensilage d’herbe du lendemain. Pour les 45 hectares de sa première coupe, il a prévu une entreprise pour l’ensileuse, deux agriculteurs voisins, et le matériel de la Cuma. Ils ont déjà l’habitude de travailler ensemble mais, cette année, avec la distanciation sociale nécessaire pour lutter contre la propagation du Covid-19, il va falloir les changer, ces habitudes.

Mathieu Grange envoie donc un texto à chacun. Il précise le circuit pour ne pas se croiser ; il demande de ne pas se saluer autrement qu’à distance ; il indique la parcelle où se garer pour sortir le pique-nique de chacun. En effet, le lendemain à midi et demie, les chauffeurs ont arrêté leur machine en formant un cercle dans la parcelle désignée et se sont mis en rond en respectant une distance entre eux largement supérieure au mètre.

« J’ai trouvé ça plus sympathique que rester seul dans sa cabine. Comme nous sommes au milieu d’un champ, c’était assez calme pour qu’on puisse se parler sans élever la voix », raconte Mathieu Grange. Il avait apporté les boissons dans un seau où chacun se servait à tour de rôle. « Il faisait beau temps. Ça aide à faire passer un bon moment quelles que soient les contraintes », ajoute-t-il.

Mathieu Grange a veillé à interdire tout échange de matériel au cours de la journée. Pour le bâchage, il a fourni des gants de traite à chacun. La fermeture du silo avec des boudins permet de rester éloignés l’un de l’autre. Le soir, chacun est reparti de son côté. L’entreprise a fourni le soir même par SMS les données pour vérifier les éléments de la facture.

« Alors, oui, on perd la convivialité habituelle des repas mais on a trouvé un bon compromis sans rien lâcher sur les gestes barrières. Pour la convivialité, on se retrouvera plus tard ; peut-être à la deuxième coupe ou pour l’ensilage du maïs », prévoit Mathieu Grange.

> À lire aussi : Des consignes pour éviter la contamination entre travailleurs (25/03/2020)

Mettre tout le monde à l’aise

Dans le Cantal, Patrice Peyrissac, président d’EDT15 (Entrepreneurs des territoires du Cantal) et agriculteur, a rapidement décidé de publier un communiqué synthétisant les bonnes pratiques pour les travaux d’ensilage. « Dès le premier jour du confinement, j’ai reçu plus de cinquante coups de téléphone de chefs d’entreprise qui se tracassaient, qui se demandaient comment ils allaient organiser leurs chantiers », raconte-t-il.

« L’ensilage est un chantier à risque. Il donne lieu à des moments de convivialité. Ce n’est pas un chantier avec un chauffeur. Là, les voisins viennent aider. C’est pour cela que je me suis concentré sur ce chantier », ajoute-t-il. Dans ce communiqué sont expliqués les bons gestes à suivre, comme le fait d’apporter son propre en-cas, de garder ses distances, de n’avoir qu’un seul conducteur pour le tracteur, de respecter les gestes barrières…

Ce document, qui a été transmis à tous les adhérents d’EDT15 et plus largement aux syndicats agricoles du département, a aussi pour objectif de diffuser les bonnes pratiques et de mettre les éleveurs et les chauffeurs dans de bonnes dispositions. « Le but du communiqué, c’est de mettre le sujet en avant pour que tout le monde soit à l’aise pour s’organiser », précise Patrice Peyrissac.

> À lire aussi : Service de remplacement, salariés et employeurs en alerte (02/04/2020)

« Les gens jouent le jeu »

À la Cuma de Saint-M’Hervé, près de Vitré (Ille-et-Vilaine), on a donné les consignes par mail aux cinq salariés qui commencent l’ensilage des 700 à 800 hectares de ray-grass d’Italie en ce début d’avril : emporter son casse-croûte, nettoyer les cabines, éviter les croisements de chauffeurs.

Les adhérents de la Cuma ont aussi reçu des consignes par mail : l’accès aux cabines des chauffeurs leur est interdit, le coup à boire ou le repas à la fin du chantier aussi. La fédération des Cuma de Bretagne Ille Armor avait elle-même envoyé des instructions pour empêcher les repas collectifs qui sont pourtant une habitude bien implantée dans l’ouest agricole.

« Les recommandations, assez fermes, ont été bien comprises. Les gens jouent le jeu. Ils font attention même si, dans notre région, la crise est moins palpable qu’ailleurs. Tout le monde a bien pris conscience de l’enjeu », témoigne Jean-Michel Aubert, le président de la Cuma, qui avait déjà inculqué depuis longtemps le principe des réunions « à distance » des adhérents avec les outils de communication actuels.

> À lire aussi : Comment se protéger du Covid-19 sur la ferme ? (25/03/2020)

Inciter à l’entraide

Du côté de l’Auvergne-Rhône-Alpes, Lionel Gaudard est animateur de la fédération des Cuma de la Loire. Il a transmis par mail à ses adhérents les bonnes pratiques au fur et à mesure qu’elles sortaient. Chaque président de Cuma les transmet à son tour aux agriculteurs : utiliser les portables pour passer les consignes, ne pas échanger de tracteur, désinfecter les cabines, oublier les repas en commun, etc.

Parfois, il est difficile de donner une règle d’éloignement valable partout comme pour le bâchage du silo. Alors, l’animateur parie sur le bons sens des adhérents. « Ils s’équipent de gants ou de masques. Ils évitent de s’approcher longtemps. Un seul agriculteur tire la bâche. Nous leur avons montré l’intérêt pour leur entreprise de prendre leurs précautions. S’ils tombent tous malades en même temps, l’exploitation ne pourra pas tourner », explique Lionel Gaudard.

Il préconise l’entraide à cette occasion. « Pour ne pas descendre de la cabine, un membre de la Cuma peut rester sur le tracteur et poursuivre le travail chez son voisin. Celui-ci pourra lui rendre le service à une autre occasion selon le principe de la banque de travail », explique-t-il. Avec cette contrainte d’un chauffeur par tracteur et par jour, certains adhérents constatent d’ailleurs la pertinence du discours qui prône de ne pas dételer pour maintenir un haut débit de chantier.

Marie-Astrid Batut et Eric Young
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