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Les prix du blé contrariés

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© S. Champion

Tallage, cabinet d’études spécialisé dans les marchés des céréales, oléagineux et protéagineux, nous livre son analyse hebdomadaire.

L’euro et la remontée des perspectives de récolte au Canada, en Russie et en Australie continuent de limiter les prix français des céréales et du colza. Le maïs de l’ancienne campagne fait exception.
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L’euro et la remontée des perspectives de récolte au Canada, en Russie et en Australie continuent de limiter les prix français des céréales et du colza. Le maïs de l’ancienne campagne fait exception.

Blé : petite récolte mais prix en baisse

Après la pause de la semaine dernière, les prix du blé français sont repartis à la baisse. Ils retrouvent ainsi leur niveau du début juillet, proches de 180 €/t aussi bien pour le rendu Rouen que pour l’échéance septembre d’Euronext. Les prix ont ainsi perdu entre 4 et 5 €/t cette semaine alors même que le ministère de l’Agriculture est venu confirmer mercredi, la moisson touchant à sa fin, que la récolte française serait la plus basse depuis 2016 (à 29,7 millions de tonnes).

Les rendements sont bas, mais la surface est historiquement faible, la plus réduite depuis 1993. En Allemagne, le ministère de l’Agriculture vient aussi de publier une estimation de récolte basse (20,2 millions de tonnes). Cette information a été prise avec circonspection car très inférieure au pronostic de l’union des coopératives.

Malgré ces déboires, les prix ne parviennent pas à se maintenir pour l’instant. L’euro, qui demeure à plus 1,18 dollar, affecte la compétitivité des blés européens et français. Mais la nouvelle baisse de cette semaine découle surtout de la pression mondiale : suite à la révision en hausse des surfaces semées en Russie, les estimations de la récolte de blé russe reviennent avoisiner le niveau de 80 millions de tonnes. Les estimations étaient descendues au-dessous de 77 millions de tonnes il y a quelques semaines.

Les rendements sont excellents en Volga et dans le centre du pays, ce qui vient renforcer l’estimation russe même si l’est du territoire est assez sec. Ces rendements, combinés avec la faiblesse du rouble, pèsent sur les prix russes qui ne perdent toutefois que 1 $/t dans un contexte de rétention de la part des producteurs.

Les estimations sont également revues en hausse en Ukraine suite à la prise en compte des résultats de récolte : l’analyste ProAgro vient en effet de remonter son estimation à 26,6 millions de tonnes pour ce pays (+0,5). Malgré tout, l’Ukraine va produire cette année beaucoup moins que l’an passé (plus de 28 millions de tonnes).

Récolte très forte en vue au Canada

C’est principalement le Canada qui occupe le devant de la scène ces derniers jours : l’état des cultures y est très bon et les indices de végétation élevés dans toutes les grandes régions productrices du pays. Les rendements vont donc allègrement y dépasser la tendance historique pour une production probablement légèrement supérieure à 35 millions de tonnes (blé tendre + blé dur contre 32,3 millions de tonnes en 2019).

Ces bonnes perspectives ont largement pesé sur les prix, trop peut-être, car le marché a surtout réagi aux résultats d’un « crop tour » effectué par un opérateur qui donne une prévision très optimiste de 39 millions de tonnes. Enfin, malgré un manque d’humidité momentané dans l’ouest de l’Australie, les perspectives de récolte restent favorables aussi dans ce pays.

Couplés à une révision en hausse des rendements de blé de printemps aux États-Unis (USA), ces éléments ont fait chuter les prix US HRW et SRW de 6 $/t cette semaine, malgré la faiblesse du dollar. Ils ont aussi fait plonger Chicago de plus de 10 $/t, ce qui a poussé les prix français vers le bas.

L’Égypte a de nouveau acheté du blé russe et ukrainien cette semaine (pas d’offres d’autres origines) à des prix inférieurs de 1 à 12 $/t à ceux payés la semaine dernière. Suite à ces achats réguliers depuis plusieurs semaines, le GASC égyptien a maintenant contracté 1,8 million de tonnes, soit plus que les 1,5 million de tonnes contractées l’an dernier à la même date. Le Pakistan, de son côté, a acheté 60 000 tonnes en origine indéterminée. Le Liban, après la catastrophe de cette semaine, devra probablement accélérer ses achats de blé. Il importe entre 1 et 1,5 million de tonnes par an, mais les quantités perdues ont été estimées à 15 000 tonnes, ce qui reste modéré.

Au départ de l’Union européenne (UE), sans surprise, l’activité à l’export est en retrait par rapport à l’an passé : 0,635 million de tonnes exportées début août contre 1,45 million de tonnes à la même date l’an passé.

L’orge française reste chère

Bien que plus faibles qu’en juillet dernier, les chargements français vers la Chine se poursuivent encore : on compte presque 150 000 tonnes en chargement ces jours-ci entre les ports de Rouen, Dunkerque et la Pallice. Cette activité a continué de soutenir les prix qui n’ont pas suivi le décrochement du blé cette semaine. L’orge fourragère à Rouen vaut 162,5 €/t actuellement (base juillet).

Comme pour le blé, le ministère de l’Agriculture a fortement revu en baisse son estimation de la récolte à 11,3 millions de tonnes (toutes orges) contre 12,3 millions en juillet. Cette nouvelle estimation vient réduire les excédents potentiels du bilan français pour la fin de campagne. Malgré tout, les orges françaises restent plus chères (de 5 $/t) que les orges de la mer Noire destinées au débouché chinois, et plus chères de 12 $/t aux orges de la mer Noire (tout venant). La situation demeure donc peu favorable pour le prix des orges françaises dans un contexte mondial que les perspectives de récolte canadienne contribuent à alourdir.

Sur le créneau brassicole, les orges d’hiver se sont renchéries de 2 €/t à 172 €/t Fob Creil (en base juillet), alors que les orges de printemps ont abandonné 1 €/t à 173 €/t Fob Creil. À cause de l’abondance en orge de printemps, et de la faiblesse des disponibilités attendues en orge d’hiver brassicole, l’écart de prix entre les deux variétés se réduit encore.

Tension du maïs en fin de campagne

Les prix du maïs français ont fortement augmenté en ancienne récolte, de 18 €/t Fob Bordeaux (à 190 €/t) et de 7 €/t Fob Rhin (à 175 €/t) selon les cotations Reuters du 6 août. Les stocks d’anciennes récoltes à la fin septembre seront faibles : Les exportations vers d’autres pays de l’Union européenne sont supérieures à celles de l’an dernier malgré une production restée basse. Les importations en provenance des pays tiers chutent nettement cette année dans l’UE et ont été moins vigoureuses que prévu en avril et mai.

En nouvelle campagne, la hausse est restée beaucoup plus modérée à Bordeaux (+ 3 €/t seulement à 165 €/t sur octobre en base juillet) et les prix ont même chuté de 1 €/t Fob Rhin (à 164 €/t). Les prix du Sud-Ouest sont poussés vers le haut par les conditions sèches qui laissent craindre des dégradations de rendement. CéréObs a d’ailleurs encore revu en baisse ses notations cette semaine.

Malgré tout, les maïs français restent aussi sous l’influence de la situation mondiale marquée cette semaine par un net plongeon des cotations à Chicago (-6 $/t). En effet, les conditions de développement des maïs aux États-Unis sont bonnes et les perspectives de rendements revues en hausse. Avec la progression de leurs surfaces, les États-Unis s’apprêtent à engranger une production aussi élevée qu’en 2016, proche de 384 millions de tonnes. Néanmoins, à la suite de ventes importantes à la Chine, les engagements à la vente des maïs US de la nouvelle récolte sont déjà très élevés (11 millions de tonnes). Cela risque de tempérer la baisse à court terme.

Le soja cède du terrain

Cette semaine, les cours du soja ont baissé sur le marché de Chicago (-4 $/t à 321 $/t) à la suite des bonnes conditions climatiques aux États-Unis. Les notations du soja US montrent une part des cultures en situation « bonne à excellente de 73 %, contre 72 % la semaine dernière. En parallèle, 85 des surfaces de soja sont au stade de floraison (soit un niveau supérieur de la moyenne des 5 ans), ce qui laisse entrevoir une très bonne récolte de soja aux États-Unis. De nouvelles précipitations sont attendues sur la semaine à venir.

Au Brésil, la production de fèves de soja devrait franchir un nouveau cap en 2020-2021. Agroconsult (analyste local), estime la surface de soja au Brésil en hausse de 2,7 % pour la campagne 2020-2021 à 37,9 millions d’hectares, ce qui porterait la production à 132,6 millions de tonnes contre 124,7 millions de tonnes en 2019-2020.

À 1,75 million de tonnes (au compte de l’ancienne et de la nouvelle campagne), les ventes hebdomadaires de soja US à l’export sont ressorties dans la fourchette haute des attentes. Cela n’a pas suffi à apporter du soutien au marché du soja.

Le tourteau de soja baisse à Chicago et augmente en France

À Chicago, le prix du tourteau de soja est en nette baisse depuis la semaine (-10 $/t à 309 $/t). Les perspectives de hausse de la production de soja aux États-Unis et de nombreuses incertitudes sur la reprise de la demande pèsent sur les prix de la protéine de soja.

En France pourtant, le tourteau de soja à Montoir a évolué, en légère hausse de 1€/t à 319 €/t, et ce malgré un nouveau renchérissement de l’euro. Actuellement, le tourteau est très attractif face au blé en alimentation animale en France, ce qui soutient les prix.

Le prix du pois fourrager est resté stable sur la semaine à 214,5 €/t départ Marne, face à la récolte française décevante.

Le colza poursuit sa baisse

Cette semaine, le colza recule de 2 €/t à 379,5 €/ sur Euronext, malgré la fermeté des cours du canola et des huiles. Le renchérissement de la parité euro dollar continue de peser sur les prix européens du colza. Sur le marché physique, le prix du colza à Rouen a suivi le même mouvement, en cédant 1€/t à 379 €/t, alors qu’en Fob Moselle il augmente de 1,5 €/t à 382,5 €/t.

Au 4 août 2020, les coupes de colzas étaient presque achevées en France alors qu’elles battaient leur plein au Royaume-Uni. De nouveau caractérisée par une très grande hétérogénéité des rendements, la récolte du Royaume-Uni s’avère encore plus décevante qu’attendu.

Malgré la tendance baissière du complexe soja et l’appréciation du dollar canadien face au billet vert, le canola canadien à Winnipeg a évolué en hausse de 3$/t à 368 $/t. En effet, la demande soutenue à l’export ainsi que le fort intérêt des triturateurs locaux soutiennent les cours du canola, malgré des conditions de culture très favorables qui laisse envisager une très bonne récolte.

Stabilité des prix du tournesol

Le prix du tournesol français est resté stable depuis la semaine dernière à 335 €/t à Saint-Nazaire face aux craintes de l’impact du déficit hydrique sur le volume de la nouvelle récolte. En mer Noire, le prix du tournesol affiche également une stabilité à 405 $/t (FOB), tiraillé entre le ralentissement de la demande à l’exportation et le renchérissement du prix de l’huile.

Tallage

À suivre : Récolte de blé dans le monde, au Canada et en Russie puis en Australie, climat de l’hémisphère Nord pour le maïs, dynamique des achats chinois, relations diplomatiques entre Chine et États-Unis, prix du pétrole, évolution des parités entre monnaies

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