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Le blé et l’orge rebondissent

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© C. Faimali/GFA

Tallage, cabinet d’études spécialisé dans les marchés des céréales, oléagineux et protéagineux, nous livre son analyse hebdomadaire.

Les prix des céréales et des oléagineux repartent en hausse cette semaine sous l’effet des statistiques de surfaces et de stocks aux USA.
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Les prix des céréales et des oléagineux repartent en hausse cette semaine sous l’effet des statistiques de surfaces et de stocks aux USA.

Blé : rebond à la suite de Chicago

Changement d’orientation cette semaine : les prix du blé sur le marché français sont repartis à la hausse à la suite des valeurs américaines. En effet, dans sa publication de mardi dernier, l’USDA (secrétariat américain à l’agriculture) a révisé en baisse de 1 % la surface de blé semée aux USA pour la récolte 2020. Les surfaces de blé tendre atteignent un record à la baisse depuis que l’établissement de ces statistiques US a débuté (1919). Les prix du blé à Chicago ont réagi à cette révision mais ils ont suivi aussi ceux du maïs qui se sont nettement redressés en raison d’une révision beaucoup plus marquée des surfaces US semées en maïs (- 5 % par rapport à la dernière estimation qui datait du mois de mars). Le blé américain a donc suivi le maïs et la cotation Fob du blé SRW (blé de qualité moyenne) a gagné 4 $/t à 211 $/t.

Un autre facteur haussier de la semaine est venu de l’Argentine où la situation sèche dans les plaines de l’ouest du pays s’est étendue au centre-est, empêchant une partie des semis qui risquent de descendre de 200 000 ha (à 6,5 millions d’hectares) par rapport à ce qui était prévu initialement.

Enfin, même si la France va voir se réduire nettement ses exportations vers la Chine cette année (à cause du retour de l’Australie sur le marché), des chargements sont attendus vers cette destination en début de campagne et cela soutient aussi les prix. La moisson débute tout juste en blé tendre en France (4 % récoltés à la semaine 26) mais elle est déjà avancée à 41 % en orge d’hiver. Les chutes de rendements en orge viennent confirmer les perspectives d’une récolte de blé assez basse (aux alentours de 33 millions de tonnes). Dans ce contexte, les blés français se sont appréciés de 5 €/t, à 181 €/t rendu Rouen en base juillet (ou 4 €/t sur Euronext à 181,5 €/t sur Euronext à la mi-journée ce vendredi). Sur le marché mondial en dollar, les blés français ont ainsi augmenté de 8 $/t, à 210 $/t Fob Rouen, l’euro ayant aussi cette semaine légèrement repris des couleurs face au dollar.

Un achat algérien décevant

Après cette montée, les blés français ne sont vraiment pas compétitifs par rapport aux blés de la mer Noire qui se sont légèrement dépréciés au cours de la semaine avec l’avancée des récoltes. Le blé russe à 12,5 % de protéine a perdu 2 $/t à 198 $/t Fob Novorossiysk.

Mais c’est surtout du côté du nord de l’UE qu’il fait surveiller actuellement la compétition : les blés baltes à 12,5 % de protéine valent actuellement le même prix que les blés russes : ils sont moins chers que les blés allemands et polonais (aux alentours de 200 $/t), tous moins chers que les blés français.

C’est pour cela que l’achat récent de l’Algérie (360 000 tonnes cette semaine) va probablement porter sur de l’origine balte et nord UE en grande partie. Cet achat algérien n’est donc pas la cause de l’augmentation des prix français cette semaine ; au contraire, il inquiète plutôt les opérateurs car il n’est pas très important d’une part et porte donc sans doute sur de l’origine non française. Le cahier des charges imposé par l’Algérie pour l’achat de cette semaine était le même que d’habitude mais les opérateurs surveillent cela de très près et n’excluent plus un allègement de cahier, une fois la qualité russe connue, qui pourrait permette à l’Algérie de faire une plus grande place à la concurrence russe.

L’orge suit à la hausse

L’orge a suivi les autres céréales cette semaine (maïs et blé) et gagne 4 €/t rendu Rouen à 162 €/t, soit 188 $/t Fob. Elle se retrouve maintenant plus chère de 13 $/t par rapport aux orges de la mer Noire dont le prix n’a guère bougé.

Les orges françaises bénéficient probablement de la demande chinoise mais elles risquent de perdre des opportunités ailleurs à cause de leur manque de compétitivité face aux orges de la mer Noire mais face aux orges anglaises aussi, qui valent désormais presque 20 $/t de moins que les orges françaises !

Comme mentionné ci-dessus, la moisson a bien avancé en France cette semaine (41 % de surfaces récoltées selon CereObs contre 16 % à la même date l’an dernier), et les résultats confirment une dégradation par rapport à la récolte de l’an dernier. Sur le créneau brassicole, les valeurs sont restées stables à 166 et 176 €/t Fob Creil en base juillet pour les variétés d’hiver et de printemps respectivement ; avec un bilan qui s’annonce bien lourd en orge de printemps, les prix de ces dernières se permettent de résister à la montée des prix fourragers.

Des surfaces de maïs US moins élevées qu’annoncé en mars

Le prix du maïs a rebondi cette semaine pour la plupart des origines mondiales et cette céréale a poussé les autres à la hausse. Les maïs US ont gagné presque 10 $/t à 169 $/t Fob Gulf et ont entraîné derrière eux les maïs argentins, brésiliens, et dans une moindre mesure, ukrainiens.

La remontée progressive des utilisations éthanolières a soutenu les prix mais l’élément principal de support est venu de la révision des surfaces publiée par l’USDA mardi dernier 30 juin. L’USDA a revu en baisse de 5 % son estimation des surfaces semées à 37,2 millions d’hectares.

L’ensemble des analystes prévoyait une correction baissière suite à la chute des prix du maïs entre mars et mai, et à cause de la pandémie, mais l’ampleur de la baisse a dépassé les attentes et fait remonter les prix. Le même jour, l’USDA a pourtant revu en hausse les stocks US à la fin mai mais cela n’a pas compensé la révision des surfaces.

Bien qu’en hausse, les prix américains demeurent plus faibles que ceux du début mars (180 $/t) et il ne faut pas perdre de vue que le bilan américain s’annonce encore très lourd malgré le rognage des surfaces. La situation reste baissière à terme pour les prix du maïs sur le marché mondial sauf si la pollinisation se passait mal au cours des semaines qui arrivent. En attendant, cette remontée des prix s’est aussi étendue aux valeurs françaises qui gagnent 2,5 €/t à Bordeaux (à 161,5 €/t Fob en base juillet) et 6 €/t Fob Rhin (à 165 €/t). En conséquence de la remontée des valeurs US, Bruxelles a confirmé aujourd’hui le retour à zéro du droit à l’importation sur les maïs des pays tiers dans l’UE.

Rebond du soja suite à la révision des stocks aux USA

Cette semaine l’actualité principale sur les marchés des oléagineux a été la publication de deux rapports de l’USDA : les intentions de semis de soja US 2020/21 et les stocks trimestriels au 1er juin 2020 aux USA. Cette publication a fortement impacté le prix du soja. Sur la semaine, ce dernier a augmenté de 8,5 $/t à 328 $/t à Chicago.

En effet, à 83,8 millions d’acres (33,9 millions d’hectares), les intentions de semis sont ressorties sur un niveau bien inférieur aux attentes de la moyenne des opérateurs (84,7 millions d’acres). Malgré cette surprise pour certains opérateurs, les surfaces semées de soja aux USA sont attendues en hausse de 10 % par rapport à la campagne 2019/20. En effet, les aides financières très importantes accordées par Washington aux agriculteurs américains, et le regain de compétitivité en avril et mai face au maïs ont contribué à soutenir l’intérêt des agriculteurs pour le soja durant la période d’emblavement. De plus, l’accord commercial signé en janvier 2020 entre les USA et la Chine — portant entre autres sur une reprise massive des achats chinois de produits agricoles dont le soja US en 2020 et 2021 — a également participé à cette hausse des surfaces semées en soja.

Les stocks trimestriels américains, attendus en forte hausse par les opérateurs, sont ressortis au-dessous des attentes. Ils sont désormais en baisse de 22 % par rapport à la même période l’année dernière. Cet affaiblissement des stocks de soja US est à mettre au compte de la hausse de la demande à l’export notamment vers la Chine. Cela a redonné de l’optimisme au marché quant à l’allégement du bilan de soja US, dans un contexte où les disponibilités brésiliennes s’assèchent rapidement par la Chine.

En conséquence, des achats massifs de positions de la part des fonds spéculatifs sur le soja ont renforcé le mouvement de hausse des cours du soja à Chicago.

Reprise de la volatilité sur le marché américain du tourteau de soja

Les cours du tourteau de soja à Chicago évoluaient en forte hausse sur la semaine de 9 $/t à 323,5 $/t, à la suite du prix des fèves. Face à la forte demande d’export depuis le début de la campagne vers la Chine, les disponibilités de fève de soja baissent rapidement au Brésil et cela vient limiter la trituration locale. Par ailleurs, le ralentissement de la trituration se confirme également en Argentine et cela devrait progressivement réduire l’offre en tourteau de soja et par conséquent la disponibilité exportable en Amérique du Sud. Dans ce contexte, la demande internationale devrait se réorienter vers les USA. Néanmoins, les incertitudes sur la demande mondiale en protéines persistent face à l’apparition d’une seconde vague de contamination massive au Covid-19 dans le monde, ce qui devrait maintenir le marché mondial sous pression.

Porté par le mouvement de son homologue américain, le tourteau de soja à Montoir a augmenté de 5 €/t à 330 €/t sur la semaine. Les perspectives de baisse de la production de pois en France, limitent le mouvement de baisse des prix du pois fourrager qui sont restés stables sur la semaine à 215 €/t départ Marne.

Le colza profite de la hausse du complexe soja

Sur la semaine, les cours du colza ont évolué en hausse sur le marché d’Euronext (+3 €/t à 378 €/t) face à la reprise des huiles, du pétrole et du complexe soja. Sur le marché physique le prix français a progressé de 3€/t en Fob Moselle (à 379 €/t) et de 4 €/t à Rouen (à 368 €/t). Les récoltes débutent en France et les premiers retours de rendement sont moyens à décevants selon les régions. Cela a permis également de maintenir les cours du colza européen dans le vert sur le marché d’Euronext.

Sur le marché des huiles, les cours du palme se sont appréciés cette semaine à Kuala Lumpur à la suite d’exports malaisiens plutôt satisfaisants. Sur le mois de juin, les exportations malaisiennes de palme sont ressorties en hausse de 29 % par rapport au mois de mai, avec la reprise de la demande asiatique.

À lire aussi : Huile de palme, La Malaisie va porter plainte contre l’Union européenne (02/07/2020)

De leur côté, les cours de l’huile de soja ont grimpé dans le sillage du soja. La reprise des cours du pétrole, au-dessus des 40 $ le baril, a également été un facteur de soutien pour les huiles. En effet, les prix de l’or noir progressaient sur la semaine, suite à la publication des stocks hebdomadaires US de pétrole brut qui sont ressortis en baisse marquée.

Du côté du marché canadien, StatCan, (l’agence des statistiques canadiennes) a publié ses estimations de surfaces pour la récolte 2020. À 20,8 millions d’acres (8,4 millions d’hectares), les surfaces en canola canadien ne seraient plus que très légèrement en dessous du niveau de l’année dernière (-0,8 %). Malgré cela, les cours du canola à Winnipeg ont progressé, de 6 $/t à 351 $/t sur la semaine, face à la fermeté des huiles et du soja. Cala a contribué aussi des cours français.

Le tournesol suit le colza

Le prix du tournesol est en hausse de 5 €/t cette semaine, à 350 €/t à Saint-Nazaire, également dans le sillage du cours des huiles et du colza. La forte demande en graine et huile de tournesol des pays émergents et la faible disponibilité de graines maintiennent les prix du tournesol en mer Noire. Ils sont restés stables sur la semaine à 410 $/t (prix Fob).

Tallage

À suivre : le temps en Europe et en mer Noire pour son impact sur les moissons, le temps aux USA pour le développement du maïs et du soja, l’évolution de la pandémie

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