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Dossier. Les forêts fragilisées

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Dérèglement climatique et parasitisme exogène menacent des peuplements souvent trop monospécifiques.

Après une année 2018 marquée par une forte sécheresse estivale, l’été sec et caniculaire 2019 ajoute du stress aux forêts françaises. « Ces épisodes répétés impactent nos écosystèmes forestiers et au premier chef une espèce comme l’épicéa, très attaqué par le typographe (coléoptère), » déclare Bruno Jacquet, technicien...
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Après une année 2018 marquée par une forte sécheresse estivale, l’été sec et caniculaire 2019 ajoute du stress aux forêts françaises. « Ces épisodes répétés impactent nos écosystèmes forestiers et au premier chef une espèce comme l’épicéa, très attaqué par le typographe (coléoptère), » déclare Bruno Jacquet, technicien CRPF dans l’Indre. Les fortes températures amplifient le phénomène en permettant à l’insecte de passer de deux à quatre générations par an. En Allemagne, l’hécatombe est chiffrée à 80 millions de mètres cubes pour 2019, soit l’équivalent de toute la production française de bois.

Le réchauffement climatique favorise également les populations de processionnaires du pin et du chêne. Ces chenilles urticantes commettent, certaines années, des défoliations spectaculaires. Dans les deux cas, elles ne provoquent pas la mortalité des arbres mais des affaiblissements. Cumulés à d’autres ravageurs, ces derniers peuvent entraîner des dépérissements. En une trentaine d’années, le front de présence de la processionnaire du pin a progressé de 120 kilomètres pour atteindre le sud de Paris.

« À l’avenir, le monde forestier devra changer ses pratiques en diversifiant davantage ses peuplements, ce qui limite les risques d’attaque généralisée, alerte Bruno Jacquet. Mais la société entière porte une responsabilité collective vis-à-vis du devenir de nos forêts. Quand on achète un arbre ornemental d’importation, le risque d’introduire un parasite est réel. »

Introductions accidentelles en hausse

« Depuis le début des années 2000, nous recensons une moyenne de 6,7 entrées annuelles de nouvelles espèces d’insectes phytophages sur les plantes ligneuses sur le territoire européen contre “seulement” 2,9 durant la période 1950-1975 », relève Alain Roques, directeur de recherche à l’unité de zoologie forestière à l’Inra d’Orléans (45). La quasi-totalité de ces introductions provient des échanges internationaux. »

La pyrale du buis, venue de Chine et arrivée en 2008, en est une parfaite illustration. Ne posant aucun problème dans son aire d’origine, car contrôlée par des ennemis naturels, l’espèce n’est pas mentionnée sur les listes de quarantaine. En Europe, sans prédateurs, elle est en passe de détruire une grande partie de l’espèce.

Afin de limiter au maximum ce type d’accident, divers projets européens, où l’Inra est impliqué, visent à diagnostiquer en amont des importations de possibles attaques de prédateurs inconnus sous nos latitudes. « C’est dans ce cadre que nous plantons des espèces européennes­ d’arbres en Chine et que nous surveillons des plants chinois d’espèces ornementales en pépinières sans traitement, afin de repérer d’éventuelles attaques de maladies ou de ravageurs », explique Alain Roques.

Un second pare-feu vise à détecter précocement l’arrivée d’insectes xylophages en installant des pièges à large spectre à base de kairomones dans les ports et les aéroports français. C’est ainsi, par exemple, qu’un capricorne du mûrier a été capturé dans le port de Sète. « Nous pouvons de cette manière retrouver le bateau source et éradiquer les insectes. Ce qui devient quasi impossible quand ils sont disséminés dans la nature », concède Alain Roques.

La chalarose 

Pathogène asiatique, la chalarose (champignon ascomycète) est arrivée en France en 2008 après un premier signalement en Pologne dès 1990. Dans les régions où le frêne est très présent (Hauts-de-France, Bourgogne), les mortalités atteignent parfois 90 %. « Cet arbre est la cinquième essence feuillue sur pied en France et possède une vraie valeur économique (100 €/m3), précise Bruno Jacquet, technicien CRPF dans l’Indre. Il existe toutefois des frênes tolérants. Dès qu’ils sont en mélange avec d’autres espèces, les attaques sont moins sévères. Le frêne ne disparaîtra pas de France. »

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