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« Il faut d’abord saluer la façon dont éleveurs et laiteries gèrent la crise »

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Vincent Chatellier, économiste spécialiste du secteur laitier, est ingénieur de recherche à l’Inrae (Nantes).

La crise du Covid-19 ne ressemble pas aux précédentes. La France n’est pas en concurrence frontale avec ses voisins, en ce moment. Si Bruxelles doit veiller à contenir la production, la régulation se fait surtout au niveau des entreprises, selon leur mix-produit.

Quels enseignements peut-on d’ores et déjà tirer de la crise du coronavirus ?
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Quels enseignements peut-on d’ores et déjà tirer de la crise du coronavirus ?

Vincent Chatellier : Les éleveurs et les industriels peuvent être fiers de leur réactivité face au changement brutal de consommation lié au confinement. Dès son annonce, il a fallu s’adapter. Les industriels ont orienté leurs lignes de fabrication vers des produits familiaux et basiques. Ils font face, depuis, à l’arrêt quasi total de leurs débouchés vers la restauration hors foyer et au manque de fluidité des exportations en Europe et en dehors. De leur côté, les éleveurs réagissent avec engagement et professionnalisme. Sans nier la situation très compliquée des marchés, il faut d’abord saluer la façon dont producteurs et laiteries gèrent cette crise.

Comme en 2009 et 2016, la baisse de volumes en avril proposée par le Cniel n’expose-t-elle pas les producteurs à une double peine  : moins de rentrées d’argent, et un effort uniquement appliqué en France  ?

V. C. : Cette crise ne ressemble en rien à celles de 2009 et 2016. Nous ne faisons pas face, en ce moment, à une concurrence frontale entre les pays européens, puisque nos voisins­ ont des difficultés similaires aux nôtres. Je trouve que l’initiative du Cniel va dans la bonne direction. Il vaut mieux organiser un recul temporaire des volumes, plutôt que de s’acheminer vers un prix de base à 280 €/1 000 l. Malgré tout, avec une enveloppe de 10 M€, son effet sera limité. Quant à la Commission européenne, elle doit veiller à contenir l’offre, d’une part en actionnant la mesure de réduction volontaire des volumes, d’autre part en incitant au stockage temporaire, qu’il soit public ou privé, vu l’incertitude sur les marchés chinois et américains, les deux premiers débouchés de l’UE.

Mais la réactivité doit surtout être locale. Selon leur mix-produit, les industriels­ ont rapidement envoyé, ou pas, un message de régulation, par une baisse du prix du lait et/ou des volumes. Le défi est de définir une stratégie partagée entre les livreurs et les industriels, pour éviter un retour à un rapport de force inutile.

La concurrence entre pays euro­péens reviendra-t-elle de façon exacerbée une fois la crise passée  ?

V. C. : Là aussi, la situation a changé depuis les crises de 2009 et 2016. À l’époque, nous redoutions les Néerlandais et les Allemands. Depuis un an, c’est moins le cas. Leur développement est beaucoup plus lent. Les deux pays les plus dynamiques sont aujourd’hui l’Irlande et la Pologne. Par la diversité de ses territoires, de ses produits et par son savoir-faire, la France a la capacité s’adapter. Les consommateurs français le reconnaîtront encore plus à l’issue de cette crise. La restauration hors foyer ne représente que 6 % des débouchés de la filière laitière française. Ce marché a beaucoup recours aux produits importés. Il y a la place pour les produits laitiers français.

Des voix s’élèvent aujourd’hui pour repenser notre modèle de production et le faire évoluer vers le « manger local  ».

V. C. : La diversité des modèles est une nécessité. La filière française exporte 37 % de sa production laitière. Se recentrer uniquement sur l’Hexagone signifierait la suppression d’un tiers des exploitations laitières françaises. Il ne faut pas confondre une fermeture momentanée des frontières avec la fin de l’internationalisation des échanges, d’autant plus que depuis deux ou trois ans, l’Europe a considérablement amélioré ses positions sur le marché mondial. La France aussi, puisqu’avec 15 % de sa production, elle est le deuxième exportateur européen sur les pays tiers. La Nouvelle-Zélande ne donne plus le « la  ». Une fois cette crise réglée, l’UE conservera sa place de leader.

Cette crise ne montre-t-elle pas de façon flagrante notre dépendance à la Chine ?

V. C. : Contrairement au secteur du médicament, qui est dépendant des importations comme le montre malheureusement la crise actuelle, nous sommes dépendants de l’export. Avec 9 % des exportations françaises, la Chine est notre troisième client derrière l’Allemagne et la Belgique. Dans un contexte mondial instable, il est toujours préférable de différencier ses pays clients.

Propos recueillis par claire hue
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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