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« Il n’est pas possible de continuer à perdre en compétitivité »

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Vincent Gros est président monde de BASF Agricultural Solutions depuis 1er juillet 2019. C’est la première fois qu’un français accède à un poste de ce niveau chez BASF. © H. Parisot/GFA

Vincent Gros est président au niveau mondial de BASF Agricultural Solutions depuis 1er juillet 2019. Il s’exprime sur les progrès réalisés par l’agriculture française, mais aussi sur les difficultés pour l’industrie de la protection des plantes d’être audible vis-à-vis des citoyens.

Dans une entreprise mondiale comme la vôtre, comment est perçue la position agricole française ?
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Dans une entreprise mondiale comme la vôtre, comment est perçue la position agricole française ?

Il y a deux façons de la percevoir. L’une est plutôt cynique, en se disant que de toutes les façons, il faudra produire : si ce n’est pas en France, ce sera ailleurs. La deuxième, qui est la mienne, est de dire qu’il n’est pas possible de continuer à perdre en compétitivité. Je refuse cette évolution. La France reste un pays formidable et dispose de tous les outils et des conditions climatiques pour être un acteur mondial du marché.

Pour BASF, la France peut jouer un rôle de pilote. Elle n’est pas considérée comme « à part », mais probablement comme une anticipation de ce qu’il pourrait se passer dans d’autres pays d’Europe ou dans d’autres régions du monde.

Quel regard portez-vous sur les évolutions du monde agricole ces trente dernières années ?

Je suis impressionné par les progrès effectués par l’industrie et les agriculteurs, en particulier dans le domaine de la protection des plantes. Quand on voit l’évolution des profils écotoxicologiques, la diminution spectaculaire des doses à l’hectare, ou le développement des outils d’aide à la décision, on ne peut qu’être extrêmement fiers.

En revanche, je suis assez consterné de voir que l’image des produits de l’industrie de la protection des plantes et des biotechnologies s’est dégradée. Cette situation s’est accélérée en France et en Allemagne notamment. Je constate une méfiance vis-à-vis de la science de manière générale, et une radicalisation des messages, ce qui me paraît extrêmement dangereux. Il faut se positionner complètement pour, ou complètement contre, alors qu’il y a à l’évidence débat et les solutions sont complexes. L’enjeu, c’est de recréer les conditions favorables à un débat équilibré, apaisé et constructif avec toutes les parties prenantes.

Quels pourraient être les leviers à mettre en place pour aller dans ce sens ?

Cela prendra du temps. De manière générale, je pense que l’industrie doit faire preuve d’encore plus de transparence. Avoir considéré ces dernières années qu’il n’était pas nécessaire de communiquer a peut-être été une erreur. En France et en Europe, il est très difficile d’être audibles en tant qu’industriels, mais il faut que l’on soit capable de présenter les innovations que l’on développe de façon compréhensible par le plus grand nombre. Il faudra aussi développer des démarches de progrès qui vont au-delà du cadre réglementaire, et développer des initiatives industrielles collectives.

Au Royaume uni, il y a un débat plus équilibré : les agences d’homologation s’engagent dans le débat public. Elles expliquent et assument leurs décisions, et donnent leur vision des choses avec les tenants et les aboutissants.

Propos recueillis par Hélène Parisot
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