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L’effet mix-produit PGC France se fait sentir

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Les hausses sur les PGC France ont eu un rôle prépondérant dans l’évolution du prix. À ce jeu, tout le monde n’a visiblement pas joué avec les mêmes cartes.

Si l’on se réfère aux indicateurs choisis par les deux leaders de notre industrie (Lactalis et Sodiaal) pour traduire l’évolution de leurs marchés des PGC exports et des produits industriels, l’effet sur le prix du lait français de ces deux débouchés se serait quasi annulé en 2019.
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Si l’on se réfère aux indicateurs choisis par les deux leaders de notre industrie (Lactalis et Sodiaal) pour traduire l’évolution de leurs marchés des PGC exports et des produits industriels, l’effet sur le prix du lait français de ces deux débouchés se serait quasi annulé en 2019.

Le prix du lait allemand (reflet des PGC exports) l’aurait fait baisser de 11,32 €/1 000 l, quand la valorisation beurre-poudre (reflet des produits industriels) l’aurait fait augmenter de 15,10 €.

Ramené au mix-produit PGC export-produits­ industriels des leaders de notre industrie, cela aurait induit un effet de + 2,3 €/1 000 l chez Lactalis (20 %/30 %), - 1,5 € chez Sodiaal (40 %/20 %), - 2,9 € chez Savencia (43 %/13 %). L’impact réel est sans doute meilleur car ces deux indicateurs ne sont qu’un reflet très grossier et minimaliste de la valorisation du lait sur ces deux marchés.

Savencia plus à l’aise pour répercuter des hausses

Dans ces conditions, les augmentations obtenues des GMS sur le marché des PGC France ont eu un rôle majeur dans la hausse du prix 2019. Face à une grande distribution qui a accepté de lâcher du lest sur les marques nationales – mais s’est rattrapée­ en achetant un peu moins et surtout en serrant la vis aux MDD (marques de distributeurs) –, les laiteries n’ont pas toutes été logées à la même enseigne.

Savencia, avec, dans ses 44 % de PGC France, 84 % de marques nationales, seulement 10 % de MDD et 6 % de RHF, a joué dans un contexte très favorable. Et cela se voit. D’après notre observatoire, le prix du lait des OP Savencia bondit de près de 20 €/1000 l, à 366,32 € pour l’OP Cleps dans l’Ouest et à 372,42 € pour l’APLBG dans l’Est (lait à 42/33 super A). Alors que le prix Savencia, ces cinq dernières années, s’était rapproché de celui de ses deux challengers, il reprend le large. Dans l’Ouest, Savencia payait 4,3 € de plus que Lactalis en 2015 (+ 4,9 € que Sodiaal), 3,8 € en 2017 (+ 2,7 €) et 0,6 € en 2018 (+ 2,1 €). Désormais, ce sont presque 12 € de plus (+ 13,3 € que Sodiaal). Reste à voir si cet écart sera durable. Pas si sûr. Ce n’est pas sans raison que Sunlait n’a pas pu, pour le 1er trimestre 2020, faire appliquer la formule de prix qui fait qu’au 3e et 4e trimestres 2019, le prix Savencia avait décollé. Dans la ligne de mire de l’industriel, les indicateurs, justement, des produits industriels (le prix de la poudre pour 89 % et du beurre pour 11 %) et des PGC exports (indice gouda-emmental-edam) qui boostent le prix de la formule.

Les coopératives de collecte ou les entreprises en contrat avec Savencia voient aussi leur prix progresser significativement. La hausse est proche de 19 € chez Terra Lacta, à 360,4 €. La coopérative Bressor gagne 15 €, à 366,8 €. S’y ajoutera un complément de 12 € déjà annoncé. Agrial-Eurial voit aussi son prix progresser de 14 €, à 353,6 € dans le Grand-Ouest, 360,8 € en Basse-Normandie. La hausse est du même ordre pour sa filiale Eurial Ultra-Frais : + 15 €, à 354,5 € dans l’Est et à 361,4 € en Haute-Normandie.

Lactalis juste devant Sodiaal

De leur côté, Lactalis et Sodiaal, toujours au coude-à-coude, ont vu leur prix progresser deux fois moins que Savencia. De l’ordre de + 9 € pour le numéro un de l’industrie privée. À peine moins pour le numéro un de la coopération : + 8,5 €. Faut-il y voir une nouvelle stratégie et un petit effort financier de Lactalis pour mieux soigner son image ? Toujours est-il que, selon notre observatoire, Laval n’est plus juste derrière Sodiaal, mais juste devant. Dans l’Ouest, c’est 1,6 à 2,5 € de plus, + 1€ dans le Nord, près de + 5 € dans le Grand-Est. L’écart plus important dans le Sud-Ouest (+ 7,1 €) doit surtout à la réécriture de la grille qualité chez Sodiaal qui a pénalisé les laits de qualité super A.

Hausse hors norme de Saint-Père et « la Prospé »

Le + 36,7 € du prix de Saint-Père (Intermarché) doit beaucoup (+ 20 €) au retour de la plus-value de la marque Les éleveurs vous disent merci. Les adhérents de cette OP tutoient désormais les 393 €. Le presque + 30 € de la Prospérité Fermière, à 361 €, qui redonne de l’espoir à ses sociétaires, est aussi hors norme. Cette performance d’une entreprise déclarant un mix-produit avec 90 % de produits industriels (et 10 % de lait de consommation) montre à quel point la valorisation beurre-poudre, qui donne un + 15 € sur 2019, est courte pour refléter la réalité des entreprises aux stratégies et débouchés différents. Celle de la coopérative nordiste s’est conjuguée, ces dernières années, avec des fabrications de poudres de lait spécifiques orientées sur des protéines valorisantes, des bioactifs ( co-produits issus des peptides du lait avec des propriétés « bien-être ») à destination de clients­ hors IAA… Autant de sources de plus-value qui payent enfin.

Isigny Sainte-Mère progresse encore

Sans surprise, les entreprises dont le prix se situait déjà dans le haut du panier progressent moins… mais gagnent quand même. C’est le cas de la coopérative normande Isigny Sainte-Mère, numéro un de notre observatoire : + 9,4 €, à 407,4 €. Les livreurs de l’OP Bel, à 386,6 €, grattent encore près de 5 €. Dans la même veine, les sociétaires historiques de l’Ermitage (ULV) engrangent + 11,6 €, à 393,8 € et ceux des coopératives associées (UAC-CLFC) + 7,1 €, à 378,6 €. Le travail de segmentation mené sur le lait de consommation continue de payer pour LSDH. Avec, en moyenne, 31,7 % du lait mensuel livré vendu en lait C’est qui le patron ?!, les producteurs ont vu leur prix augmenter de 6,3 €, à 390,1 €… Une valorisation qui dépasse celle des fromagers de l’Est. Étonnant.

Danone fait le strict minimum

Sur le marché toujours aussi disputé de l’ultra-frais, la performance dAlsace Lait, dont le prix avait stagné l’an dernier (- 1 €), est notable. Ses sociétaires, qui ont tous basculé en aliments non OGM mi-2017, ont reçu 12,5 € de plus, à 355,8 €… Une progression du même ordre qu’Eurial Ultra-Frais. Les Maîtres laitiers du Cotentin, les seuls en 2018 à progresser (+ 6,3 €), gagnent 5 €, à 365,10 € La déception sur ce secteur vient de Danone. Après son - 1 € en 2018, il n’a octroyé que 4 à 7 € de mieux, selon les régions. Avec le tour de vis sur les volumes imposé à ses OP, il a pourtant collecté moins de lait d’excédent.

Jean-Michel Vocoret
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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