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Des opportunités à saisir pour exporter des bovins

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« La production de broutards de plus de 300 kg est très spécifique à la relation franco-italienne et ne trouve pas d’équivalent dans le monde », indique Germain Milet de l’Institut de l’Élevage. © Claudius THIRIET

Parmi les 5,3 millions de bovins vifs européens échangés en 2019, un million d’entre eux a transité vers les pays tiers. Les envois vers ces destinations ont augmenté de 49 % depuis 2012 et constituent un fort potentiel de marché pour les grands pays exportateurs du vieux continent.

« Le commerce de bovins vifs, allant du veau laitier non sevré au reproducteur en passant par les bovins à engraisser ou prêts à abattre, est en croissance régulière depuis 2012 », observe Germain Milet, économiste à l’Institut de l’Élevage lors d’un webinaire le jeudi 28 mai 2020.
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« Le commerce de bovins vifs, allant du veau laitier non sevré au reproducteur en passant par les bovins à engraisser ou prêts à abattre, est en croissance régulière depuis 2012 », observe Germain Milet, économiste à l’Institut de l’Élevage lors d’un webinaire le jeudi 28 mai 2020.

Si les exportations de bovins vifs ont augmenté de 13 % au sein du marché communautaire, elles ont bondi de 49 % vers les pays tiers, entre 2012 et 2019. Le marché européen, bien que fortement concurrencé, bénéficie de nombreux atouts pour se démarquer et renforcer sa position, notamment sur le pourtour méditerranéen, premier bassin importateur de bovins vivants au monde.

L’étroite collaboration franco-italienne

« En France, 55 % des exportations de bovins concernent des broutards de plus de 300 kg. Cette production très spécifique, née de la coconstruction de la filière naissage sur l’hexagone et engraissement sur l’Italie, ne trouve nul équivalent, rapporte Germain Milet. Ceci peut-être un avantage, pourtant hors Italie, la demande pour cette catégorie d’animaux n’est pas au rendez-vous. À l’échelle européenne (hors France), seules 7 % des exportations de bovins portent sur les broutards de plus de 300 kg. »

Plus globalement, sur un million de bovins exportés hors Union européenne (UE) par les États membres, seulement 124 000 animaux venaient de France en 2019. La France perd 12 % en nombres de têtes exportées depuis 2012, tandis que l’Espagne et la Roumanie se tournent vers le grand export et s’imposent comme leaders, affichant une progression respective de 120 % et de 80 % en sept ans. « Nous avons développé tout récemment une activité export importante vers l’Arabie Saoudite et la Jordanie », appuie Matilde Moro, directrice d’Asoprovac, l’association des producteurs espagnols de viande bovine.

> À lire aussi : Bovins maigres, l’offre limitée de broutards soutient les prix (28/04/20)

Élaborer la bonne stratégie à l’export

Exporter en vif au-delà du marché communautaire n’est pas chose facile. Sur de longues distances, les contraintes se multiplient et les frais, aussi. « Alors qu’un trajet France-Italie coûte 100 à 150 €/tonne vive, un parcours France-Maghreb revient à 300 €, voire 400 €/tonne vive. Seuls des animaux à haute valeur (reproducteurs, finis) permettent d’amortir ces coûts, ou alors des bovins légers et sevrés présentant un potentiel de prise de poids maximal à l’arrivée », explique l’expert de l’Idele.

Sur le pourtour méditerranéen, la concurrence entre les animaux australiens, sud-américains et européens est forte. Au Moyen-Orient, le fort recul des envois australiens paraît profiter au marché communautaire. Autre phénomène, « les envois d’ovins peuvent faciliter les exportations de bovins, par le partage du remplissage des bateaux. Avoir plusieurs cordes à son arc peut aider à renforcer les relations commerciales et accélérer les négociations sanitaires. »

En Asie centrale, les exports européens de bovins progressent, notamment de génisses laitières. Le rapide développement des filières laitières dans ces pays, souvent appuyé par une volonté politique, constitue là encore un potentiel à explorer pour les exportateurs européens.

Lucie Pouchard
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