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Dossier. Franchir le cap du sans-OGM

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Mieux vaut lever le nez de la ration pour passer au sans-OGM. Car les alternatives alimentaires à même de faire sortir le tourteau de soja OGM du menu sont à peser selon leurs impacts techniques et économiques. Et l’intérêt d’accroître l’autonomie du système, par la production de fourrages riches en protéines, entre dans la balance.

Un nombre croissant de fermes en production standard fournit du lait issu d’animaux nourris sans OGM aux industriels. Ceux-ci développent ces collectes spécifiques pour conserver leurs marchés en Allemagne, exigeante sur cette garantie, et/ou se différencier sur le marché intérieur via le sans-OGM, souvent associé au pâturage. Bien que le volume de ce lait représente encore moins de 15 % de la collecte française, AOP...
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Un nombre croissant de fermes en production standard fournit du lait issu d’animaux nourris sans OGM aux industriels. Ceux-ci développent ces collectes spécifiques pour conserver leurs marchés en Allemagne, exigeante sur cette garantie, et/ou se différencier sur le marché intérieur via le sans-OGM, souvent associé au pâturage. Bien que le volume de ce lait représente encore moins de 15 % de la collecte française, AOP comprises, on est loin d’un effet de mode éphémère. Christian Vernier est directeur de la production à la coopérative Ermitage, dont 50 Ml de lait collectés sur deux zones seront issus d’animaux nourris sans OGM à partir d’avril 2019. Selon lui, « à l’avenir, tout le marché sera concerné. Cela se fera progressivement », sachant qu’outre-Rhin, la croissance est rapide. « La part de lait produit OGM est estimée à 52 % de la collecte nationale. Elle s’approche de 90 % dans le sud du pays », note Benoît Rouyer, directeur économie et territoires du Cniel.

Antériorité de 3 ou 6 mois sans OGM selon les laiteries

Tout éleveur peut avoir à franchir un jour le pas du « nourri sans OGM ». En France, cela signifie utiliser des aliments à moins de 0,9 % d’OGM pour tous les bovins de l’exploitation, car notre pays interdit la coexistence d’une alimentation OGM et non OGM pour différents ateliers d’une même espèce animale, si les unités d’élevage ne sont pas séparées. L’étiquetage « lait issu d’animaux nourris sans OGM » requiert que les vaches laitières soient alimentées sans OGM depuis au moins six mois. Pour l’achat de vaches fraîches, cela implique de respecter ce critère. Ce délai n’est que de trois mois en Allemagne et en l’absence d’une harmonisation très attendue, en préparation au Cniel, les exigences des laiteries peuvent varier sur cette durée. Franchir le pas du sans-OGM revient surtout à éliminer le tourteau de soja OGM importé ou, plus rarement, le tourteau de colza OGM canola importé. À noter que certains produits tels que des levures, des additifs alimentaires entrant, par exemple, dans des minéraux, peuvent être OGM. La nécessité d’examiner toute l’alimentation des bovins, du veau à la vache, pour répondre aux cahiers des charges des transformateurs (la démarche se fait avec leur appui) peut effrayer.

Mais à l’aune de la situation sur le secteur alsacien, où tous les producteurs collectés par des laiteries se trouvent en alimentation sans OGM (avec versement de primes laiteries jusqu’à 10 €/1 000 litres), le changement est tout à fait réalisable. Du point de vue de la conformité des élevages, « des contrôles ont déjà eu lieu sur trois laiteries. Cela n’a pas posé de problème », observe Christophe Bertrand, basé en Alsace et membre du groupe expert alimentation 3CE. Concernant les choix technico-économiques, « l’enjeu est surtout d’élargir les solutions et de les comparer, pour dépasser le simple remplacement du soja OGM importé par du non-OGM », souligne Dominique Lagel, ingénieur conseil au BTPL. Facteurs de production de l’élevage, offre alimentaire accessible sur le territoire, amélioration potentielle du système fourrager de l’exploitation : il est utile d’envisager la question avec une vue large et de l’anticipation.

Remplacer le soja OGM par du soja non OGM coûte trop cher

Pour donner des repères aux éleveurs, les Réseaux d’élevage bovins lait du Grand Est ont effectué, au premier semestre 2018, des simulations économiques sur cinq systèmes de cette région, selon un gradient de leviers utilisables pour passer au non-OGM (voir infographie). À court terme, l’éleveur doit choisir l’une ou l’autre voie « concentré » sans OGM : achat d’un correcteur du commerce garanti sans OGM ? Emploi de matières premières ? Introduction de protéagineux ? À plus long terme, il est judicieux d’examiner l’opportunité de faire évoluer son système, en vue de le rendre plus autonome sur le plan protéique par la voie des fourrages : plus d’herbe par le pâturage et/ou dans la ration ? Introduction de nouvelles ressources comme la luzerne ?

Pourquoi ne pas s’arrêter à la solution la plus simple, puisqu’à même niveau protéique : remplacer tout le soja OGM d’une ration par du soja non OGM ? Simplement parce que cela ne tient pas la route économiquement. En moyenne, le tourteau de soja non OGM coûte 80 à 100 €/t plus cher que le tourteau de soja classique. Depuis 2002, ce différentiel, alors de quelques euros, s’est considérablement accru jusqu’à ces niveaux. En conséquence, surtout pour les rations où le soja OGM importé est une composante importante en raison d’une forte proportion de maïs, passer au soja non OGM réclame d’utiliser d’autres matières. « Dans une ration avec deux tiers de maïs ensilage, un tiers d’ensilage d’herbe et 3 kg de soja OGM, passer au soja non OGM occasionne un surcoût d’environ 10 €/1 000 litres, soit le montant de la prime laiterie. Passer à 50 % de soja non OGM et 50 % de colza limite le surcoût à 4 €/1 000 litres. Et si l’on passe à un correcteur du commerce très compétitif, on peut n’avoir aucun surcoût », indique Christophe Bertrand. « On constate que rester en soja non OGM engendre un surcoût moyen de 5 €/1 000 litres, variant, selon les systèmes, entre 3 et 10 € en 100 % maïs », observe Jérôme Larcelet, responsable du pôle nutrition chez Seenorest.

En simulant la solution la plus simple, celle de remplacer un correcteur OGM par une formulation garantie sans OGM, les Réseaux d’élevage bovins lait du Grand Est mettent en évidence qu’en ration maïs, le surcoût est d’autant plus élevé que la part de cet ensilage est importante dans l’alimentation. Car il faut davantage de correcteur pour équilibrer la ration (1 kg de MS de maïs ensilage réclame 190 à 225 g de tourteau de soja). A contrario, ils confirment le très faible impact de ce changement dans les systèmes sans maïs ou qui en utilisent peu, donc de fait assez autonomes en protéines. On remarque que dans les deux systèmes maïs toute l’année à 9 000 et 9 300 kg de lait/VL/an au contrôle laitier, le surcoût maximum estimé resterait couvert par une prime laiterie de 10 €/1 000 litres. De plus, sur le terrain, il s’avère que la reformulation de concentrés non OGM par les fabricants avec d’autres tourteaux que le soja peut conduire à des prix compétitifs. Mais attention à vérifier en détail la composition de ces aliments à travers l’étiquette (lire l’article dans L’Éleveur laitier n° 279, février 2019). Leur taux de MAT peut être dû en partie à de l’urée. « Or, cette forme d’azote, très rapidement dégradable dans le rumen, ne répond pas aux besoins des fortes productrices », souligne Alice Berchoux, animatrice du dispositif Inosys Réseaux d’élevage bovins lait Grand Est.

Comme autre levier, ces derniers ont testé l’utilisation de tourteau de colza.

Tourteau de colza-drêche de brasserie, le duo idéal

Dans les élevages du Grand Est, il est souvent associé à des coproduits, notamment la drêche de brasserie pour sa bonne complémentarité et l’apport d’azote by-pass. Cette solution alimentaire est répandue dans la région depuis longtemps, en dehors de toute problématique OGM. Techniquement, parce qu’il titre 33,5 % de MAT, on doit distribuer 1,5 kg de tourteau de colza (avec un minéral sans phosphore) pour remplacer 1 kg de tourteau de soja. Et on doit observer une transition alimentaire.

Des essais montrent que cette substitution améliore la production laitière (+ 0,6 kg de lait), le TP (+ 0,3 g/kg), mais détériore le TB (- 1,2 g/kg). Du fait de la moindre concentration du colza, assurer des niveaux de production de 9 000-10 000 kg peut réclamer l’utilisation de mélanges de tourteaux ou l’emploi de tourteaux tannés.

Économiquement, l’utilisation du tourteau de colza est intéressante dès que son prix est inférieur de 70 % à celui du soja. Dans leur étude, les Réseaux raisonnent avec 1,5 kg de tourteau de colza, remplaçant 1 kg de correcteur VL 40 initial (0,15 kg de céréales en moins, CMV pauvre en phosphore) et concluent que c’est « le levier qui a le meilleur rapport efficacité/facilité de mise en place ».

À défaut de coproduits, miser sur le tourteau de colza

Toutefois, l’étude ne chiffre ni l’investissement qui peut être nécessaire pour le stockage ni l’avance de trésorerie permettant les commandes de gros volumes. Or, précisément, pour se lancer dans ce type de solution, un éleveur devra s’assurer d’être équipé pour un bon stockage des matières (surtout en produits humides) et une bonne distribution (pesée), et d’avoir un rythme de consommation suffisamment soutenu.

« L’état des lieux des moyens dont on dispose est un préalable à toute réflexion sur comment passer au non-OGM », pointe Jérôme Larcelet. En outre, la fluctuation des marchés est à considérer. « Avec les prix en hausse du colza et des drêches surpressées début 2019, cette solution peut parfois être limite, d’autant plus s’il y a des pertes au stockage des coproduits humides. Il faut refaire ses calculs de prix d’équivalence ! » ajoute Jérôme Larcelet.

Dans le Grand Ouest, les coproduits sont peu disponibles. « Il s’agit plutôt d’opportunités d’achat. Et il existe un autre frein : les éleveurs ont, de fait, peu l’expérience des drêches, des pulpes, etc. », pointe Benoît Rouillé, responsable de projet au service productions laitières chez Idele. Pour lui, le plus simple reste de se tourner vers le tourteau de colza. « Tous les tests ont prouvé qu’il fonctionne très bien dans les rations maïs. Dès lors que son prix est à moins de 70 % de celui du tourteau de soja, un éleveur laitier n’a aucune raison de ne pas l’utiliser, à part l’aspect psychologique de changer de type de tourteau. » Sur le plan de la disponibilité de ces tourteaux dans les prochaines années, l’analyse de Benjamin Jasserand, chez Saipol (lire « 2 questions à… »), est de nature à rassurer les plus inquiets.

Et pourquoi ne pas introduire des protéagineux dans l’alimentation des vaches ? L’essentiel sera de disposer de sols adaptés, d’étudier l’impact qu’aura la mobilisation des surfaces pour ces cultures, et de veiller à l’équilibre de la ration. D’une valeur azotée intermédiaire entre céréales et tourteaux, les graines de protéagineux apportent de l’azote rapidement dégradable dans le rumen et gagnent à être toastées. Ce procédé n’extrait pas l’huile : attention, surtout avec la graine de soja, à ne pas dépasser 5 % de matière grasse dans la ration. « Le pois toasté est équilibré : il peut s’utiliser au robot comme une VL à 280 €/t (prix de vente : 200 €/t, toastage : 60 €/t, aplatissage : 20 €/t)… Intéressant pour des génisses et des laitières », pointe Jérôme Larcelet.

Enfin, gagner en autonomie protéique à plus long terme engage de vraies modifications du système fourrager pour utiliser plus d’herbe et moins de maïs ensilage. L’étude des Réseaux a simulé de telles décisions.

Dans le cas précis de hauts niveaux de production en ration maïs, Christophe Bertrand signale l’intérêt d’une introduction modérée d’ensilage d’herbe. « Apporter 3 kg de matière sèche de bonne qualité (0,9 UFL ou plus) dans une ration maïs 3 kg de foin permet, sans rajouter d’énergie, de diminuer le correcteur sans impact sur la production. Un éleveur à 10 000 kg de lait par vache et par an, qui ne consommait pas tout son foin, a mis cela en place avec succès. »

Les simulations des Réseaux sur les stratégies avec plus de pâturage (sur des temporaires de longue durée), et en hiver plus d’ensilage (temporaires avec trèfle, luzerne), dans les quatre systèmes avec maïs font apparaître que « l’impact sur le revenu de ces modifications est avant tout lié à la productivité des vaches et à la part de maïs dans le système initial ». Comme souvent sur le terrain, les systèmes partaient d’une situation initiale où l’utilisation de l’herbe n’est pas 100 % optimisée, et leurs bâtiments saturés ne permettent pas d’augmenter le nombre de laitières.

« Apporter plus d’un tiers d’herbe est délicat à plus de 8 100 litres/VL/an »

À 7 200 l/VL/an (7 900 kg/VL au contrôle laitier), une stratégie plus herbagère diminue les concentrés azotés en maintenant la productivité : le revenu progresse. « Tout se gagne du 15 avril au 15 juin : on ferme le silo de maïs grâce à un pâturage intégral, on ne distribue plus rien à l’auge et aucun correcteur azoté. Puis son apport est limité en hiver, grâce à une ration 50 % maïs (contre deux tiers avant) et 50 % herbe. Des fourrages d’excellentes qualités sont indispensables », explique Alice Berchoux. A contrario, « apporter plus d’un tiers d’herbe dans la ration des vaches est économiquement difficilement compatible avec un niveau de productivité élevé, supérieur à 8 100 l/VL/an », avertit l’étude. Le système à 8 600 l/VL/an (9 300 kg/VL au contrôle laitier) accuse une baisse de revenu de près de 12 €/1 000 litres. En cause, une baisse de la productivité à 7 200 l/VL avec diminution des ventes de lait et de céréales (surface remise en herbe), sans compensation par une baisse suffisante de charges. « Cela reste des simulations. Mais pour maintenir les résultats économiques dans ce type de système, on doit obligatoirement augmenter le nombre de vaches et de génisses, avec le système fourrager adapté », avertit Alice Berchoux, signalant que bien valoriser les prairies permanentes reste un préalable à toute évolution. Lorsque celle-ci est profonde, elle réclame une approche globale en amont : prise en compte du travail, des aménagements au pâturage, etc.

Il faut aussi envisager des impondérables, comme le changement climatique. « Passer au 100 % herbe, avec des météos comme en 2018, s’avère dangereux », constate Dominique Lagel. En fait, le passage au sans-OGM vient simplement remettre en cause le système de chaque éleveur. Il peut justement être une bonne occasion de ne plus mettre tous ses œufs dans le même panier.

Catherine Regnard
Surcoût. Dans une ration avec deux tiers de maïs ensilage, un tiers d’ensilage d’herbe et 3 kg de soja OGM, passer au soja non OGM occasionne un surcoût d’environ 10 €/1 000 litres. Passer à 50 % de soja non OGM et 50 % de colza limite le surcoût à 4 €/1 000 litres. © Sébastien Champion
Biodiesel.La disponibilité en tourteau de colza dépend avant tout de la santé des filières de biodiesel et de trituration qui sont très liées. Ici, un hangar de stockage de tourteaux de colza à l’usine de production de Diester, entreprise Saipol à Rouen. © ClaudiusThiriet
Protéagineux. D’une valeur azotée intermédiaire entre céréales et tourteaux, les graines de protéagineux apportent de l’azote rapidement dégradable dans le rumen et gagnent à être toastées. © WATIER
2 questions à…
« Je n’identifie pas de risques importants de volume ou de prix d’ici à 2023. »« Le marché des tourteaux s’adaptera » 2 questions à… Benjamin Jasserand, responsable du desk tourteaux chez Saipol (premier triturateur français, groupe Avril)

Avec la croissance du non-OGM, y a-t-il un risque de pénurie ou d’envolée des prix, notamment en tourteau de colza ?

Benjamin Jasserand : Le colza représente la première source de tourteaux non OGM de l’Union européenne (23-24 millions de tonnes par an de graines triturées, à 85 % d’origine européenne), loin devant ceux de tournesol et soja non OGM. En France, la trituration de 3,5 millions de tonnes par an de colza produit 2 millions de tonnes de tourteaux, et 70 % de l’huile générée part en filière biodiesel. La disponibilité des tourteaux dépend avant tout de la santé des filières biodiesel et trituration, très liées. Or, les importations d’ester de soja argentin les ont mises à mal.

Heureusement, les dispositions prises le 30 janvier dernier par la Commission européenne [NDLR : droit anti-subvention, importations à prix minimal et avec limitation des pics de volumes] doivent permettre aux industriels européens de travailler, avec un débouché durable pour l’huile de colza. C’est rassurant ! Et l’essor du non-OGM contribuera justement à soutenir la filièrebiodiesel. Excepté ces questions sur le marché du biodiesel, je n’identifie pas de risques importants de volume ou de prix d’ici à 2023. Cela avec un scénario où le lait issu d’animaux nourris sans OGM représenterait alors plus de 50 % de la collecte française. Toutefois, le tourteau de colza ne sera plus à un prix ultra-compétitif. Je pense qu’il restera durablement supérieur à 65 % du prix du tourteau de soja, mais probablement inférieur à 80 %, limite de son intérêt économique.

B. J. : Il y aura une adaptation des flux, entre les filières animales et sur le plan géographique. Certains tourteaux sortiront des formules où ils ne sont pas indispensables. Par exemple, les poules pondeuses et les volailles de chair utiliseront probablement davantage d’autres sources de matières premières non OGM, comme le tourteau de tournesol High Pro. D’autre part, la ressource en tourteaux de colza non OGM, située en France, en Belgique, en Allemagne et, ponctuellement, sur le marché de la mer Noire, est en partie commercialisée auprès de clients sans exigences sur le non-OGM (Espagne, Irlande, Maroc et Israël par choix technique en production laitière). Ces quantités pourront être redirigées vers les éleveurs laitiers français, aujourd’hui utilisateurs de tourteaux de soja importés du Brésil, d’Argentine et des États-Unis ! Globalement, le marché­ s’adaptera. Et il devrait retrouver une certaine logique.

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