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Dossier. Récolter ces fourrages avec le matériel adapté

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© Denis Lehé

Ne pas couper trop ras, conditionner sans agresser, répartir l’andain en pensant aux opérations suivantes… Voici les clés d’un fauchage réussi.

Cultivées seules ou en mélange avec des graminées, les légumineuses concentrent une grande part de leur valeur azotée dans les parties foliaires. Mais lors de la récolte, luzernes et trèfles subissent des chocs et des contraintes mécaniques qui entraînent le décrochement de feuilles. Des phénomènes qui s’accentuent lors des opérations de séchage du fourrage, avec des conséquences non né...
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Cultivées seules ou en mélange avec des graminées, les légumineuses concentrent une grande part de leur valeur azotée dans les parties foliaires. Mais lors de la récolte, luzernes et trèfles subissent des chocs et des contraintes mécaniques qui entraînent le décrochement de feuilles. Des phénomènes qui s’accentuent lors des opérations de séchage du fourrage, avec des conséquences non négligeables sur la quantité et la qualité récoltées : « Dans une parcelle de luzerne au potentiel de rendement de 4 tonnes de matière sèche par hectare, nous avons mesuré des pertes pouvant aller de 400 kg jusqu’à 1 tonne de MS par hectare cumulées de la fauche jusqu’au pressage final. Les valeurs relevées à chaque étape varient en fonction du matériel employé et du protocole suivi par l’éleveur, commente Pierre Lépée, conseiller machinisme à la chambre d’agriculture de la Creuse. Une fois tombée au sol, cette précieuse matière est définitivement perdue. Cela a un impact direct sur la valeur alimentaire globale du fourrage, puisque la part des feuilles diminue au profit des tiges. Or, celles-ci sont moins riches en énergie et surtout en matière azotée. Une altération que l’exploitant doit alors compenser par l’achat d’aliments concentrés. » En ensilage, en enrubannage ou en foin, des solutions existent pour réduire ces pertes : adapter ses interventions en fonction des conditions d’humidité du fourrage, choisir les bons réglages sur le matériel de fenaison traditionnel ou investir dans des outils spécifiques.

« Il faut un système de réglage facile à modifier » 

« Dans les exploitations, les légumineuses cultivées pures ou en mélange ne représentent souvent qu’une part minoritaire des surfaces, comparé aux graminées, fait remarquer Anthony Uijttewaal, ingénieur chez Arvalis-Institut du végétal. La plupart des éleveurs récoltent donc l’ensemble de leur fourrage avec des outils conventionnels, à commencer par une faucheuse conditionneuse à fléaux, une faneuse et un giro-andaineur. L’agriculteur peut réaliser un travail de bonne qualité s’il adapte ses réglages et choisit les meilleures conditions pour intervenir : une fauche le matin quand la rosée s’est levée. Faner et andainer les jours suivants également en matinée, mais en profitant alors de la présence de la rosée qui réhumidifie les feuilles et les rend moins cassantes. Les passages de faneuse ou d’andaineur en pleine chaleur sont naturellement à proscrire, puisque la végétation est alors trop cassante. Il ressort aussi de nos différents essais que les faucheuses conditionneuses à fléaux, modèles les plus couramment employés dans les exploitations, sont souvent agressives pour les légumineuses. C’est pourquoi je conseille, quand c’est possible, de baisser le régime du rotor et/ou d’éloigner la tôle située à l’aplomb du conditionneur. »

Ces dommages créés au niveau des tiges et des feuilles sont très préjudiciables en récolte sèche en raison des différentes interventions et donc des manipulations réalisées. La plupart des constructeurs proposent désormais des conditionneurs à régime variable. « Il faut un système de réglage facile à modifier, par exemple une boîte de vitesses avec un levier à manœuvrer pour passer rapidement de 1000 à 800 tr/min, souligne le commercial d’une grande marque. Si l’agriculteur est obligé de démonter des capots et de changer des poulies, il est probable qu’il fasse souvent l’impasse sur ce réglage, faute de temps. »

Une fauche à 8 cm de hauteur

Une autre recommandation souvent entendue est d’ajuster la hauteur de fauche pour ne pas descendre en dessous de 7 à 8 cm. Le fourrage repose ainsi sur un tapis de chaumes qui laisse circuler l’air par le dessous, améliorant le séchage. Sans compter qu’une fauche plus rase n’accroît pas beaucoup le rendement des légumineuses. Au contraire, elle entamerait même le potentiel de la récolte suivante. À 4 ou 5 cm du sol, le risque de ramasser de la terre, donc des spores butyriques, est également beaucoup plus élevé, ce qui est préjudiciable en conservation par ensilage ou enrubannage.

Dans des tests menés en 2016, la chambre d’agriculture de la Creuse, accompagnée d’Arvalis et de différents partenaires de la région Limousin, a mesuré comment le type de fauche pouvait avoir un impact sur le niveau de perte dans une prairie de luzerne (voir infographie ci-dessus).

L’essai compare :

une faucheuse à plat sans conditionneur ;

une faucheuse conditionneuse à fléaux ;

deux faucheuses conditionneuses à rouleaux.

Ce dernier système, encore peu utilisé en France, comprend deux rouleaux horizontaux distants de quelques millimètres et tournant en sens inverse, aspirant ainsi les plantes juste derrière le lamier. Contrairement aux fléaux qui frappent et cassent la végétation, les rouleaux servent à écraser et à plier les tiges pour accélérer leur dessiccation. Sur la plupart des machines, le rouleau du bas est placé sur un axe fixe alors que celui du haut est mobile. Il peut ainsi s’écarter pour laisser passer un gros volume de fourrage ou un corps étranger. L’utilisateur ajuste la pression entre les rouleaux avec un tendeur qu’il sert plus ou moins.

« Le conditionneur à rouleaux accélère la vitesse de séchage »

Dans ce test, une faucheuse était équipée de rouleaux en acier, l’autre de rouleaux en polyuréthane. Les opérations de fanage, andainage et pressage ont été réalisées avec du matériel conventionnel.

« Nous avons aussi comparé le mode d’utilisation des faucheuses conditionneuses en réalisant des andains serrés, mesurant environ 80 cm de large, ainsi que des andains étalés où le fourrage retombe sur pratiquement toute la largeur de fauche, précise Pierre Lépée. Sur toutes les microparcelles, nous avons mesuré le taux de pertes après chaque opération jusqu’au pressage en foin. Cet essai a montré l’intérêt du système de conditionneur à rouleaux : il n’engendre guère plus de pertes que la faucheuse à plat, et accélère la vitesse de séchage du fourrage avec cinq à dix points de matière sèche supplémentaires observés en fin de cycle avant le pressage. Nous n’avons pas constaté de différence entre les rouleaux en acier et ceux en polyuréthane. Conformément à nos attentes, la faucheuse équipée d’un conditionneur à fléaux est celle qui engendre le plus de pertes : 380 kg de matière sèche par hectare en moyenne pour un régime de 1000 tr/min. Celles-ci diminuent à environ 260 kg de MS/ha en réduisant le régime du conditionneur à 800 tr/min, mais elles restent supérieures à celles obtenues par les autres faucheuses. »

Étaler l’andain pour un séchage de qualité

Le mode de fauchage influence directement la quantité de feuilles tombant au sol. Mais la technique choisie détermine aussi les opérations suivantes et les pertes qui vont avec. Ainsi, ces mêmes essais ont révélé que réétaler l’andain après le conditionnement avait deux conséquences principales. La première est qu’avec une seule faucheuse latérale, comme c’est souvent le cas dans les exploitations, le tracteur roule sur le fourrage au tour suivant, ce qui, en conditions humides, augmente le risque de souillure par de la terre et rend délicate la reprise ultérieure. La seconde est positive puisque le séchage au départ est plus rapide, dispensant l’éleveur d’un premier fanage.

« Pour réaliser de l’ensilage, la confection d’andains larges peut permettre de faire sécher plus vite mais réclame un andainage avant l’ensilage, estime Anthony Uijttewaal. Pour le foin et l’enrubannage, les andains larges prennent tout leur sens puisque cela permet d’économiser un fanage. Plus les formes du fourrage sont sèches, plus leur manipulation doit être délicate pour que les feuilles détachées des tiges restent englobées dans l’andain. Si l’exploitant choisit de faner, je conseille de passer juste après la fauche, quand la végétation est encore humide, ou bien le lendemain, assez tôt en matinée. Mieux vaut alors abaisser la vitesse de rotation de la prise de force à 350 tr/min pour éviter de trop projeter et d’abîmer le fourrage. »

Des créneaux horaires souvent réduits en été

Même préconisation avec un giro-andaineur classique où une vitesse plus lente est conseillée en présence de légumineuses. Mais pour faire du foin en été, les créneaux horaires favorables sont réduits, et il est impossible de conserver un débit de chantier intéressant, tout en limitant le régime de travail. C’est là que des matériels spécifiques sont intéressants : retourneur d’andains, appareils à soleils, à peignes ou bien à pick-up équipé de tapis (voir témoignages pages suivantes). Ainsi, le modèle à soleils de marque Sitrex, également testé dans la Creuse en 2017, a l’avantage de pouvoir rouler aux environs de 15 km/h, sans provoquer d’importants détachements de feuilles. Attention, tout comme pour les giro-andaineurs, le réglage est important pour éviter de gratter le sol et de souiller le fourrage.

Quant aux outils à pick-up et tapis (Idass, Kuhn, Reiters, Roc…), ils sont à la fois performants sur la préservation des feuilles et polyvalents pour retourner le fourrage en remplaçant la faneuse. Leurs tarifs sont toutefois élevés, de 70 000 à 90 000 €, pour un modèle de 9 ou 10 m de large. Malgré les possibilités de subventions, l’investissement rend nécessaire une bonne approche économique pour estimer correctement sa rentabilité.

Denis Lehé
©
L’andain conditionné puis réétalé sur la largeur sèche plus rapidement, mais le tracteur doit ­rouler dessus au tour ­suivant. ©
La faucheuse à plat sans conditionneur est plus couramment utilisée en légumineuses. © Ch. Agri. Limousin
© Ch. Agri. Limousin
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