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Dossier. La distribution est aussi à prendre en compte

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© Dominique Grémy/GFA

Poste majeur du coût de production, le coût alimentaire s’entend généralement hors distribution. Pourtant, l’alimentation des animaux réclame du matériel et du temps. Elle génère donc des charges qui ne sont pas négligeables. Ce constat a conduit BCEL Ouest à évaluer le coût de distribution de la ration.

Le calcul du coût de la ration rendue à l’auge révèle une belle diversité, en fonction du mode de distribution choisi, mais aussi selon la taille du troupeau (voir infographie page suivante). Des économies d’échelle sont donc possibles dans ce domaine. Hors main-d’œuvre, le coût de distribution s’élève, en moyenne, de 10 à 30 €/1 000 litres. Stéphane Saillé, responsable...
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Le calcul du coût de la ration rendue à l’auge révèle une belle diversité, en fonction du mode de distribution choisi, mais aussi selon la taille du troupeau (voir infographie page suivante). Des économies d’échelle sont donc possibles dans ce domaine. Hors main-d’œuvre, le coût de distribution s’élève, en moyenne, de 10 à 30 €/1 000 litres. Stéphane Saillé, responsable marketing et innovation chez BCEL Ouest, estime qu’à 15 €/1 000 l hors main-d’œuvre, le coût est maîtrisé.

À titre indicatif, un système automatisé pour 160 vaches représente la même charge aux 1 000 litres de lait qu’une désileuse-pailleuse pour 60 têtes, main-d’œuvre incluse. En revanche, ce même équipement devient prohibitif pour des troupeaux de taille moyenne. Ces chiffres intègrent l’investissement et l’entretien du matériel.

Choisir un système cohérent

La maîtrise du coût de distribution de la ration commence donc par un choix d’équipements cohérent avec son système de production et le nombre d’UGB. Certes, d’autres éléments entrent en ligne de compte. Au moment de choisir, la première étape consiste à évaluer la capacité d’investissement. Ensuite, la réflexion doit concerner l’ensemble des animaux à nourrir sur l’exploitation. Le type de ration, plus ou moins complexe, va orienter le choix, de même que le mode d’apport des concentrés. Le temps disponible pour alimenter les animaux doit aussi être évalué. Il faut réfléchir à l’accessibilité de l’auge et des silos, et aux moyens de traction disponibles. La question de la réalisation du paillage se pose, de même que celle de la facilité pour se faire remplacer. Le choix du mode de distribution de la ration a des implications sur le nombre de places à l’auge et sur le besoin d’espace dans le bâtiment.

En matière de temps de travail, le godet désileur, la désileuse-pailleuse et la mélangeuse sont les outils les moins performants avec environ soixante minutes de travail par jour pour 60 vaches, contre vingt minutes pour les automates ou les pousse-fourrages.

Pour gagner du temps, robot ou libre-service à l’auge

Une étude néerlandaise a évalué le gain de temps permis par un système d’alimentation automatisé. Il s’élève à vingt minutes pour 60 vaches et cent minutes pour 150. Et ce système distribue et repousse la ration au moins deux fois plus souvent qu’en système classique. Il garantit l’accès à une ration fraîche à volonté. De plus, il est facile de distribuer différentes rations adaptées à chaque type d’animaux. La conduite en lots est donc plus aisée et plus efficace avec ce type d’équipement. L’organisation du travail se trouve simplifiée puisque la cuisine est à regarnir deux ou trois fois par semaine. L’astreinte du week-end est réduite.

Mais ces systèmes imposent leurs conditions. Les animaux doivent tous se trouver sur un même site, dans des bâtiments proches les uns des autres et dont les accès sont bétonnés ou bitumés. Les fourrages doivent être bien conservés et bien tassés. Il peut être utile d’employer des conservateurs, notamment pour les ensilages de légumineuses.

Il faut investir environ 200 000 € pour automatiser la distribution de l’alimentation. Et l’acquisition d’une désileuse-cube est nécessaire (10 000 à 12 000 €). S’y ajoutent des coûts de maintenance de 5 000 € par an. Seul un grand troupeau permet d’amortir cet équipement. À partir de 150 vaches, le coût de distribution s’élève à 25 €/1 000 l, main-d’œuvre comprise. En deçà, l’automatisation reste un luxe. Mais ses avantages sont importants sur le plan technique. La conduite en lots, avec des rations sur mesure, améliore les performances technico-économiques.

Le libre-service apporte une autre solution pour gagner du temps. Au silo ou avec des auges doubles, en passant par le pousse-fourrage, les options sont diverses. L’auge au silo s’envisage difficilement au-delà de 50 vaches. Et une partie du temps gagné sur l’affouragement sera consommée pour racler les aires d’exercice.

Le libre-service à l’auge convient pour des rations simples et suppose de distribuer les concentrés séparément. Ce système permet de gagner du temps, bien sûr, mais aussi de simplifier l’organisation du travail et d’alléger l’astreinte du week-end. La distribution se fait en général deux fois par semaine. Mais il faut surveiller la conservation des fourrages et penser à l’alimentation des génisses. Ces systèmes prennent moins de place qu’une table d’alimentation classique (-30 %). Et ils ne coûtent pas très cher. Le libre-service à l’auge suppose d’investir dans une désileuse-cube. Il faut prévoir une place pour 2,5 ou 3 vaches, soit 35 cm/vache. Le fourrage est apporté deux ou trois fois par semaine, ce qui permet de réduire de 70 % le temps consacré à l’alimentation. L’investissement reste modeste. Avec une auge double automatisée à 1 100 €/place, le coût de distribution s’élève à 14 €/1 000 litres hors main-d’œuvre pour 100 vaches laitières, ou 20 € main-d’œuvre incluse. « Si les vaches pâturent, il faut adapter le volume de fourrages distribués », alerte Johann Cariou à BCELO.

Pour diversifier les rations : mélangeuse ou affouragement en vert

La mélangeuse permet l’incorporation de nombreux ingrédients pour aboutir à une ration homogène. Elle s’adapte quand le troupeau grandit. Mais ce choix implique de disposer d’un autre outil pour le paillage. Pour les génisses ou les taries, il est possible de ne distribuer que tous les deux ou trois jours, ce qui réduit l’astreinte du week-end. Il faut prévoir un volume utile d’environ 2 m3 pour 10 vaches, à ajuster en fonction de la part des fourrages grossiers. Cette option reste coûteuse pour des troupeaux de 60 vaches. Il faut compter 44 €/1 000 l pour la distribution avec une machine de 12 m3 à 32 000 €, main-d’œuvre comprise. On descend à 21 € pour 160 vaches avec une capacité de 32 m3 (47 000 €). La distribution prendra alors environ une heure par jour.

L’affouragement en vert représente une autre voie pour diversifier la ration. Mais cette option s’ajoute forcément à un autre système de distribution. Elle présente l’avantage d’introduire un fourrage frais et riche en azote. Cela génère des économies sur les achats de concentrés. Et les vaches adorent ça ! Cette pratique permet de valoriser les parcelles non pâturables.

Le rendement des prairies augmente en moyenne de 30 % avec une meilleure gestion des adventices. Mais l’astreinte quotidienne reste importante : une heure par jour en moyenne, y compris le week-end, ce qui rend le remplacement plus compliqué. Et pour que chaque vache reçoive sa ration, il est impératif de disposer d’une place pour chacune à l’auge. Il faut bien évaluer le volume réellement distribué. L’investissement dans le matériel n’est pas négligeable. Le système le plus simple, une ensileuse à fléaux et une remorque, revient à 5 000-6 000 € (ensileuse seule). Il est à privilégier si l’affouragement n’est pratiqué que deux ou trois mois par an. Ce système présente l’inconvénient de broyer l’herbe et d’allonger le temps de repousse. Pour une faucheuse autochargeuse distributrice, l’investissement se situe entre 25 000 et 40 000 €. Cela ne peut se justifier que pour une utilisation intensive (250 jours par an). Avec une double-essieu, les parcelles peu portantes peuvent être valorisées et cette machine n’abîme pas l’herbe.

La remorque autochargeuse, associée à une faucheuse frontale, présente à peu près les mêmes avantages et inconvénients que la précédente. Mais elle est plus polyvalente (récolte d’ensilage d’herbe, transport) et coûte plus cher : 10 000 à 15 000 € pour la faucheuse et 40 000 à 80 000 € pour la remorque. Le coût rendu à l’auge reste accessible à partir de 100 vaches pour une faucheuse autochargeuse et à partir de 160 vaches pour la remorque autochargeuse associée à une faucheuse.

Pour simplifier la ration : désileuse ou godet désileur

Quand la ration ne comprend qu’un ou deux fourrages, la désileuse trouve toute sa place. Elle peut être équipée d’une trémie à concentrés. Pour limiter le temps de travail, mieux vaut avoir des stockages proches de l’auge. Et là aussi, il faut penser au paillage, à moins d’opter pour une désileuse-pailleuse. Le montant de l’investissement dans une désileuse est modéré, 15 000 à 20 000 € selon la capacité. Compter 5 000 € de plus pour une désileuse-pailleuse. Sa simplicité réduit les coûts d’entretien. L’impact sur le coût de distribution de la ration reste donc faible. Ce système atteint vite ses limites quand le troupeau s’agrandit. Difficile de le maintenir au-delà de 80 vaches.

Le godet désileur convient lui aussi pour les rations simples, en évitant les fourrages à brins longs. Il est facile à utiliser et relativement peu coûteux. Mais la capacité est limitée à 3-5 m3, ce qui le rend incompatible avec un grand troupeau. Attention à la fraise qui défibre le fourrage. Il faut adapter la coupe du maïs au moment de la récolte.

Main-d’œuvre comprise, cet équipement peut être coûteux, surtout si on utilise un télescopique.

Pour maîtriser le coût alimentaire : investir dans le pâturage

Quand la vache se nourrit toute seule, le coût de distribution semble réduit à zéro. Pourtant, valoriser au mieux le pâturage implique parfois des aménagements, notamment pour les grands troupeaux. Entre les clôtures et l’eau, le montant est évalué à 270 €/ha. Mais le poste le plus onéreux est l’aménagement des chemins qui pèse environ 70 % du total. Il faut compter entre 5 et 20 €/m2 selon qu’ils sont utilisés uniquement par les animaux ou aussi par des engins. Tout compris, l’aménagement revient à 1000 €/ha.

La construction d’un boviduc peut se révéler pertinente pour augmenter la surface accessible tout en réduisant le coût alimentaire et le temps de travail.

En fonction des situations, la facture peut aller de 25 000 à 40 000 €. Cet équipement est souvent subventionné, ce qui réduit le coût réel à 15 000-30 000 €. Au total, les investissements visant à développer le pâturage restent modérés, y compris en incluant la main-d’œuvre. Mais la gestion des pâtures prend du temps. Il faut compter une à deux heures par jour selon la taille du troupeau. L’impact sur le coût de distribution ramené à 1 000 litres de lait est faible par rapport aux autres systèmes.

Et surtout, le pâturage permet de réduire le coût alimentaire total.

Pascale Le Cann
©
Mélangeuse. Cet outil permet de distribuer des rations ­diversifiées avec un coût ­relativement élevé et un temps de travail également ­conséquent. © Claudius Thiriet
Mutualisation. Un coût moyen à 18 €/1 000 litres

La mutualisation de la distribution répond à des objectifs techniques, économiques et d’organisation. Une enquête conduite par les CER de Mayenne et de la Sarthe a montré que les éleveurs qui y ont recours cherchent avant tout à gagner du temps et à s’assurer que les animaux seront nourris quoi qu’il arrive. Mais pour être compétitive, cette délégation doit intéresser un groupe d’éleveurs situés dans une aire géographique limitée. On retient le chiffre de 100 000 litres de lait par kilomètre de tournée.

Des aménagements peuvent être nécessaires pour faciliter la circulation de la machine et éviter que le chauffeur ne doive descendre du tracteur. Il faut aussi accepter les horaires de passages de la machine et son absence le dimanche. Cette organisation permet de distribuer des rations complexes en quantité­ maîtrisée et avec une bonne homogénéité. Elle débouche souvent sur une amélioration des performances techniques et elle favorise les échanges grâce au groupe. Pour un investissement de 120 000 à 145 000 €, le coût moyen de la distribution s’élève à 18 €/1 000 l main-d’œuvre incluse et varie de 10 à 20 €.

L’avis de…
« L’automatisation devient rentable, sous conditions, à partir de 140 à 150 vaches » L’avis de… Stéphane Saillé, BCEL Ouest

« L’automatisation de l’alimentation tend à se développer. L’un des arguments mis en avant est le gain de temps. Pour rappel, l’alimentation est le second poste en matière d’astreinte après la traite (environ 30 % du temps pour l’ensemble du cheptel, à moduler selon le système d’alimentation). L’investissement de départ est conséquent : de 150 000 € à 200 000 € en fonction des systèmes. L’automatisation devient rentable à partir de 1,2 à 1,3 million de litres, soit 140-150 vaches. En deçà, il faut, par exemple, un atelier viande en parallèle pour amortir. La rentabilité suppose d’alimenter aussi les taries et les génisses. Cela est à prévoir lors de l’étude du projet. Le site doit être adapté (bâtiments groupés, accès, faible pente). Et l’éleveur doit veiller à la conservation des fourrages dans la cuisine, surtout l’été. »

1 000 €/ha. C’est le montant moyen des aménagements à réaliser pour valoriser le pâturage. Les chemins pèsent lourd et il faut y ajouter les clôtures et l’abreuvement. Mais cela reste peu coûteux par rapport à d’autres systèmes. Et le coût alimentaire est réduit. © Franck Betermin
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