S'abonner
Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

L’Aubrac « résistante » sauve le laguiole

réservé aux abonnés

 - -->
Savoir-faire. La coopérative Jeune Montagne (80 exploitations, 130 emplois) produit 730 tonnes annuelles de laguiole AOP au lait cru. © soisson

Grâce à la détermination d’un groupe de visionnaires, la coopérative Jeune Montagne a gagné sa place dans la filière laguiole AOP.

La notoriété de l’appellation d’origine protégée laguiole et le succès de la coopérative Jeune Montagne à Laguiole (Aveyron­), fréquemment citée en exemple, sont le fruit d’efforts soutenus et de la ténacité d’une poignée d’irréductibles­ visionnaires de l’Aubrac. Le 15 mars 1960, un groupe de jeunes éleveurs cré...
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
17%

Vous avez parcouru 17% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

La notoriété de l’appellation d’origine protégée laguiole et le succès de la coopérative Jeune Montagne à Laguiole (Aveyron­), fréquemment citée en exemple, sont le fruit d’efforts soutenus et de la ténacité d’une poignée d’irréductibles­ visionnaires de l’Aubrac. Le 15 mars 1960, un groupe de jeunes éleveurs crée la coopérative Jeune Montagne, une impulsion raisonnée face au déclin de la fabrication du fromage dans les burons (25 t à l’époque­, contre 900 t produites sur 300 montagnes en 1900). Leur souhait est aussi de mieux valoriser leur lait, alors vendu à des petites laiteries, installées sur l’Aubrac, par l’Auvergne laitière d’Aurillac, filiale de la Société des Caves de Roquefort.

« Ces industriels du nord-ouest de l’Aubrac payaient le lait 22 francs le litre, quand les petites coopératives installées dans la région voisine du Carladès accordaient 40 centimes le litre à leurs adhérents. Pourquoi ne pas reproduire ce modèle économique sur notre territoire ? » explique André Valadier, cofondateur et président de Jeune Montagne de 1960 à 2008. Trente producteurs s’engagent alors à livrer leur lait à l’outil de transformation collectif installé dans la maison grand-paternelle d’André Valadier, à La Terrisse. La première année, 250 000 litres de lait sont ainsi transformés en fourmes par un fromager cantalien. Les fromages sont bons, mais les débuts n’en demeurent pas moins très difficiles. En effet, considérée comme un concurrent par les entreprises en place, Jeune Montagne se heurte à un embargo féroce dans la vente de ses fourmes.

Reconnue en AOC

Les jeunes coopérateurs sont conscients de l’importance économique de faire reconnaître leur fromage en AOC laguiole, dont le décret (1) est officiel depuis le 21 décembre 1961. Mais les 21 membres du conseil d’administration du syndicat de défense de l’AOC refusent, à seize voix contre cinq, la demande de Jeune Montagne, certains les qualifiant « d’inconscients », tout en assurant « une impasse pour ces jeunes écervelés… ». Contre toute attente, c’est le président du syndicat, le colonel Émile de Lassagne, qui jouera un rôle déterminant dans cette reconnaissance. Bien que directeur de l’Auvergne laitière, qui s’apprêtait à créer une laiterie à Laguiole, la Sofrola, le colonel croit en l’avenir de Jeune Montagne et lui apporte son soutien. « Nous sommes tous dépositaires du patrimoine fromager de l’Aubrac. Vous souhaitez tous ardemment le transmettre, mais les bulletins que vous avez glissés dans l’urne reviennent à détruire cet héritage en l’emportant avec vous dans vos cercueils ! » explique-t-il à « ses troupes », convoquées huit jours après le premier vote. Des mots qui frappent même les plus sceptiques : c’est avec seize voix pour que Jeune Montagne est acceptée, dès lors, dans l’AOC.

Monique Roque Marmeys

(1) Fabrication au lait cru et entier entre le 25 mai et le 31 octobre à plus de 800 m d’altitude. La révision du décret de 1976 a permis de labelliser une production annuelle.

Gastronomie. La coop a développé la production de l’aligot, un plat emblématique de l’Aubrac, composé de tome fraîche et de pommes de terre. © Théo Carlier
Un patrimoine valorisé. Le prix moyen payé atteint aujourd’hui les 550 €/1 000 l. La filière laitière génère un emploi pour 30 ha sur l’Aubrac (contre un emploi pour 100 ha en élevage allaitant). © Coopérative Jeune Montagne
Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
En direct
Afficher toutes les actualités

Dans la même rubrique

Sélectionné pour vous

Sélection bovine des taureaux et des hommes

45€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

En réassort

AJOUTER AU PANIER

Maladies parasitaires du mouton 4ème edition

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER