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Dossier. « Nous avons réussi à canaliser la prolifération de la dermatite »

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Thierry Rouesne, Antoine et Jean-Maurice Dupont ont été séduits par la solution sèche sans antibiotique et sans danger pour l’environnement. © J.Pezon

Le pédiluve sec a permis aux associés de maîtriser le stade aigu de la dermatite digitée, à l’origine des boiteries affectant surtout les primipares.

Au Gaec des Deux Frontières, le pédiluve sec est installé en sortie de salle de traite depuis décembre 2014. Après bientôt deux ans d’utilisation, les trois associés sont convaincus par l’efficacité du dispositif. « Il n’y a pas de solutions miracles, annonce d’emblée Jean-Maurice. La dermatite est encore présente dans le troupeau, mais les lésions ont cicatrisé (M3), ou surtout...
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Au Gaec des Deux Frontières, le pédiluve sec est installé en sortie de salle de traite depuis décembre 2014. Après bientôt deux ans d’utilisation, les trois associés sont convaincus par l’efficacité du dispositif. « Il n’y a pas de solutions miracles, annonce d’emblée Jean-Maurice. La dermatite est encore présente dans le troupeau, mais les lésions ont cicatrisé (M3), ou surtout évolué vers un stade chronique (M4) que l’on reconnaît facilement en salle de traite par son aspect de chou-fleur, avec de longs poils, et qui se caractérise par l’absence de boiterie pour les animaux. »

Dans ce troupeau où les vaches ont accès à 13 ha de pâture d’avril à novembre, la maladie a été diagnostiquée en 2013.

« Les génisses infectées par la vague de lisier »

Ici, environ 25 % des animaux étaient concernés par ces lésions hypersensibles, associées aux boiteries (M1 et M2). Ce sont principalement les génisses qui exprimaient les signes cliniques de la maladie dès leur entrée dans le troupeau laitier. Il faut préciser que la phase de préparation à la mise bas des primipares se déroule dans le prolongement immédiat du logement des vaches, dont elles sont séparées uniquement par une barrière. L’absence d’achat d’animaux à l’extérieur ne permet pas d’identifier l’origine du problème. Mais selon les éleveurs, c’est la vague de lisier entraînée par les deux rabots racleurs, actionnés deux à trois fois par jour, qui était à l’origine de la contamination des primipares. « Les douleurs et les boiteries se déclenchaient après le choc du vêlage, précise Jean-Maurice. Ce sont alors des animaux qui adoptent de mauvais comportements d’ingestion, qui génèrent des situations d’acidose et de baisse des volumes de traite. »

Les premiers essais de pédiluves liquides sont peu concluants : « Apeurées, les vaches n’osaient pas passer dans le pédiluve, sautaient par-dessus, provoquant des éclaboussures et des pertes de solutions. » Dans ce cas, il est conseillé de faire passer les vaches pendant deux à trois jours dans un pédiluve sans produit ou avec de la paille pour les accoutumer. Mais les associés ont leur conviction : il faut démarrer sur la base d’un pédiluve sec.

« Les bactéries se nourrissent de la matière organique »

Après quelques recherches, c’est lors d’une visite au Space qu’ils optent pour le Podo Concept, de la société Actrade. Il s’agit d’un dispositif breveté qui associe d’une part un bac (Podoluve à 560 €) de 1,80 m x 0,80 m doté d’une goulotte centrale et, d’autre part, une poudre (Podo Dry à 2 €/kg), composée d’un cocktail de bactéries lactiques vivantes et de bacillus lyophilisés qui se réactivent au contact de l’humidité, d’extraits de plantes pour la cicatrisation, sur un support de carbonate alimentaire. « Les bactéries vont sécréter de l’acide lactique avec, pour conséquence, une baisse du pH d’environ un point défavorable à la survie des pathogènes, explique Agnès Corbin, gérante de la société. La diversité des souches de bactéries utilisées pour la formulation du Podo Dry permet de s’adapter à tous les environnements, car on sait aujourd’hui que la maladie est provoquée par une association de bactéries pathogènes. De plus, il n’est pas nécessaire de nettoyer les pattes, car les bactéries contenues dans la poudre se nourrissent de la matière organique et vont ainsi casser la gangue de croûte qui maintient le pied dans un milieu anaérobie. »

En 2014, L’Éleveur laitier avait attribué une mention spéciale à ce concept, à l’occasion des Inel d’or que la revue décerne chaque année. Son jury d’experts indépendants avait alors voulu récompenser une méthode pratique à utiliser, respectueuse de l’environnement, aux propriétés cicatrisantes rapides, moins agressive pour la vache et utilisable en élevage bio (cf. : taux de 85 % d’amélioration constaté sur un essai vétérinaire, mené pendant deux mois sur 1 000 vaches laitières, réparties dans treize exploitations).

« Une circulation fluide en sortie de salle de traite »

Après une cure d’une semaine, le protocole de soins du troupeau repose sur l’installation du pédiluve quatre traites successives toutes les deux semaines (du lundi soir au mercredi matin), sauf en été où les éleveurs ont choisi quatre traites toutes les trois semaines. Le passage des racleurs, programmé pendant la traite, permet aux vaches de revenir sur un sol propre. À l’observation, elles n’ont pas d’appréhension à passer dans le bac et il n’y a donc pas de rallongement du temps de traite. Aucun soin individuel n’est réalisé et depuis l’installation du Podoluve, la fréquence de parage est passée de deux par an à un seul. Enfin, le coût de la poudre représente un investissement de 2,57 €/VL/an. « Au terme de la première année d’utilisation, nous constatons qu’aucune génisse ne boite, ni ne porte de lésion. Cela nous amène à penser que le cycle de transmission est cassé et que nous avons réussi à canaliser la prolifération de la maladie, indique Antoine. Via la réforme des vaches porteuses de lésions chroniques, nous espérons éradiquer la Mortellaro d’ici à quelques années. » Les associés ont néanmoins conscience d’avoir engagé une lutte contre une maladie insidieuse. En parallèle, ils ont donc adopté le même cocktail de bactéries pour assécher les logettes paillées (100 g par logette et par semaine). Dans le cadre de l’agrandissement de la stabulation lié à l’installation d’Antoine, ils envisagent de remplacer les gros racleurs par de petits racleurs à corde programmables dix à douze fois par jour, et se posent la question de remplacer le bardage en bois par des rideaux pour une meilleure ventilation.

Jérôme Pezon

    Gaec des Deux Frontières, à La Cornuaille (Maine-et-Loire).

    3 associés : Thierry Rouesne, Jean-Maurice et Antoine Dupont.

    65 holsteins à 10 200 kg de lait

    160 ha de SAU, dont 30 ha de maïs, 22 ha de féveroles, 8 ha d’orge, 12 ha de méteil, 48 ha de blé et 40 ha d’herbe.

Flore bactérienne Le choix de la pulvérisation

Dans la lutte biologique engagée contre la dermatite et le fourchet, le recours à la flore bactérienne vise à concurrencer les bactéries du tube digestif à l’origine des contaminations. Cette option représente une alternative aux antibiotiques, même si aucun cas de résistance n’a encore été relevé. La société GBP environnement propose une formule appelée Bactivor, associant des bactéries lactiques et des bacillus sélectionnés pour leur capacité à transformer les déchets organiques. « Elles ne s’attaquent pas à la lésion, mais à l’instar des solutions prévues pour une fosse septique, elles se nourrissent des bouses, facilitant ainsi la cicatrisation à l’air libre, et elles colonisent la peau, ce qui entraîne une baisse de pH défavorable à la survie des bactéries pathogènes », explique Yannick Berraute, concepteur du Bactivor.

Ce produit se présente sous forme congelée, à diluer dans l’eau pour une pulvérisation automatique en robot de traite ou manuellement avec un petit pulvérisateur.

Le protocole :

pulvérisation sur les membres postérieurs tous les jours pendant cinq jours ;

puis une fois par semaine ;

puis une fois toutes les trois semaines.

Installation.allé © J.P.
Entretien. En fin de traite, l’opérateur enlève les éclats de bouse et s’assure d’une hauteur de poudre de 10 cm dans le bac. Équipé d’une poignée et de roulettes, celui-ci est simplement déplacé hors période de soins. © J.P.
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