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Dossier. La productivité laitière n’est pas un tabou

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Élevage en bâtiment. L’obligation d’un accès extérieur pour les veaux sera précisée dans le guide de lecture en vue d’une mise en application en janvier 2021. Dans les fermes, des aménagements seront souvent indispensables. © Gutner

Trouver le bon équilibre entre efficacité économique des exploitations et attente des consommateurs est un enjeu pour la filière bio.

Après cinq ans de maturation, le nouveau règlement européen relatif à la production biologique sera définitivement voté en mars, pour une entrée en vigueur en 2021. Peu de modifications concerneront l’élevage bovin lait. Les règles d’application définies dans le guide de lecture français de ce nouveau cahier des charges devraient cependant être plus précises : « L’é...
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Après cinq ans de maturation, le nouveau règlement européen relatif à la production biologique sera définitivement voté en mars, pour une entrée en vigueur en 2021. Peu de modifications concerneront l’élevage bovin lait. Les règles d’application définies dans le guide de lecture français de ce nouveau cahier des charges devraient cependant être plus précises : « L’élevage des veaux laitiers en bâtiment sans accès à l’extérieur fait l’objet d’une tolérance qui va sauter », indique Félix Lepers, chargé de mission à la Fnab. Les moyens de contrôle de l’accès aux prairies pourraient aussi être renforcés par la tenue d’un plan de pâturage.

Des règles de pâturage plus ou moins contraignantes selon les pays

Selon les pays, certains points peuvent en effet être différemment interprétés, en particulier celui du pâturage. La règle prévoit que les ruminants doivent bénéficier « d’un accès permanent à des espaces de plein air, de préférence à des pâturages, chaque fois que les conditions le permettent ». Sur ce principe, en Allemagne et en Autriche, le pâturage n’est pas formellement obligatoire. Ces deux pays appliquent une dérogation lorsque l’exploitation justifie d’un accès difficile aux prairies. En revanche, au Danemark, la filière a décrété le pâturage obligatoire six heures par jour, du 15 avril au 1er novembre. Mais la composition de la ration n’étant pas contraignante, cet accès aux prairies peut s’apparenter à du parcours extérieur. Dans ce pays, la part de grains et de concentrés atteint souvent le plafond maximum de 40 % de la ration journalière, pour des niveaux de production moyens supérieurs à 9 000 kg de lait/VL.

Ces différences d’interprétation sont-elles une source de distorsion de la concurrence ? Pas pour la Fnab : « Selon les sujets, cela peut être une contrainte ou un avantage comparatif, rappelle Félix Lepers. La France, qui est le seul pays à avoir un guide de lecture aussi précis est, par exemple, plutôt en retard sur le sujet de l’épandage d’effluents non bio. »

Jean-Paul Picquendar, directeur régional Sodiaal en charge du lait bio, évacue également la question de la concurrence intra-euro­péenne : « Tous les distributeurs, GMS ou magasins spécialisés exigent une origine 100 % française du lait bio. C’est un mouvement de fond qui tend plutôt vers une demande de lait régional. Cela nous incite à mieux caractériser les pratiques d’élevage en allant au-delà de la réglementation euro­péenne lorsqu’elle n’est pas assez claire. »

« Il faut aller plus loin que le règlement européen, car les attentes sociétales avancent plus vite que le cahier des charges, souligne la Fnab. La bio a de l’avance, mais il s’agit de ne pas se laisser rattraper. » Pour répondre à une croissance à deux chiffres sur un marché franco-français, l’enjeu consiste à consolider les outils et à maintenir des exploitations converties en trouvant le bon équilibre entre compétitivité économique et attentes des consommateurs.

« Partir en système extensif tout herbe est une erreur »

Dans la grande région Auvergne Rhône-Alpes­, le principal frein à la conversion est la vulnérabilité aux aléas climatiques. Dès lors, la diversité fourragère est un moyen d’y être moins sensible, dans le cadre d’une conduite d’élevage bio qui génère des pertes de rendements moyennes de l’ordre de 20 %. « Dans notre région, partir en bio dans un système extensif 100 % herbe est une erreur, souligne Jean-Pierre Monier, conseiller à la chambre d’agriculture de la Loire. Le maintien d’une certaine productivité laitière à un coût maîtrisé est un enjeu pour diluer les charges de structure. Le maïs permet d’assurer la densité énergétique de la ration hivernale, surtout en race holstein, afin de sécuriser le début de lactation et d’aller chercher les bonus TP revalorisés en bio par certaines laiteries. » La difficulté en zone de montagne est le manque de terres labourables.

D’où les démarches locales qui visent à renforcer les synergies avec les cultivateurs bio de plaines, pour contractualiser à un prix mutualisé des approvisionnements en luzerne et maïs épis.

Le défi est identique dans les Hauts-de-France, où le Gabnor encourage les rapprochements entre éleveurs et cultivateurs bio, dans un contexte de forte pression foncière. Ici, le coût des terres, mais aussi des charges de mécanisation élevées constituent les principaux freins à la conversion. Pour faire face à ces charges incompressibles, il est possible de maintenir un bon niveau de productivité laitière : « L’enjeu est de sécuriser la densité énergétique de la ration hivernale grâce à des fourrages de qualité, explique Bruno Retailleau, référent productions animales du Gabnor. Cela passe souvent par l’implantation de plantes sarclées (maïs et/ou betteraves fourragères), corrigées par des ensilages d’herbes précoces et l’introduction de légumineuses. Dans la région, la disponibilité nouvelle en pulpe surpressée issue de la filière sucre bio pourrait constituer une vraie opportunité. »

En Pays de la Loire également, la productivité laitière n’est plus un tabou. Parmi les nouvelles conversions engagées depuis 2015-2016, on observe des systèmes plus intensifs, avec des rations hivernales composées d’un tiers de maïs et deux tiers d’ensilages d’herbes précoces, cohérents d’un point de vue économique.

« Maximiser le pâturage est fondamental »

Même si des systèmes tout herbe, avec beaucoup de prairies naturelles à valoriser, tirent très bien leur épingle du jeu, la diversification fourragère permet d’être plus résistant aux aléas climatiques (voir graphique). « Cette diversification est encore plus nécessaire en bio où il n’y a pas de solution de rattrapage avec les ammonitrates pour booster les premières coupes d’herbe en vue de faire du stock, indique Jean-Claude Huchon, conseiller à la chambre d’agriculture. Mais dans tous les cas, il faut garder à l’esprit que maximiser le pâturage reste un fondamental de la réussite économique d’un élevage bio. »

Jérôme Pezon
Pâturage. Pour mieux caractériser les pratiques bio en matière de bien-être animal, les moyens de contrôle de l’accès au pâturage pourraient être renforcés. © THIERRY PASQUET
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