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Dossier. « J’utilise un enfouisseur de lisier depuis quinze ans »

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Vincent Battut a choisi l’injection pour augmenter son nombre d’hectares épandables. © D.L.

En 2004, Vincent Battut, éleveur dans le Puy-de-Dôme, a investi dans une rampe à disques pour injecter le lisier dans le sol : moins d’odeurs, donc moins de pertes avec, à la clé, plus de surfaces éligibles à l’épandage et un gain agronomique.

«Au départ, j’ai acheté une tonne à lisier avec une rampe d’injecteurs à disques, car ce système me permettait d’épandre en me rapprochant davantage des zones habitées et donc de gagner en surfaces épandables, se souvient Vincent Battut, éleveur à Perpezat (Puy-de-Dôme). Avec un système à buse palette classique, je devais me tenir à 100 m au minimum des maisons, des entreprises...
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«Au départ, j’ai acheté une tonne à lisier avec une rampe d’injecteurs à disques, car ce système me permettait d’épandre en me rapprochant davantage des zones habitées et donc de gagner en surfaces épandables, se souvient Vincent Battut, éleveur à Perpezat (Puy-de-Dôme). Avec un système à buse palette classique, je devais me tenir à 100 m au minimum des maisons, des entreprises et des terrains de sport. Grâce à l’enfouissement, cette distance s’abaissait alors à 10 m. C’était vraiment intéressant pour moi car je gagnais de la surface et je pouvais ainsi respecter les normes de doses par hectare. »

Cet investissement remonte à 2004 et Vincent utilise encore le même matériel aujourd’hui. À l’époque, il choisit une tonne Joskin de 11 000 litres. La cuve est posée sur un châssis complet portant à l’arrière un relevage trois points hydraulique pour la rampe. Celle-ci mesure 4,30 m de largeur et compte vingt descentes. Elle est repliable pour le transport. En sortie de cuve, le lisier passe dans un répartiteur scalpeur qui coupe les résidus, comme les brins de paille ou de foin, et alimente toutes les sorties. À l’avant de chaque descente, un disque trace un sillon profond de 3 à 5 cm dans lequel un soc étroit dépose le lisier. Cette rampe dispose aussi d’un second circuit avec une buse palette. L’utilisateur choisit d’enfouir ou d’épandre en plein, en manipulant simplement une vanne à la sortie de la tonne. Il est donc inutile de dételer la rampe pour passer de l’injection à l’épandage en plein.

« Enfouir en épandant atténue vraiment les odeurs »

À l’époque de l’achat, Vincent Battut a bénéficié d’une subvention de 60 % sur le prix de la rampe. Un coup de pouce qui l’a motivé pour investir. Il ne regrette pas son choix aujourd’hui : « Enfouir en épandant atténue vraiment les odeurs. Une heure après le passage, on ne sent pratiquement plus rien. Moins d’odeurs, c’est aussi moins de pertes par volatilisation de l’azote ammoniacal. Toute ma SAU est en prairies naturelles. J’épands environ 3 200 m3 par an. Actuellement, j’utilise l’injection sur la moitié des surfaces en privilégiant les prairies précoces, notamment celles où nous faisons de l’ensilage. Je continue à employer la buse sur les parcelles moins adaptées à l’injection, celles de petites tailles ou très biscornues en particulier. Quand les rochers affleurent en surface, je ne peux pas non plus utiliser les disques et j’épands donc en plein. J’enfouis principalement en sortie d’hiver quand la végétation redémarre, puis je repasse après la fauche pour booster les nouvelles pousses. En injectant le lisier dans le sol, je ne salis pas les feuilles des plantes car la trace ne mesure que deux ou trois centimètres de largeur au maximum. Ensuite, une petite pluie de 5 mm suffit pour faire tout disparaître. Et s’il fait chaud dans les jours qui suivent l’épandage, la plante n’est pas brûlée. Je peux remettre les animaux sur la pâture dans les deux ou trois semaines, ou bien faucher une nouvelle fois, sans problème de salissures de l’herbe ou de contamination comme c’est le cas avec l’épandage à buse. »

« Un effet bénéfique sur l’aération­ des sols »

En matière de débit de chantier, l’éleveur estime que l’enfouissement ne lui prend pas plus de temps que l’épandage en plein. La rampe ne mesure que 4,30 m alors que la buse projette sur 8 m environ. Mais cette différence de largeur est compensée par une vitesse de travail plus rapide.

En revanche, l’utilisation des disques enfouisseurs réclame environ 30 ch de puissance supplémentaire. « Comparé à un épandage en plein, l’injection de lisier sur prairie n’est pas une technique très contraignante, à condition d’avoir de belles parcelles, ajoute l’éleveur. En inconvénient, je citerais surtout l’usure des roulements sur les disques. Je les change tous les deux ou trois ans. Le vendeur m’a dit qu’aujourd’hui, le système avait été modifié avec des disques plus gros, moins sujets à l’usure. Je suis rarement ennuyé par des problèmes de bouchage de tuyaux car je prends des mesures en amont. Mes vaches sont en logettes et comme litière asséchante, j’utilise essentiellement de la farine de paille ou de la sciure de bois. Ces produits sont très fins et ils ne risquent pas de colmater les circuits une fois mélangés au lisier. J’essaie aussi, selon ma disponibilité, de brasser les fosses tous les quatre à six semaines et la veille du pompage. Aujourd’hui, je suis convaincu des vertus agronomiques de l’injection de lisier sur prairies, même si je n’ai jamais mesuré avec précision le gain sur mes parcelles. Avec d’autres éleveurs voisins utilisant le même matériel que moi, j’ai aussi constaté un effet bénéfique des disques sur l’aération du sol. Cela donne souvent un foin plus court et plus dense, avec des plantes qui tallent davantage et moins de grandes tiges montant en épi. »

L’exploitation

    Gaec à deux associés

    À Perpezat (Puy-de-Dôme) à 980 m d’altitude

    90 prim’holsteins

    115 ha de prairies naturelles

    Logettes avec caillebotis

    Litière avec de la farine de paille

    1 500 m3 de stockage sur quatre fosses

    Tonne à lisier Joskin, modèle Confort, de 11 000 litres avec rampe de 20 disques enfouisseurs (4,30 m repliable)

Comparé à un épandage en plein classique, l’enfouissement salit très peu les plantes et les odeurs disparaissent dans l’heure qui suit le passage. © D.L.
Les disques réclament environ 30 ch de puissance de traction ­supplémentaire et engendrent plus d’entretien. © D.L.
La rampe, de 4,30 m, est repliable. Elle est également équipée d’une buse à l’arrière permettant d’épandre en plein sans dételer l’ensemble. © D.L.
Innovation. Des tonnes toujours plus précises

En épandage de lisier, des innovations arrivent régulièrement sur le marché. Elles permettent une meilleure précision de la répartition. John Deere a récemment présenté un capteur infrarouge monté sur l’ensileuse afin de mesurer la richesse du maïs. Ce même outil, nommé HarvestLab, peut s’installer sur une tonne à lisier et calculer la teneur en éléments fertilisants du liquide épandu. Associé à une carte de fertilisation, le capteur détermine en direct la quantité exacte de lisier à apporter sur chaque zone de la parcelle. Autre exemple : les coupures de tronçons sur les rampes via le positionnement GPS évitent de doubler la dose par endroits.

Du côté des rampes aussi, le choix est vaste avec des dents ou des disques adaptés à beaucoup de situations : chaumes, céréales, prairies… Cette diversité de solutions et la nécessité de travailler rapidement avec du matériel de grande capacité imposent le recours à des investissements collectifs via la Cuma ou l’ETA.

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