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Dossier. « Il ne faut jamais relâcher la vigilance »

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Dominique, Thomas et Jacques Daneau réussissent à gérer la dermatite digitée. © Jérôme Pezon

Le Gaec La Rogerie parvient à maintenir un bas niveau d’infection de la Mortellaro, grâce à la mise en œuvre de soins hebdomadaires réalisés en salle de traite.

Malgré l’approche de la retraite et la recherche d’un potentiel repreneur pour leur exploitation, Jacques et Dominique Daneau ne relâchent pas les soins apportés à leurs animaux. Pour lutter contre la dermatite digitée, ils appliquent un traitement collectif hebdomadaire en salle de traite, afin de prévenir le risque d’explosion infectieuse.
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Malgré l’approche de la retraite et la recherche d’un potentiel repreneur pour leur exploitation, Jacques et Dominique Daneau ne relâchent pas les soins apportés à leurs animaux. Pour lutter contre la dermatite digitée, ils appliquent un traitement collectif hebdomadaire en salle de traite, afin de prévenir le risque d’explosion infectieuse.

Ici, la maladie a été diagnostiquée suffisamment tôt et les éleveurs ont su maîtriser la contagion via ces traitements à la fois préventifs et curatifs. « La situation n’était pas trop dégradée. Environ 10 % des vaches étaient porteuses de lésions graves, associées à des boiteries, explique Jacques. Mais 10 %, c’est déjà trop, car une boiterie coûte cher. »

« Il n’y a plus de boiteuses dans le troupeau »

Depuis novembre 2015, le protocole de soins mis en place en collaboration avec leur vétérinaire, Nicolas Gaudout (clinique Vetformance), est le suivant : une fois par semaine, lavage des pieds de toutes les vaches en salle de traite (TPA 2 x 8) ; puis, à l’arrière du pied, badigeonnage au pinceau d’un produit de traitement à chacune. Le choix de cette première intervention préventive sur tous les animaux s’explique par la non-détection préalable des animaux infectés en l’absence de cage de contention. Lors de cette opération, les lésions actives sont facilement repérées : l’application du produit occasionne une légère douleur aux vaches.À la traite suivante, l’opération sera alors renouvelée sur ces seuls animaux, pour renforcer l’action curative du traitement. Le produit, utilisé pur, se compose de cuivre et de zinc chélatés sur une base acide (Hoof Clear, de la société Kanters). « Pendant deux ans, nous avons d’abord dilué le produit dans l’eau pour l’appliquer avec un petit pulvérisateur à dos. Mais la cicatrisation des lésions ne semblait pas aussi efficace, indique l’éleveur. N ous avons donc fonctionné sur ce principe pendant tout l’hiver dernier avec de bons résultats, avant de lever le pied sur les soins au printemps, période à laquelle le troupeau a accès à quelques hectares de parcours. Mais dès les mois de mai-juin, les boiteries sont réapparues. » Les traitements ont donc repris à un rythme hebdomadaire. « Aujourd’hui, il n’y a plus de boiteuse dans le troupeau. Nous réussissons à gérer la maladie, mais à l’instar des mammites, nous savons aussi qu’il faut vivre avec et ne pas relâcher la vigilance. Mais si elles sont prises en charge trop tard, c’est plus compliqué : elles ont tendance à se maintenir à un stade caractérisé par de longs poils autour de la plaie (stade chronique M4). »

Des lésions chroniques semblent s’être réactivées dès l’arrêt du traitement. « Tout l’enjeu vise à gérer les M4, rappelle Nicolas Gaudout. Si l’on constate trop de lésions chroniques de ce type, cela traduit une forme d’échec du traitement. Une bonne prise en charge doit amener à observer beaucoup de M3 (voir photo). Dans ce contexte où les éleveurs parviennent à maintenir un faible niveau d’infection, l’intérêt de ces traitements localisés est un coût divisé par deux, comparé au pédiluve. » Les éleveurs évoquent un rallongement du temps de traite de quinze minutes. Pour simplifier l’opération, ils ont testé un pistolet à pulvériser avec leur praticien. Il est branché à l’une des deux sorties du compresseur qui sert à activer les portes hydrauliques du quai de traite. L’essai semble efficace, capable de propulser un produit assez pâteux avec précision et surtout apportant plus de confort pour l’opérateur qu’avec le pinceau. « L’application est plus rapide, sans surconsommation de produit, avec 1 litre pour 40 à 50 vaches », observe Jacques. Gare cependant aux coups de pattes en salle de traite épis car le premier jour, les vaches ont eu tendance à taper, surprises par le bruit de la pression. Le biais de ce protocole est l’absence de prise en compte des lésions situées à l’avant du pied ou sur les antérieurs. Lorsqu’elles sont détectées, c’est donc le pareur qui prend en charge le cas individuellement. « Mais si l’on parvient à gérer la pression sur les pattes arrière, il y aura automatiquement moins de pression sur les antérieurs », souligne le praticien.

« L’humidité du bâtiment constitue un facteur de risque »

Pendant la traite, le racleur est programmé (trois à quatre fois par jour), et les logettes sont nettoyées et paillées pour préserver la propreté des pieds traités. Dans la stabulation, la faible densité animale (75 vaches pour 86 places au cornadis et en logettes) est un élément favorable au maintien de la propreté. En revanche, l’humidité des sols constitue un risque de développement des pathogènes : en effet, il s’agit d’un bâtiment plat, c’est-à-dire construit sans pente pour l’écoulement des jus. Un autre facteur de risque concerne les génisses qui, pour certaines, sont contaminées lors de la préparation au vêlage prévue dans le même lot que les adultes. C’est pourquoi toutes les vaches sont parées au tarissement afin de rééquilibrer le pied et de traiter les animaux porteurs de lésions par la pose d’un pansement. Ainsi, en dehors de la présence de la Mortellaro, il n’y a pas de problèmes d’origine mécanique au niveau des aplombs.

Jérôme Pezon
l’exploitation

    Gaec La Rogerie, à Courcité (Mayenne).

    3 UTH : Dominique, Thomas et Jacques Daneau.

    80 vaches à 9 800 kg de lait.

    175 ha de SAU, dont 50 ha de maïs, 90 ha de céréales et 35 ha d’herbe.

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