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Dossier. « Grâce au pédibrosse, nos vaches sont soulagées, et nous aussi ! »

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Daniel Jeunieaux et Charles Labdant. © Jean-Charles Gutner

Le pédiluve mis au point par le vétérinaire Étienne Baccus est équipé de brosses pour laver les pieds des vaches. Un moyen de renforcer l’efficacité du programme de lutte contre la dermatite digitée. L’EARL Jeunieaux-Portebois a testé le prototype.

Après deux ans d’attente, Étienne Baccus, vétérinaire d’élevage dans les Ardennes, a obtenu un brevet pour son pédibrosse désormais homologué aux normes européennes. Il s’agit d’un pédiluve mécanique équipé de brosses, conçu pour laver et désinfecter les pieds des vaches, et ainsi renforcer l’efficacité du protocole de lutte contre la dermatite digité...
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Après deux ans d’attente, Étienne Baccus, vétérinaire d’élevage dans les Ardennes, a obtenu un brevet pour son pédibrosse désormais homologué aux normes européennes. Il s’agit d’un pédiluve mécanique équipé de brosses, conçu pour laver et désinfecter les pieds des vaches, et ainsi renforcer l’efficacité du protocole de lutte contre la dermatite digitée (Mortellaro) et le fourchet. « Tous les produits sont efficaces pour lutter contre la Mortellaro, à condition que les pieds soient propres, rappelle le praticien. Face à la recrudescence de cette maladie, j’ai donc réfléchi à un dispositif qui puisse faciliter le travail des éleveurs, car il est parfois difficile de s’organiser pour laver les pieds en salle de traite. »

« Un format modulable selon la disposition des bâtiments »

Le pédibrosse se compose d’un bac en Inox d’une capacité de 1 000 litres, soit 2,50 m de long sur 1,10 m de large. « Le format est modulable selon la disposition des bâtiments. La règle étant de respecter une longueur minimum de 2,50 m pour que la vache pose chaque pied deux à trois fois dans le pédibrosse sans pouvoir sauter par-dessus. » Le bac a une pente de 4 % et une ouverture pour la vidange. À l’intérieur, six arbres sont disposés en parallèle et équipés de 10 à 15 brosses circulaires. Pour ces brosses, le praticien a choisi un type de nylon suffisamment rigide pour nettoyer les souillures et suffisamment souple pour ne pas agresser la peau. Les arbres sont actionnés par une chaîne animée par un moteur de 3 ch. « Mais 1 ch pour faire tourner suffit », précise Étienne Baccus. Le bloc-moteur est équipé d’un bouton d’arrêt d’urgence et a une consommation de 6 ampères.

Au-dessus des brosses est posé un caillebotis en Inox, avec un dispositif antidérapant. L’écartement est prévu pour que chaque brosse dépasse du caillebotis de 5,5 cm afin de nettoyer le pied jusqu’à la base des onglons auxiliaires. Dans la même logique, le caillebotis est disposé à 16 cm du bord du bac pour que la quantité de solution désinfectante soit suffisante pour recouvrir les pieds. L’ensemble réclame un minimum d’entretien, c’est-à-dire une clé de 17 pour tendre la chaîne et des graisseurs.

« Une amélioration notablequi a un coût élevé »

Sans attendre le brevetage du pédibrosse, les associés de l’EARL Jeunieaux-Portebois ont installé le prototype fin 2014 pour faire face à un problème majeur de dermatite. « Ce problème est apparu il y a une quinzaine d’années, lorsque nous sommes passés d’un mode de logement sur terre battue à une stabulation à logettes sur béton, souligne Daniel Jeunieaux. Malgré le maintien du pâturage de jour, nous étions confrontés à une forte prévalence des boiteries, entraînant des pertes d’état et des difficultés de mise à la reproduction. »

Avec le temps, l’éleveur évalue la contagion à 80 % du troupeau. En complément du parage, le protocole de soins mis en œuvre repose alors sur le lavage des pieds en salle de traite à l’aide d’une douchette et la pulvérisation d’un produit désinfectant sur les lésions. Une opération renouvelée matin et soir, une semaine sur deux. « Avec un tel niveau d’infection, ce protocole pouvait entraîner une augmentation du temps de traite de trois quarts d’heure. Aussi, lorsqu’Étienne Baccus nous a parlé de son prototype, nous avons décidé de l’installer à l’entrée de l’air d’attente. » Le passage dans le pédibrosse est programmé toutes les deux semaines pendant cinq jours d’affilée au minimum, le temps nécessaire pour sécher les lésions. Le produit utilisé, Pédidust, est une solution désinfectante de couleur bleue qui vire au brun lorsqu’elle est trop chargée en matière organique. Résultat : les associés sont enthousiastes, malgré un montant d’investissement élevé (18000 €). «  Un mois seulement après son installation, nous avons observé une amélioration sensible de la situation, caractérisée par une réduction de la taille des lésions et par une disparition des boiteries. »

« Maîtriser la dermatite avec un minimum de contraintes »

Pour compléter le dispositif, le raclage automatique des aires d’exercice est programmé au moment de la traite pour que les vaches retournent en stabulation sur un sol propre. Reste un facteur de risque favorable à l’humidité ambiante et donc au développement des bactéries : le bardage en bois ajouré de la stabulation est bouché par des tôles. Néanmoins, après un an d’utilisation, Daniel estime que seulement 5 % du troupeau est désormais porteur de lésions parfois douloureuses. « La dermatite n’a pas disparu, mais le pédibrosse est un moyen de la maîtriser, avec un minimum de contraintes. » Pour développer cet outil, Étienne Baccus a créé la société Bactiluve.

Jérôme Pezon

(1) www.bactiluve.com

    EARL Jeunieaux-Portebois, à Chatelet-sur-Sormonne (Ardennes).

    3 UTH : Marie-Cécile, Daniel Jeunieaux et un salarié, Charles Labdant.

    100 holsteins à 8 500 litres.

    50 allaitantes de race charolaise.

    290 ha de SAU, dont 65 ha de maïs-blé et 225 ha de prairies permanentes.

L’avis de…
« Le béton est favorable au développement des bactéries pathogènes » L’avis de… étienne baccus, vétérinaire dans les Ardennes

Étienne Baccus a élaboré un produit pour pédiluve à base de sels organiques (Pédisana). Son mode d’action consiste à abaisser le pH de la peau. « Légèrement acide par nature, le pH de la peau freine la multiplication des bactéries pathogènes, dont la plage de croissance optimale se situe autour de pH 7. Pour les bovins, évoluer en permanence dans un milieu basique ou neutre est donc un facteur de risque d’infection du pied, surtout en présence de lésions ou si la peau est fragilisée par l’humidité constante. Or, en stabulation, la neutralisation des bétons avec un acide est souvent insuffisante pour baisser un pH initial proche de 11, d’autant plus si les urines, également basiques, stagnent dans les couloirs. L’application de ces sels vise à recréer des conditions ­favorables aux bactéries ­normalement présentes sur la peau, aux dépens des pathogènes. »

Cent vaches traitées en moins de quinze minutes

Le pédiluve lutte efficacement contre la dermatite digitée.

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