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« L’introduction d’un mash a amélioré nos performances »

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Sébastien et Philippe Mauhourat renouvellent cette année l’expérience de 2018. © d.g.

Ration. Trop juste en ensilage maïs, le Gaec Mauhourat a remplacé une partie de ce fourrage par un mash riche en cellulose. Bien lui en a pris, car l’efficacité alimentaire­ améliorée s’est traduite par davantage de lait et de taux.

Même dans une région où le maïs est roi, l’ensilage plat unique de ce fourrage n’est pas nécessairement la panacée pour maximiser les performances laitières. Sébastien et Philippe Mauhourat, éleveurs dans les Pyrénées-Atlantiques, à une vingtaine de kilomètres de Pau, peuvent en témoigner. Précisons que leur assolement ne fait pas une grande place à l’herbe. Sur 85 ha...
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Même dans une région où le maïs est roi, l’ensilage plat unique de ce fourrage n’est pas nécessairement la panacée pour maximiser les performances laitières. Sébastien et Philippe Mauhourat, éleveurs dans les Pyrénées-Atlantiques, à une vingtaine de kilomètres de Pau, peuvent en témoigner. Précisons que leur assolement ne fait pas une grande place à l’herbe. Sur 85 ha de SAU, 60 ha sont dédiés au maïs et 14 ha au soja. Il ne reste donc qu’une dizaine d’hectares de prairies pour faire du foin, et assurer le pâturage des génisses et des taries. Les vaches en lactation ne sortent pas du bâtiment. « Dans la région, nous avons une tradition de maïsiculteurs. Un produit qui a souvent été rémunérateur et qu’il fallait maximiser. Même un éleveur laitier cherche toujours à vendre le plus possible de maïs grain. Et aujourd’hui, le soja est devenu une alternative intéressante au maïs », explique Sébastien.

« Nous en avons introduit 5,8 kg »

Maïs et soja sont semés en moins d’une semaine, dès qu’une fenêtre météo favorable se présente au printemps. Donc, pas de temps à perdre avec un ensilage d’herbe.

Depuis plusieurs années, la ration des vaches laitières se résumait donc à 14 kg de MS d’ensilage de maïs, 1 kg de foin, 1,5 kg d’enrubanné, et 3,8 kg de correcteur azoté avec 150 g de matière grasse protégée. La production laitière obtenue ainsi reste satisfaisante avec une moyenne économique à plus de 10 000 kg par vache. D’autant que le bâtiment est plus que saturé : 55 vaches pour 40 places. Seuls les taux ne satisfaisaient pas les éleveurs : 39,7 de TB et 30,9 de TP. Mais ce ne fut pas la raison du changement qui est intervenu en 2018. « À l’automne 2017, nous avons dû ensiler le maïs très tôt car l’année était précoce. Et nous nous sommes fait surprendre par un stock d’ensilage insuffisant. En général, avec 19 ha ensilés, nous passons. Là c’était trop juste pour attendre septembre 2018. » Les éleveurs avaient la possibilité de passer en ration sèche à partir du mois de juillet en faisant appel à leur fournisseur Sanders Euralis, mais sur les conseils de Pierre Dabbadie, leur interlocuteur chez Sanders, ils ont préféré anticiper et éviter deux transitions alimentaires pendant l’été. La décision a été prise d’économiser 2 kg de matière sèche par jour et par vache d’ensilage maïs dès le mois de janvier et d’intégrer à la ration 5,8 kg de mash, qui remplace aussi le correcteur azoté. Ce mash, spécialité de Sanders, associe coque de soja, pulpe de betterave, tourteaux de soja et de colza. La coque de soja est un coproduit des cultures de la région, donc non OGM. Les graines de soja sont dépelliculées avant d’en extraire l’huile. Il en résulte un produit très riche en cellulose, énergétique et sécurisant vis-à-vis du risque d’acidose. Depuis janvier 2018, la ration des laitières est donc passée à 12 kg d’ensilage de maïs, 1,7 kg de foin et d’enrubanné en libre-service, 5,8 kg de mash, 270 g de minéraux et 50 g de bicarbonate et toujours 150 g de matière grasse. Les éleveurs ont également intégré de la méthionine protégée.

« La sole en maïs et soja pourra augmenter »

Un an après, la production laitière a légèrement progressé, passant en moyenne sur l’année 2018 de 33,02 litres/vache/jour à 33,55 litres. Mais le TP moyen a fait un bond à 33,4. « Ces résultats ont été obtenus malgré un été caniculaire dans la région qui a beaucoup pénalisé les performances laitières. J’ai aussi des vaches plus en état et les performances de reproduction ont été améliorées », affirme Sébastien. « En introduisant ce mash, nous avons augmenté la part de cellulose et réduit l’amidon (de 27,4 à 24,5 %) ce qui a amélioré la digestibilité de la ration », ajoute Pierre Dabbadie. Un levier d’autant plus efficace que les maïs semés ici sont typés « grains », avec des valeurs en amidon élevées et une digestibilité moyenne : 0,90 UFL à 0,91 UFL sur les dernières analyses. Avec un prix du mash de 341 €/t, et l’apport de méthionine, le coût alimentaire a augmenté en 2018, passant de 3,91 €/vache/jour à 4,44 €. « Mais avec l’augmentation de la production et des taux, la marge alimentaire passe de 6,40 €/vache/jour à 6,55 €. Un bénéfice de 15 centimes qui équivaut à 2 573 € sur l’année et cela malgré un creux marqué en juillet, août et septembre où la marge est descendue à 5,70 €/VL/j », argumente Pierre Dabbadie. Un résultat qui a satisfait les éleveurs puisqu’ils continuent sur la même voie en 2019. « Nous ferons un peu plus de maïs ou de soja. »

Dominique Grémy

    À Espoey (Pyrénées-Atlantiques)

    Gaec : Sébastien et Philippe Mauhourat­

    85 ha de SAU, dont 60 ha de maïs et 14 ha de soja

    56 prim’holsteins à 10 000 kg, 40,2 de TB et 33,4 de TP

    Bâtiment aire paillée

    Zéro pâturage

Composition. Le mash choisi combine coque de soja, pulpe de betterave, tourteaux de soja et de colza. © D.G.
L’avis de
« L’objectif : tenir l’amidon total dans la ration à moins de 25 % » L’avis de Albert Mays, conseiller troupeau, chambre d’agr. Pyrénées-Atl.

« Cette stratégie a été la bonne car elle a permis de faire plus de lait et de taux sans dégrader la marge alimentaire. Preuve que l’efficacité de la ration a été améliorée.

Dans la région, avec les rations à plat unique­ ensilage maïs très riches en amidon, nous avons un risque d’acidose élevé qui se caractérise par la difficulté à faire du TB. Lorsqu’il est impos­sible d’introduire de l’ensilage d’herbe, l’apport de coque de soja et de pulpe de betterave est très intéressant avec un effet lactogène qui permet d’aller chercher de la performance.

Il y a quelques années, des éleveurs avaient essayé d’introduire des ensilages de méteil en interculture, mais ils ont été déçus par la qualité très hétérogène de ce fourrage. L’objectif est toujours de tenir le pourcentage d’amidon­ total dans la ration à moins de 25 %. »

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