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Mort subite :la crise cardiaque, fausse raison

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Tétanie au pâturage. Même si les facteurs de déclenchement sont bien connus, elle reste en tête des morts subites. © Claudius Thiriet

La crise cardiaque ne sera invoquée qu’après avoir éliminé les autres causes de mort subite.

Les éleveurs de notre clientèle perdent, par mort subite, une vache tous les deux ans à deux vaches par an. La crise cardiaque est la raison qu’ils invoquent souvent. En réalité, c’est la dernière que l’on avancera après avoir éliminé toutes les autres. Certaines morts subites sont rares mais il faut les avoir à l’esprit. Par exemple, à cause d’une barrière mal fermée, une consommation...
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Les éleveurs de notre clientèle perdent, par mort subite, une vache tous les deux ans à deux vaches par an. La crise cardiaque est la raison qu’ils invoquent souvent. En réalité, c’est la dernière que l’on avancera après avoir éliminé toutes les autres. Certaines morts subites sont rares mais il faut les avoir à l’esprit. Par exemple, à cause d’une barrière mal fermée, une consommation accidentelle de blé, ou orge inerté, ou en farine provoque une acidose lactique suraiguë. Si un sac d’urée ou de chlorure de potassium est accessible, la vache peut aussi s’intoxiquer avec une faible quantité. Ces engrais ont un goût amer que les vaches apprécient. Des intoxications végétales existent également. Les plus connues sont la météo­risation par excès de trèfle blanc dans la prairie, la consommation d’if ou d’œnanthe safranée, une ombellifère qui pousse le long des ruisseaux.

Les cinq casles plus fréquents

Les morts subites les plus fréquentes sont d’origine alimentaire et infectieuse. J’en identifie cinq.

Fièvre de lait et tétanie au pâturage. Même si elles se rencontrent moins aujourd’hui, elles restent au premier rang des morts subites. Sans surprise, elles sont dues à une hypocalcémie ou hypomagnésémie. À noter que la tétanie se produit une à six semaines après le vêlage. On sait que le risque est accru quand la ration principale est une herbe pâturée jeune, fertilisée, composée de légumineuses riches en potassium. Les nuits froides sont un facteur aggravant.

Conseil : dès les premiers signes de raideur dans la marche, de tremblements, d’anorexie, il faut rentrer la vache en stabulation et la traiter par 15 g de calcium sous forme de gluconate intraveineux, associé à du magnésium en cas de tétanie. L’autre solution est préventive : un bolus de calcium juste après le vêlage ou 50 g par jour d’oxyde de magnésium au moment de la mise à l’herbe.

Entérotoxémie. La vache peut héberger le germe pathogène Clostridium perfringens dans son tube digestif. Sous l’effet d’un stress (vêlage difficile, changement brutal d’alimentation), le germe se multiplie de façon exponentielle et provoque une congestion intense de l’intestin.

Conseil : à la deuxième mort pour cette raison dans l’année, ne pas hésiter à vacciner. L’entérotoxémie est identifiée par une autopsie réalisée rapidement. Elle révèle des lésions intestinales typiques, dont une couleur rouge brique de la paroi.

Hémorragie pulmonaire provoquée par un abcès. Elle s’exprime par du sang en grande quantité aux deux naseaux. L’abcès provient souvent d’une infection locale mal soignée (boiterie, mammite, ferrage). L’infection s’embolise dans la veine cave, ce qui provoque une hémorragie.

Conseil : au moindre saignement des deux naseaux, réformer le plus rapidement possible la vache.

Attention. Lors du traitement de la boiterie, mais aussi d’une mammite ou d’une pneumonie, ne pas donner un ­anti-inflammatoire plus de deux jours. La vache pourrait déclencher sinon un ulcère hémorragique de la caillette, voire perforant. Le stress, provoqué par la maladie est en effet ulcérogène. L’anti-inflammatoire accentue cet état.

Hémorragie digestive. Il s’agit de plus en plus du syndrome hémorragique jéjunal. Au niveau du jéjunum, une portion localisée de l’intestin s’est nécrosée entraînant la formation de gros caillots.

Conseil : éviter les périodes prolongées d’acidose.

Septicémie colibacillaire et salmonellose. Si une diarrhée est concomitante à une mammite, ces symptômes sont potentiellement mortels.

Conseil : appeler le vétérinaire pour appliquer rapidement un traitement intensif.

On le voit bien, sans l’autopsie, on ne pourrait pas identifier clairement un certain nombre de morts subites et prendre les mesures nécessaires. Il faut la réaliser dans les vingt-quatre heures.

vétérinaire à percy (manche)
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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