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11 500 € d’antibio pour 100 vaches, on fait quoi  ?

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Le protocole de soins. Il aborde la prévention de l’apparition des maladies, indique les modalités de traitement et décrit les critères d’alerte devant déclencher l’intervention du vétérinaire. © Claudius THIRIET

Bilan sanitaire. Cette visite obligatoire aura permis une meilleure prescription et la définition des points de prévention. L’éleveur n’a pas donné suite au conseil pour réduire les mammites. Dommage.

J’ai rendez-vous pour un bilan sanitaire et un protocole de soins chez un nouveau client. Il s’agit d’un élevage de 100 vaches laitières en zone herbagère. Le bilan sanitaire à renseigner a été envoyé ainsi que les informations générées par BDIVET (qualifications sanitaires, mouvements d’animaux, réformes et mortalités). J’apporte les chiffres des actes et des médicaments...
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J’ai rendez-vous pour un bilan sanitaire et un protocole de soins chez un nouveau client. Il s’agit d’un élevage de 100 vaches laitières en zone herbagère. Le bilan sanitaire à renseigner a été envoyé ainsi que les informations générées par BDIVET (qualifications sanitaires, mouvements d’animaux, réformes et mortalités). J’apporte les chiffres des actes et des médicaments prescrits et délivrés dans l’année. Le bilan 2019 est de 1 000 euros HT pour les actes et 19 000 euros HT de médicaments, dont 11 500 euros HT d’antibiotiques toutes pathologies confondues et 6 000 euros pour les mammites. Ces chiffres m’ont évidemment interpellé. C’est le ratio actes/achats de médicaments qui est alarmant : 5 % d’actes pour 95 % de médicaments. Pour 100 vaches traites en moyenne, le coût moyen des mammites devrait être d’environ 1 500 euros HT.

Les principaux points du bilan sanitaire

L’élevage compte une trentaine de réformes dans l’année et 26 mortalités tout âge et sexe confondus. Le résultat est de 155 000 cellules en moyenne annuelle, avec un tri de lait qui permet une régulation des concentrations cellulaires de tank et d’alimenter partiellement les veaux. Pour les mammites, j’ai demandé des compléments d’information qui n’étaient pas immédiatement disponibles et synthétisés, mais dispersés dans d’autres documents d’élevage, dont ceux du contrôle laitier.

Les résultats de l’épidémiologie­

Les éléments synthétisés par mes soins sont les suivants :

82,77 % de vaches ont des comptages inférieurs à 300 000 cellules/ml en moyenne durant l’année ;

la concentration cellulaire de tank moyenne de l’année est de 264 000 cellules ;

73 % de mammites cliniques, 50 % des vaches touchées.

75 % des vaches ont des gros quartiers qui pourraient justifier éventuellement l’utilisation d’antibiotiques par voie générale ;

18 % de vaches ont un comptage supérieur à 300 000 cellules avant l’épisode infectieux ;

la guérison en lactation est de 85 % ;

la guérison en période sèche est de 75 % ;

l’indice de nouvelles infections en période sèche est de 12 %.

Que faut-il retenir ?

Il y a beaucoup de mammites cliniques et des cellules révélées par les résultats du contrôle laitier. Ce sont les vaches saines qui font des mammites et non les vaches à cellules. Dans le cas contraire, un pourcentage important d’animaux auraient des comptages élevés avant l’épisode clinique. Il s’agit de mammites d’environnement. La bactérie la plus prédominante est Streptococcus uberis, même si je ne peux écarter Escherichia coli.

Malheureusement, ce n’est pas un cas isolé

L’analyse des documents d’élevage a permis de mettre en place un protocole de soins afin de mieux traiter les mammites en lactation et au tarissement, tout en diminuant le risque d’antibiorésistance. J’ai indiqué également les modalités générales de prévention. L’éleveur n’a pas répondu favorablement à une offre de ser­vices pour réduire le nombre de mammites cliniques et atteindre une meilleure maîtrise de la qualité cellulaire­.

Ce ratio actes/médicaments n’est pas un cas isolé, loin de là. Dans la mesure où les données sont accessibles et facilement synthétisables (ce n’était pas le cas pour cet élevage, où chacun a donné beaucoup de temps), ces prescriptions pré­cises et des recommandations adaptées à l’élevage peuvent entrer dans le périmètre du bilan sanitaire et du protocole de soins.

Dans le cas contraire, cette prestation doit s’inscrire dans une offre de services proposée par la structure vétérinaire. Son coût sera de toute façon très facilement rentabilisé compte tenu du niveau de prescription et de délivrance, dont une partie est largement injustifiée.

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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