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« Rien n’est acquis pour la compétitivité de la filière française »

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Notre balance commerciale en produits laitiers avec l’UE se dégrade­ depuis plusieurs années et les importations de fromages­ augmentent. Comparée à ses voisins, la France souffre d’un ­développement­ moins rapide de sa production laitière.

Peut-on imaginer une France déficitaire en produits laitiers ?
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Peut-on imaginer une France déficitaire en produits laitiers ?

Vincent Chatellier : La France est depuis plusieurs décennies excédentaire en produits laitiers et dispose de sérieux atouts dans ce secteur : des surfaces fourragères en abondance avec des rendements souvent élevés ; un coût de production du lait inférieur à celui de nombreux autres pays ; un savoir-faire industriel reconnu ; une diversité exceptionnelle de produits finis ; une notoriété auprès de certains grands pays acheteurs soucieux de la qualité des biens importés ; un modèle productif, certes perfectible, mais plus respectueux de l’environnement et du bien-être animal que dans d’autres pays. En 2017, le solde commercial de la France s’élève à 3,5 milliards de litres en équivalent lait, soit environ 20 % de la consommation intérieure. Rien n’est cependant acquis pour l’avenir. Pour revenir progressivement à une situation déficitaire, il suffirait de conjuguer simultanément une bonne résistance de la consommation intérieure de produits laitiers, une augmentation des importations en fromages ingrédients à bas prix en provenance des pays européens, une absence de volonté des groupes industriels français présents à l’international de développer les exportations à partir de lait collecté dans l’Hexagone, et une rémunération insuffisante des éleveurs, ce qui aurait pour effet de freiner les investissements, lesquels sont d’autant plus nécessaires que le renouvellement générationnel est un enjeu fort.

Comment expliquez-vous la dégradation du solde commercial de la France en produits laitiers avec nos voisins de l’UE ?

V.C. : Le solde commercial de la France en produits laitiers avec les États membres de l’UE s’élève à 492 millions d’euros en 2017 alors qu’il culminait à 1,72 milliard d’euros en 2012. Outre la conjoncture de prix, cette dégradation s’explique par le développement rapide de la production laitière dans plusieurs pays européens depuis la fin des quotas, ce qui accentue la pression concurrentielle interne à l’UE ; la hausse des importations en fromages (dont ceux ingrédients à bas prix utilisés en agroalimentaire) qui atteignent environ 350 000 tonnes en 2017 ; la faible dynamique démographique dans plusieurs pays clients. Ce recul du solde commercial est plus lié à la modération productive de la France depuis la fin des quotas et aux options arrêtées par les acteurs industriels qu’à un déficit de compétitivité des exploitations.

La dépendance de la France aux importations chinoises de poudre de lait infantile est-elle inquiétante ?

V.C. : Les exportations de la France en produits laitiers vers la Chine sont passées de moins de 50 M€ par an sur la période 2000 à 2010 à 655 M€ en 2017 (dont 44 % de lait infantile). La France est aujourd’hui le second exportateur européen vers la Chine, mais loin derrière les Pays-Bas (1,27 md€). La Chine représente 9 % des exportations françaises de produits laitiers en 2017, ce qui correspond à environ 2,5 % de la production laitière nationale. Sans mésestimer les difficultés commerciales de certains industriels français, il demeure essentiel de rester à l’écoute des attentes de ce pays où la demande intérieure croît plus vite que la production et où les coûts de production du lait sont assez élevés.

La loi Égalim aura-t-elle une influence sur la compétitivité de la filière ?

V.C. : Il faut attendre pour constater les effets concrets de cette loi plutôt que de spéculer sur ses effets supposés en matière de compétitivité. Dans une économie ouverte, notre compétitivité relative dépendra pour beaucoup des stratégies adoptées par nos concurrents, essentiellement européens. Si la « montée en gamme », notion souvent insuffisamment bien définie dans les débats, a beaucoup focalisé l’attention, celle de la hausse de nos importations de produits à bas prix en provenance de pays voisins doit aussi faire l’objet d’une grande vigilance. Au-delà des dispositions de cette loi (seuil de revente à perte, encadrement des promotions, élaboration d’indicateurs, intégration accentuée de produits locaux dans la restauration collective), la manière dont les acteurs, surtout ceux de la grande distribution, vont réagir aux différentes options arrêtées sera évidemment déterminante.

Propos recueillis par Dominique Grémy
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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