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Un bilan azoté du troupeau pour progresser

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, expliquent Marie et Loïc Brard. © J.Pezon

Autonomie. Engagés dans un système de production herbager et économe, Marie et Loïc Brard ont réalisé un bilan azoté du troupeau qui a contribué à identifier des gains potentiels d’efficacité.

Dans une logique de maîtrise des coûts, Avenir Conseil Élevage (ACE) propose aux éleveurs de réaliser le bilan protéique de l’atelier lait. Concrètement, le conseiller calcule la quantité de protéines (produites et achetées) utilisées pour produire 100 000 litres de lait. Puis, le résultat est mis en balance avec les besoins théoriques du troupeau afin de mesurer l’efficacité du systè...
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Dans une logique de maîtrise des coûts, Avenir Conseil Élevage (ACE) propose aux éleveurs de réaliser le bilan protéique de l’atelier lait. Concrètement, le conseiller calcule la quantité de protéines (produites et achetées) utilisées pour produire 100 000 litres de lait. Puis, le résultat est mis en balance avec les besoins théoriques du troupeau afin de mesurer l’efficacité du système d’alimentation et d’identifier des sources d’économies potentielles. Des besoins trop élevés peuvent être le signe d’un renouvellement excessif, de vêlages tardifs ou d’un manque d’efficacité des concentrés… « Dans le cadre du suivi de la marge brute que nous réalisons avec Avenir Conseil Élevage, nous avons fait ce calcul pour savoir où sont nos marges de progrès et être meilleurs dans notre système », explique Marie Brard. Au cœur du bocage de l’Avesnois, ce système repose sur la valorisation d’une importante surface en prairie naturelle. Un enjeu que les jeunes éleveurs se sont approprié depuis leur installation hors cadre familial en 2015, à travers la mise en place du pâturage tournant et l’amélioration de la qualité de surfaces en herbe parfois dégradées.

Fermeture du silo de maïs avec 27 ares d’herbe au printemps

Leurs atouts : des conditions pédoclimatiques favorables à la pousse de l’herbe, sans trou d’été, et un bloc de 18 ha de pâtures directement accessible depuis la stabulation pour les laitières. Le choix d’intégrer des simmentals et d’élever des bœufs à l’herbe est aussi un moyen de valoriser des parcelles plus éloignées en maximisant le produit viande. Le troupeau compte onze vaches de race simmental de bonne origine. « À terme, l’idée est que cette race soit majoritaire, tout en conservant les meilleures souches holsteins. »

La conduite du pâturage commence par un déprimage précoce des pâtures et des prés de fauche. « Fin février, les vaches sortent une ou deux heures sur une parcelle différente chaque jour pour limiter le piétinement, explique Loïc Brard. Il y a peu de volume à cette période, mais cela permet de consommer l’herbe résiduelle, de laisser passer la lumière et de créer un décalage de hauteur d’herbe entre les paddocks avant le démarrage de printemps. »

Les dix-huit hectares dédiés aux laitières sont divisés en une vingtaine de paddocks d’un jour. Cette surface de 27 ares/VL (18-65 vaches traites en moyenne) permet de fermer le silo de maïs en mai et juin, avec une complémentation à base de maïs grain, pour une production de 18 à 22 litres/VL. En été, 7 ha supplémentaires sont exploités en affouragement à l’auge, soit 25 ha d’herbe ou 38 ares/VL.

Zéro correcteur azoté de mi-avril à mi-juillet

Cette conduite amène à faire l’impasse sur le correcteur dès que la part de maïs dans la ration est inférieure à 20 kg bruts, c’est-à-dire de mi-avril à mi-juillet. « Au mois d’août, il faudrait au minimum 40 ares/VL pour pouvoir maintenir le silo de maïs fermé, précise Loïc Brard. Mais même à cette période, nous ne distribuons jamais plus d’une demi-ration à l’auge. » La ration est équilibrée à 30 kg de lait. En 2018-2019, elle comprend :

30 kg bruts de maïs ;

12 kg d’ensilage d’herbe préfané au stade deux nœuds du ray-grass ;

8 kg de pulpe de betterave supressée ;

3 kg de correcteur soja-colza (70/30) ;

un peu de tourteau tanné distribué à la gamelle en début de lactation.

La densité de 0,94 UFL et 100 g de PDI par kg de matière sèche ingérée ne vise pas à exprimer au maximum le pic de lactation. Elle correspond à une logique de limitation des rejets azotés et d’optimisation des performances de reproduction. De la même manière, pour limiter les gaspillages, le taux d’urée dans le lait est piloté entre 220 et 250 g : « S’il est supérieur, nous réduisons la part de correcteur, mais dans les faits, celui-ci est relativement stable. »

Des analyses foliaires pour adapter la fertilisation

Dès l’âge de 6 mois, les génisses sont aussi conduites sur le principe du pâturage tournant, comme les bœufs pendant la phase d’engraissement. À l’étable, ces derniers sont nourris au foin. Leur mise à l’herbe précoce permet de faire un déprimage des parcelles de fauche en sortie d’hiver, tandis qu’à la fin de l’automne, ils font également un dernier passage qui sert à nettoyer les pâtures.

Dans ce système, l’entretien des prairies est en effet une préoccupation forte. Fin juin, le topping est pratiqué sur toutes les pâtures : cela consiste à faucher les refus et à les faire consommer au sol par les animaux. Un moyen de couper les épis pour favoriser des repousses de qualité. Le recours à des analyses foliaires a permis de mieux cibler la fertilisation. « Il ne faut pas se focaliser sur l’azote, rappelle Loïc. Ces analyses ont montré que nos sols manquaient de potasse et de calcium. Sur les parcelles plus dégradées, l’association des amendements de fond, la fertilisation azotée et une conduite du pâturage rigoureuse redressent progressivement la qualité de la flore. Là où il y avait beaucoup de fétuques ovines, le ray-grass réapparaît et les rendements progressent. » En 2019, la première coupe d’ensilage de prairie permanente, récoltée au stade deux nœuds du ray-grass à 41,3 % de matière sèche, affiche une valeur de 14,8 % de MAT, 0,91 UFL, 93 g de PDIN, 79 g de PDIE et 30 g de PDIA. Ainsi, en s’appropriant la culture de l’herbe, le couple a mis en place en peu de temps un système économe et autonome (même si la mauvaise récolte d’herbe 2018 a conduit à acheter de la pulpe). Il en découle une bonne maîtrise du coût alimentaire (82 €/1 000 l) et une marge brute supérieure au groupe (261 € contre 245 €/1 000 litres). Le chargement de seulement 1,54 UGB/ha offre même des perspectives d’augmentation du lait par hectare, au regard du potentiel agronomique.

Mais l’ambition du couple n’est pas dans l’intensification. Profitant d’une cave dans la maison d’habitation, ils ont développé un projet de fabrication fromagère, celle de tomme à pâte pressée cuite, de 8 à 10 kg, lancée cette année avec un objectif de 40 000 litres transformés par an.

Jérôme Pezon

    EARL du Bois des Bouleaux

    À Robersart (Nord)

    2 associés : Marie et Loïc Brard, et un salarié à temps plein

    75 vaches, dont 64 holsteins et 11 simmentals, à 7 910 kg de lait, 46,6 de TB et 32,5 de TP

    117 ha de SAU, dont 80 ha de prairies permanentes, 17 ha de maïs, 16 ha de blé et 4 ha d’orge

    Engrais : 30 bœufs à l’herbe/an

    Transformation : fabrication de tommes de 8 à 10 kg lancée en 2018

Efficacité du correcteur. La ration des laitières est sans concentré de production, avec l’équivalent de 120 g/litre de correcteur azoté. L’urée du lait, pilotée entre 220 et 250 g, est un moyen d’ajuster les quantités distribuées. © J.P.
L’avis de…
« Il faut d’abord couvrir les besoins théoriques » L’avis de… Vincent Falys, conseiller Avenir Conseil Élevage

« Avant de faire des économies sur la protéine, il faut couvrir les besoins théoriques du troupeau­. Ici, le taux de couverture de 109 % est conforme aux objectifs. En deçà, il y a un fort risque de sous-alimentation protéique. Pour produire 100 000 litres de lait, l’EARL apporte un peu moins de MAT que le groupe de référence (+ 60 % d’herbe dans la SFP) : 16 769 kg contre 16 907 kg. Cela grâce aux pratiques d’amélioration des prairies naturelles mises en œuvre. Un stade de lactation moyen bas en hiver (6,3 mois) facilite aussi une utilisation efficace­ des concentrés (120 g/l). Les besoins en MAT restent néanmoins supérieurs à la moyenne ACE de 14 315 kg/100 000 l. En cause, un niveau de production inférieur : il faut plus de vaches pour faire le même volume de lait. Il y a donc plus de besoins d’entretien. De plus, à l’instar d’autres races mixtes, la simmental a aussi davantage de besoins d’entretien. Il ne faut pas pour autant tirer de conclusions hasardeuses concernant­ les effets de ce besoin en MAT sur la marge.

D’autres caractéristiques de la race peuvent compenser ce surcoût. D’ailleurs, en 2018-2019, l’EARL dégage une marge brute de l’atelier lait supérieure à la moyenne, soit 261 €/1 000 litres contre 245 €. »

Ensilage. La récolte a un impact sur les PDI

Pour produire 100 000 l de lait, les éleveurs les plus efficients ont besoin de 13 t de MAT, là où ce sont 19 t pour d’autres. La moyenne ACE est de 14 t. Cet écart s’explique surtout par le lait/vache, car la productivité permet de diluer les besoins d’entretien. « Mais qu’il s’agisse de vaches à 5 000 litres ou à 12 000 litres, la règle en matière de rationnement est de viser un apport de 100 g de PDI/UFL, dont 70 % de PDIE et 30 % de PDIA, rappelle Benoît Verrièle, nutritionniste chez ACE. Avec des hautes productrices en début de lactation, on peut monter jusqu’à 50 % de PDIA, via l’apport de tourteau tanné ou de drèches. Le premier levier sur lequel l’éleveur à la main pour répondre aux besoins est le taux de matière sèche et la bonne conservation des ensilages d’herbe. » En effet, la même herbe récoltée sans conservateur, à 33 % de MS, a une valeur théorique de 78 g de PDIE/kg (facteur limitant), là où une herbe à 55 % monte à 93 g : c’est-à-dire un gain de 100 g de PDIE avec 4 kg d’herbe distribuée, soit l’économie de 1 kg de tourteau tanné. De la même manière, avec une herbe récoltée à 25 % de MS, l’utilisation de conservateur autorise un gain de 10 g de PDIE/kg (de 68 à 78 g). « L’impasse sur le conservateur se justifie dans les cas suivant : une récolte supérieure à 40 % de MS, l’absence de terre et une MAT inférieure à 20 %. »

Au-delà, l’acidification devient difficile.

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