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« La prochaine PAC sera une rupture majeure »

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Sylvain Marmier, en Gaec de 5 associés et 2 salariés pour 1,3 Ml de lait AOP à comté, est producteur dans le Haut-Doubs. Responsable professionnel de Bourgogne Franche-Comté (chambre d’agriculture, Crédit Agricole, CES, Afdi…), il est aussi présent à Bruxelles. Président du Centre européen des jeunes agriculteurs (en 2003), vice-président d’Euromontana (lobby montagne) chargé de la PAC pendant dix ans (2005-2015), il participe désormais au © A. B.

Plus verte, la PAC 2021-2027 risque d’être moins généreuse. Les discussions en cours à Bruxelles reprennent les propositions de Phil Hogan, l’ancien commissaire à l’agriculture. Il est question de volumes d’aides en baisse (- 15 % en euros constants), d’un accroissement des exigences environnementales et du passage d’une politique de moyens à une politique de résultats.

Avec un green deal et un Parlement renouvelé et plus urbain, l’environnement va-t-il devenir l’alpha et l’oméga de la PAC ?
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Avec un green deal et un Parlement renouvelé et plus urbain, l’environnement va-t-il devenir l’alpha et l’oméga de la PAC ?

Sylvain Marmier : On est sur un changement de modèle profond. Les DPB (droits au paiement de base) qui constituent 80 % du volume du premier pilier (1) pourraient passer à 50 %. Les 30 % de différence seraient attribués via des « éco-schemes », destinés à obliger les agriculteurs à aller vers plus d’environnement. Ce dispositif est encore flou. L’UE reconnaîtra-t-elle, par exemple, les efforts déjà réalisés ? Les cahiers des charges AOP-IGP vaudront-ils engagement dans l’éco-scheme ?

Quelles conséquences peut-on craindre pour les régions laitières mais aussi pour les zones herbagères et de montagne ?

S.M. : Plus que sur le fond, mes craintes portent sur la façon dont les nouvelles règles environnementales pourraient être appliquées en agriculture. Si l’on choisit de demander aux agriculteurs de prouver qu’ils ont réduit leur volume d’engrais ou de produits de traitement, alors on risque d’aller vers un green deal dogmatique qui tuerait l’innovation, active au sein des filières et des territoires. Idem si l’on demande aux éleveurs de prouver que l’herbe est amélioratrice pour l’effet de serre via des diagnostics et des plans d’action CO2. Mes craintes sont fondées : à Bruxelles comme à Paris, la vision très technocratique est omniprésente, avec 8 000 indicateurs identifiés. Et elles sont d’autant plus vives que la France surtranspose tout le temps, trop et mal, les textes européens. De plus, outre le cadre européen et les plans stratégiques nationaux, les régions auront aussi leur mot à dire.

Autour de quelles priorités les éleveurs doivent-ils se mobiliser ?

S.M. : Dans un contexte économique difficile pour l’agriculture, les filières doivent dire quelles sont les aides mini­males qu’elles veulent défendre, vers quoi elles veulent aller et quels pourraient être leurs propres indicateurs.

L’ICHN, contestée par Bruxelles car ne favorisant pas suffisamment le changement de modèle, devra être défendue. Cette aide a permis d’investir dans des zones difficiles, où il y avait un retard énorme en matière de modernisation des exploitations. L’herbe doit être reconnue dans le premier pilier (au titre des éco-schemes car amélioratrice de gaz à effet de serre) et dans le second (via l’ICHN).

Le dispositif Omnibus, qui a donné aux filières sous signe de qualité la possibilité de réguler leur volume, devra aussi être reconnu dans la nouvelle PAC. Ce n’est pas gagné. C’est un combat essentiel pour responsabiliser les acteurs des filières, et éviter de poursuivre la fuite en avant destructrice d’augmentation des volumes, qui conduit à une baisse des revenus et du nombre d’exploitations. La loi Égalim ne permettra pas d’aller vers l’avant si les règles euro­péennes ne l’autorisent pas. Pour l’instant, les enjeux de la PAC ne sont pas bien posés. Il y a aussi trop peu de réflexion sur la gestion des risques (sanitaires, environnementaux, climatiques, pénaux…).

La crise du coronavirus peut-elle bousculer les logiques en cours ?

S.M. : Comme le démontre cette crise, l’agriculture est fondamentale. Le monde aura besoin de plus en plus d’alimentation. Je crois à la relocalisation des productions pour des raisons environnementales et sociales. Une nouvelle PAC intelligente pourrait être un outil d’accompagnement au service des agriculteurs et des filières. Les futurs programmes opérationnels, ces aides à l’investissement octroyées dans le cadre d’une organisation de filière pour moderniser, organiser, innover collectivement, pourraient y concourir.

Aux filières de se saisir de ces nouveaux outils pour construire des modèles rémunérateurs, cohérents avec leur environnement et leur marché.

Propos recueillis par Anne Bréhier

(1) Aides directes et organisation commune de marché. Le reste étant les aides couplées, telles que la prime vache allaitante, le soutien aux JA et le verdissement.

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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