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« Le vote contre une grande AOP camembert est un coup dur »

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Stanislas Delabasle est président de l’Union des producteurs de lait AOP camembert de Normandie, pont-l’évêque et livarot. Les 500 producteurs (200 Ml) sont répartis dans 5 OP qui négocient directement avec les fromagers Lactalis, Gillot, Réo (groupe Maîtres Laitiers) et Fromagers de tradition (Triballat). La coopérative Isigny­ y est également représentée. Il conduit, avec son épouse et un salarié, 130 normandes dans l’Orne. © c.H

L’interprofession de l’AOP camembert de Normandie vient de voter contre la déclinaison de l’appellation en deux camemberts. Cette évolution devait signer la fin de la guerre avec le « fabriqué en Normandie » et ouvrir l’appellation à de nouveaux éleveurs.

L’ODG camembert de Normandie (interprofession) s’est prononcé le 29 janvier contre les nouvelles conditions de production. Quelle est la conséquence de ce vote ?
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L’ODG camembert de Normandie (interprofession) s’est prononcé le 29 janvier contre les nouvelles conditions de production. Quelle est la conséquence de ce vote ?

Stanislas Delabasle : L’objectif était de clore le conflit qui dure depuis des années entre l’appellation et le camembert sous mention « fabriqué en Normandie ». Les représentants des producteurs et des fromagers à l’ODG n’y sont pas parvenus. Il revient à l’Inao de faire d’autres propositions ou de mettre fin au « fabriqué en ». Leur vote portait sur son intégration dans une grande AOP camembert de Normandie, avec la création­ de deux sections – une pour cette mention et une pour l’AOP actuelle – et le renforcement des conditions­ de production des deux camemberts. Schématiquement, aujourd’hui, en dehors de la réglementation, le premier n’a pour contrainte que la zone de collecte­ : la Normandie. Le second répond à des exigences sur la race (normande), sur l’alimentation (pâturage) et la qualité du lait (lait cru).

Au lancement de la révision de l’AOP, il y a deux ans, les producteurs ont exprimé une grande réticence au projet exposé. Vos craintes avaient-elles pu être levées ?

S.D. : Nous craignions que le « fabriqué en » récupère le logo de l’AOP. Le projet présenté il y a deux ans n’excluait pas le lait cru pour ce cœur de gamme. Nous courions le risque de deux camemberts au lait cru sous le logo AOP dans les rayons, l’un moins cher que l’autre puisque son cahier des charges est moins exigeant. Nous voulions qu’au premier coup d’œil, le consommateur fasse la différence entre les deux. La solution se trouve dans l’étiquetage. L’ODG a testé cet été auprès des consommateurs l’ajout de la mention « véritable » sur l’étiquette des camemberts AOP actuels. Ils nous disent que cela ne suffit pas. Il faut lui associer le traitement du lait : au « véritable », le lait cru, au cœur de gamme (ex-« fabriqué en »), le lait pasteurisé, thermisé ou microfiltré. Cette solution a été intégrée dans le projet global refusé le 29 janvier. Nous regrettons vraiment qu’il n’ait pas trouvé une issue favorable.

Ces deux dernières années, les producteurs ont-ils été tentés de sortir complètement des discussions ?

S.D. : Le projet est né d’un accord, le 21 février 2018, entre des acteurs de la filière, amis aussi en dehors, et sous l’égide de L’Inao. À partir de là, il fallait construire. Trouver un consensus, c’est savoir vivre en société. Malgré­ nos fortes inquiétudes de départ et même malgré les désaccords entre producteurs, nous avons veillé à ne pas aller jusqu’au clash. Nous ne voulions pas endosser la responsabilité d’un échec à la résolution du problème du « fabriqué en », car les industriels­ n’attendaient que ça. Les producteurs ont beaucoup œuvré pour aboutir à un projet acceptable par tous. C’était un grand projet pour la Normandie.

Que dites-vous aux producteurs normands qui étaient intéressés jusque-là par le projet d’une grande AOP ?

S.D. : Depuis plus d’un an, des producteurs nous appellent et viennent à nos réunions. L’échec du 29 janvier ne doit pas les décourager. Si le « fabriqué en » est supprimé, j’espère que cela créera une dynamique pour l’AOP actuelle, avec des besoins en lait supplémentaires. L’AOP camembert s’est toujours faite dans la construction, jamais dans la destruction. Nous disons donc aux producteurs de se tenir prêts. L’Union des producteurs est prête à les accueillir, tout comme les OP.

Que répondez-vous aux producteurs en bordure de Normandie qui souhaitent entrer dans l’AOP ?

S.D. : Ce sera l’objet du prochain vote de l’ODG. Dans le cadre de la révision de l’aire géographique, les experts de l’Inao ont validé la demande des producteurs mayennais. L’Union des producteurs dit non ! La révision de l’AOP vise à clarifier l’usage du mot « Normandie  ». Nous ne voulons pas créer de nouvelles confusions.

Propos recueillis par Claire Hue
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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