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Pas de trève pour les vétérinaires pendant l’épidémie

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Une instruction technique du ministère de l’Agriculture distingue les actes vétérinaires différables ou non. © Cédric Faimali/GFA

Les vétérinaires peuvent continuer à exercer durant l’épidémie de coronavirus, mais sous conditions. Une instruction technique du ministère de l’Agriculture précise les missions qu’ils peuvent assurer et celles qu’ils peuvent différer.

L'activité des vétérinaires doit se poursuivre en dépit de la pandémie de coronavirus Covid-19, estime la direction de l’alimentation (DGAL) du ministère de l’Agriculture. Mais dans le détail, quelles sont les activités qui peuvent être différées et celles qui doit être maintenues ? La DGAL le précise dans une note technique dâtée du vendredi 20 mars 2020.
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L'activité des vétérinaires doit se poursuivre en dépit de la pandémie de coronavirus Covid-19, estime la direction de l’alimentation (DGAL) du ministère de l’Agriculture. Mais dans le détail, quelles sont les activités qui peuvent être différées et celles qui doit être maintenues ? La DGAL le précise dans une note technique dâtée du vendredi 20 mars 2020.

« Les recommandations de la DGAL viennent en complément de celles de l’Ordre national des vétérinaires (ODV), explique Christophe Brard, le président de la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV). Il s’agit de responsabiliser les praticiens, sans pénaliser le fonctionnement des filières d’élevage. »

> À lire aussi : Coronavirus, quelles restrictions pour le monde agricole ? (16/03/2020)

Opérations maintenues

Les actes vétérinaires veillant « à assurer la surveillance sanitaire du territoire, le bien-être animal […] et le commerce agroalimentaire » doivent être assurés. Figurent dans cette liste :

  • les activités de soins « indispensables » aux animaux;
  • la surveillance événementielle (avortements, épisode de mortalité);
  • l’état des lieux en élevage en cas de suspicion d’une maladie sujette à notification obligatoire;
  • l’euthanasie;
  • les prélèvements à l’équarrissage et la vaccination des animaux contre les dangers sanitaires réglementés (type FCO) pour pérenniser les échanges commerciaux.

Certaines opérations de prophylaxie nationale sont également possibles en cas de mise à l’herbe « impérieuse » sans retour à l’étable sur la belle saison ou d’exportations des animaux (certification FCO, IBR, brucellose, salmonelles, mycoplasme). Dans les élevages porcins, la prophylaxie Aujeszky reste prioritaire en sélection-muliplication. En volailles, la surveillance des salmonelles est maintenue « sans dérogation. » Ces listes restent néanmoins indicatives car « il y aura toujours des cas particuliers », note le président de la SNGTV.

Dans tous les cas, l’Ordre national des vétérinaires rappelle qu’une visite « doit être précédée d’un appel téléphonique afin de laisser le vétérinaire juge de « l’impérieuse nécessité » d’un déplacement ou de la réception d’un client. Par ailleurs, « la prescription et la délivrance des médicaments vétérinaires ne sont pas affectées », précise Christophe Brard.

Balance bénéfice-risque à évaluer

À l’inverse, la DGAL classe les visites sanitaires obligatoires, les contrôles en rapport aux chartes sanitaires, le renouvellement du bilan sanitaire d’élevage et les visites annuelles dans le cadre des « programmes sanitaires d’élevage » comme non prioritaires. L’ODV précise également que « les interventions non urgentes et les chirurgies de convenance » doivent au maximum être différées.

« La note technique de la DGAL, dont la profession attendait qu’elle clarifie la situation et pacifie les relations intra- et interprofessionnelles, n’atteint pas l’objectif espéré, déplore toutefois Jacques Guerin, président du Conseil national de l’ODV, dans une lettre publiée le 22 mars. Elle renvoie le vétérinaire à son appréciation personnelle, en son âme et conscience, à assumer ses responsabilités. » « Il appartient à chaque praticien de définir si les conditions de ses interventions permettent de le sécuriser, lui, son personnel et ses clients, quant au risque de dissémination du virus », précise Christophe Brard.

La télémédecine en réflexion

« La télémédecine vétérinaire est pour l’heure interdite mais des travaux récents entre les organisations professionnelles vétérinaires (OPV) ont permis d’envisager un projet de loi visant à l’autoriser dans le cadre du suivi sanitaire permanent des élevages, explique Christophe Brard. Les OPV souhaitent actuellement accélérer le dispositif et profiter de cette période de confinement pour expérimenter les téléconsultations. »

A. Courty
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