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Manipulations

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Marandin

Fin 2019, les voyants étaient au vert et les prévisions au beau fixe, nous allions enfin percevoir une juste rémunération de notre travail. Patatras, voilà le virus et tout est remis en cause.

As-tu remarqué que régulièrement, on nous annonce des jours meilleurs et qu’il y a toujours un imprévu : la crise financière, la sortie des quotas, une surproduction mondiale, un virus et après…
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As-tu remarqué que régulièrement, on nous annonce des jours meilleurs et qu’il y a toujours un imprévu : la crise financière, la sortie des quotas, une surproduction mondiale, un virus et après…

Nous allons replonger dans une nouvelle période difficile pour plusieurs raisons. Le marasme économique actuel désorganise tous les circuits de transformation et de distribution et beaucoup de produits laitiers en subissent les conséquences. Les fromages AOP que l’on nous montrait en exemple sont victimes de la fermeture des rayons à la coupe des GMS. Tout le monde pare au plus pressé et chacun espère s’en sortir au mieux.

Le Cniel propose sa stratégie de diminution de volume sans concertation avec les OP mises au pied du mur en pleine négociation sur le prix du T2 avec les industriels. Pour une fois, les 3 familles (FNPL, transformation privée et coopérative) du Cniel se sont mises d’accord en un temps record et tu vas comprendre pourquoi. L’enveloppe de 10 M€ provient des réserves du Cniel financé à 75 %  par les producteurs de lait (le prélèvement mensuel sur ta facture). Ça ne va pratiquement rien coûter à la transformation (coops et privés) qui s’empresse par ailleurs de demander des aides au stockage beurre poudre à l’Europe, alors qu’il faudrait une réduction globale de la production et un maintien du prix. La réintégration de la saisonnalité (-20 €) sur le printemps permet aux laiteries de payer autour de 315 € et elles nous promettent de nous redonner la somme en T3 ou T4, mais sur quel prix de base ?  Bien malin celui qui peut dire comment sera le marché en fin d’année. Il est très probable que le prix sera autour de 300 €, voire en dessous. Donc avec les +20 €, cela maintiendra le prix au-dessus de 300 €, seuil psychologique avant de monter sur les barricades. Avec cette stratégie du Cniel, les transformateurs ont tout bon : mise en difficulté des OP et AOP, un prix de printemps et des volumes en baisse, aide au stockage et assurance de garder un prix plancher en fin d’année.

Comment va se redresser l’économie en 2021 ?  Ce qui est sûr, c’est que la constitution de stocks va encore plomber le marché pendant deux ans comme à la crise précédente.

À mon avis, les marchés ne vont pas se redresser rapidement pour plusieurs raisons. La dette publique de tous les pays gonfle avec les mesures prises pour contrer le Covid et il faudra bien la rembourser. En période de crise et d’incertitudes, le citoyen qui voit son pouvoir d’achats baisser a tendance à épargner (au moins pour celui qui peut), donc il n’achète que les produits de première nécessité. Je ne te parle même pas de tous les nouveaux chômeurs et des entreprises en difficultés qui ne vont pas manquer dans les prochains mois.

Le pétrole n’est pas cher, donc les pays exportateurs d’or noir ne vont pas importer (ou beaucoup moins). L’Algérie va acheter moins de poudre de lait et de montbéliardes et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Pétrole pas cher égal production d’éthanol en chute, donc les prévisionnistes prévoient déjà 10 millions de tonnes de sucre en plus sur le marché mondial d’où l’effondrement des cours de la betterave et de la canne à sucre.

Moins de diester distillé, c’est le cours du colza en chute et moins de tourteaux pour nos vaches.

La Chine va moins vendre de produits manufacturés donc va-t-elle acheter autant de cochons ?

Comment expliquer que le prix du cochon français est 10 à 15 cts plus bas que celui danois ou hollandais ? Sais-tu que 75 %  des acides aminés qui entrent dans les prémix alimentaires de nos animaux sont fabriqués en Chine ? 

Et j’apprends dans la presse que le panier de la ménagère a augmenté de 10 à 20 % pendant la crise en partie à cause de l’augmentation des matières premières . Des oiseaux de mauvais augures annonce un prix de la baguette multiplié par 2 ou 3. Je te rappelle que le prix du blé représente environ 5 cts d’euros dans le prix de la baguette. Donc en supposant que le blé double, la baguette n’augmenterait que de 5 cts. Le lait, la viande, les pommes de terre… ont perdu 10 %  au départ ferme et on explique au consommateur que c’est à cause de la flambée des matières premières. C’est vraiment du foutage de gueule. Les GMS profitent de la crise par effet d’aubaine. Sais-tu que le prix des tondeuses à cheveux a augmenté de 30 %  depuis la fermeture des salons de coiffure. Voilà un exemple qui montre comment la grande distribution profite de la crise.

Le panier moyen augmente aussi en partie parce que les produits d’importation rentrent difficilement soit parce qu’ils sont bloqués en douane ou par manque de transport soit parce qu’il n’y a plus de travailleurs marocains ou des pays de l’Est pour ramasser les fraises en Espagne. Les produits français sont plus chers tout en étant payés en dessous du prix de revient.

Le ton est pessimiste, me diras-tu. Sans doute, mais s’il faut dénoncer les travers il faut aussi préparer l’avenir. L’agriculture est remise sur le devant de la scène et n’en déplaise aux zélateurs des circuits courts et bio, on s’aperçoit que l’on a besoin de toutes les agricultures et de la grande distribution pour nourrir la population. À nous d’inventer les circuits d’une agriculture nourricière, responsable et rentable.

Pascal Pommereul
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Commenter cet article 1 commentaires
CATHERINE GEHIN

Merci pour cet article mais je ne crois pas que nous ayons besoin de toutes les agricultures; Je pense que les agricultures qui ne subsistent que
parce qu'elles profitent de la main d'oeuvre bon marché ou
parce qu'elles ont des subsides de l'état ou
parce que le coût de leur dépollution est prise par la société ou par des pays tiers (déforestation à cause du soja, de l'huile de palme dans le lait en poudre etc)
ne méritent pas de continuer ET doivent changer de modèle.
Et ne me dites pas que nous ne pourrons pas nourrir "le monde", nous payons des experts de l'alimentation à l'ONU qui sont unanimes : seules les exploitations familiales auront la capacité de nourrir la population de demain ! on peut lire leurs rapports sur internet.

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