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« L’OPL milite pour un prix du lait à 450 €/1 000 litres. N’est-ce pas utopiste dans une économie européenne ouverte ? »

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Véronique Le Floc’h, présidente de l’Organisation des producteurs de lait

«Ce prix payé de 450 €/1 000 litres que nous revendiquons est indispensable si nous voulons assurer le renouvellement des générations d’éleveurs laitiers. Ce n’est pas un seuil inaccessible au regard des résultats des transformateurs français. Il suffirait d’obtenir un meilleur partage de la valeur ajoutée pour retrouver ces 100 €/1 000 litres qui échappent aux producteurs.
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«Ce prix payé de 450 €/1 000 litres que nous revendiquons est indispensable si nous voulons assurer le renouvellement des générations d’éleveurs laitiers. Ce n’est pas un seuil inaccessible au regard des résultats des transformateurs français. Il suffirait d’obtenir un meilleur partage de la valeur ajoutée pour retrouver ces 100 €/1 000 litres qui échappent aux producteurs.

Par rapport à 2010, sur cinq années, jusqu’en 2015, les industriels de la filière ont cumulé plus de 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires pour une collecte cumulée de 120 milliards de litres (24 milliards multipliés par 5 ans).

En incluant 2016 et 2017, c’est même une année de chiffre d’affaires gagnée en sept ans ! Soit près de 190 €/1 000 litres de CA en plus.

Comparons-nous à la filière allemande qui ne fait que 600 €/t de chiffre d’affaires quand, en France, nous sommes à plus de 1 200 €/t !

Les industriels laitiers français ne peuvent pas nous faire croire qu’ils supportent 600 € de charges supplémentaires par tonne transformée. Il faut absolument que les producteurs en récupèrent une partie.

Cela passe par un regrou­pement des organisations de producteurs qui sont trop nombreuses aujourd’hui.

Il faudrait au minimum des appellations d’origine protégée de bassin, voire plus large encore, pour être capable de peser sur les prix et les volumes. Les producteurs bio y sont presque arrivés. Il faudra bien sûr que les coopératives adhèrent à ces AOP.

C’est avec cette organisation collective des producteurs que nous pourrons obtenir ces 100 €/1 000 litres supplé­mentaires en imposant la baisse de production nécessaire. 400 000 litres à 340 € font le même chiffre d’affaires que 320 000 litres à 430 €. Nous devons inverser le rapport de force avec des transformateurs qui veulent maintenir la surproduction pour s’installer sur le marché mondial, plus rentable qu’on veut nous le faire croire, grâce à des prix bas.

Arrêtons de parler de mix-produit. Si les industriels veulent maintenant se lancer dans des laits et des produits laitiers « responsables », ils ne doivent pas aller le chercher au-delà des frontières. Il faut payer notre lait au juste prix. »

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