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« Pousser les génisses décalées pour garder nos vêlages groupés »

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Vêlages dès 21 mois. , confie Yannick Le Cozler, enseignant-chercheur à la ferme Inra de Méjusseaume (Ille-et-Vilaine). © c.hue

La ferme de l’Inra de Méjusseaume a supprimé son lot de génisses inséminées à 20 mois en intensifiant leur alimentation pour des vêlages possibles dès 21 mois.

La station Inra de Méjusseaume (Ille-et-Vilaine) a besoin d’holsteins au même stade physiologique pour mener ses expérimentations. Elle fait le choix, pour le troupeau, de vêlages de septembre à décembre pour travailler sur des rations conservées et permettre aux salariés de prendre leurs congés l’été. Dans ce but, ceux des primipares sont planifiés en septembre et octobre. C’est ce qui s’est...
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La station Inra de Méjusseaume (Ille-et-Vilaine) a besoin d’holsteins au même stade physiologique pour mener ses expérimentations. Elle fait le choix, pour le troupeau, de vêlages de septembre à décembre pour travailler sur des rations conservées et permettre aux salariés de prendre leurs congés l’été. Dans ce but, ceux des primipares sont planifiés en septembre et octobre. C’est ce qui s’est passé en 2019 : 80 % des 65 primipares ont vêlé sur ces deux mois, à l’âge moyen de 24 mois. Évidemment, ici comme ailleurs, tout n’est pas réglé comme du papier à musique­. « Il y a dix ans, nous avions toujours une vingtaine de génisses qui naissaient décalées, c’est-à-dire en décembre et janvier, voire février », dit Yannick Le Cozler, enseignant-chercheur à l’Inra Agrocampus-Ouest. « Pour être inséminées, elles rejoignaient celles nées huit à dix mois plus tard. Elles étaient inséminées à 20 mois ou plus pour des vêlages au-delà de 30 mois. » En plus de leur coût d’élevage plus élevé, cela obligeait à gérer un lot de génisses supplémentaire. « Nous avons inversé la situation en 2009. Plutôt que d’attendre les 20 mois à la première insémination artificielle, nous avons décidé de pousser la croissance des retardataires pour qu’elles soient inséminées en même temps que les génisses nées deux à trois mois plus tôt. » Trois buts leur sont fixés : un poids de 230 à 240 kg à 6 mois, la première IA à partir de 11 mois d’âge à un poids d’environ 380 kg et le premier vêlage en septembre ou octobre autour des 21 mois.

« L’alimentation lactée mieux maîtrisée grâce au Dal et à la poudre »

De 2009-2010 à 2011-2012, trois niveaux alimentaires sont expérimentés. Aux génisses nées de septembre à novembre est proposé soit un régime considéré classique, soit un régime plus intensif (appelé « intensives 1 »). Pour celles nées en décembre et janvier, le régime est un deuxième cran plus élevé : « intensives 2 ». « Schématiquement, après la prise colostrale, jusqu’à l’âge de 6 mois, l’alimentation lactée des intensives 1 et 2 est supérieure de 15 % aux classiques et elles reçoivent un peu plus de concentré “veau du commerce, indique Yannick Le Cozler. Ensuite, seules les intensives 2 reçoivent plus de concentrés. » Le détail des trois régimes est présenté dans notre infographie. Durant la phase lactée, les génisses sont nourries au Dal avec de la poudre de lait écrémé. « Nous maîtrisons mieux l’alimentation lactée. De même, nous préférons donner de la paille plutôt que du foin, dont la qualité est variable. » Les tétines en silicone sont remplacées chaque semaine. « Cela a un coût, mais limite les inter-têtées. »

Chaque semaine est également contrôlée la qualité du mélange de la poudre de lait écrémé à l’eau et la température de l’eau (40 °C). La ferme de Méjusseaume préfère un sevrage à 11 semaines, plutôt que les 8 semaines conseillées dans les plans d’allaitement. « Nos bâtiments et la mise à l’herbe dans des prairies dédiées aux jeunes génisses se prêtent bien à cette organisation. »

Au terme des trois années d’essai, la station Inra a atteint son objectif. Les génisses nées un peu plus tard ont vêlé deux mois plus tôt que les deux autres lots. Ce recalage a un effet domino : depuis 2013, la ferme ne gère plus de lots de génisses retardataires, et les primipares vêlent en septembre et octobre­, voire novembre, en moyenne à 24 mois. « Les intensives 2 n’ont pas complètement rattrapé leur retard de croissance mais leur poids plus faible (de 20 kg) n’a pas d’incidence sur la réussite à la première IA : 66 % », détaille Yannick Le Cozler. Ce retard s’est poursuivi au vêlage (30 à 40 kg de moins) mais n’est pas définitif. Les pesées durant leur première lactation montrent qu’elles continuent leur croissance de façon plus importante que les classiques et intensives 1. Vingt-cinq semaines après le vêlage, l’écart n’est plus que de 5 à 13 kg. « Les données d’état corporel et de morphologie confirment qu’il s’agit bien de croissance. En deuxième lactation, les salariés ne les reconnaissent plus à la traite. »

Ce rattrapage a lieu aussi sur la production. Les intensives 2 ont un pic de lactation plus faible de 2,5 à 3 kg/jour. « Mais à partir du milieu de la lactation, leurs courbes se rejoingnent. » Leur alimentation plus poussée a-t-elle eu un effet sur la qualité et la morphologie de la mamelle ? « Non, répond le chercheur. L’abattage et l’autopsie de huit génisses de chaque lot à un an d’âge ne révèlent pas de mamelles plus grasses. De leur côté, les salariés n’ont pas constaté de différences de mamelle à la traite. » De même, le vêlage des intensives 2 s’est déroulé sans problème particulier. « Nous avions choisi des taureaux avec un index “bonne facilité de naissance, mais tout comme pour les deux autres lots. »

« Reste encore à savoir s’il faut plus de lait ou de ration »

À Méjusseaume, le vêlage autour de 21 mois n’est pas une fin en soi, il est un outil de pilotage pour organiser les vêlages en septembre et octobre. « Si la stratégie de l’élevage réclame un âge moyen bas au vêlage, c’est physiologiquement possible. Il faut se fixer des objectifs de croissance et les vérifier, par exemple en mesurant le tour de poitrine. » Pour preuve, durant l’étude, des génisses nées en janvier, bien développées et en chaleur à 11 mois, ont vêlé entre 20 et 21 mois. « Nous obtenons un âge moyen de 24 mois par une alimentation déjà relativement intensive. C’est pour cette raison que les résultats entre les classiques et les intensives 1 sont proches. » Jusqu’au sevrage, les premières, disposant d’une ration à volonté, ont compensé un plan lacté plafonné à 7,5 l/j (contre 8,8 l pour les secondes). « Il est encore nécessaire de creuser s’il faut plus de lait ou plus de ration, » conclut le chercheur.

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pDeux cases de maximum 25 génisses mélangées. Cette nurserie lumineuse et ventilée grâce à des filets brise-vents amovibles est équipée d’un Dal pour deux stations. Une aire paillée de 120 m², divisée en deux cases collectives, accueille jusqu’à 50 génisses. Elles ne sont pas réparties par tranche d’âge. Les nouvelles arrivées d’une ou deux semaines sont mélangées aux plus âgées. Un apprentisage à la fréquentation du Dal se fait entre ces dernières et les plus jeunes. © c.h.
p Astuce. Les auges sur mesure sont en Inox ce qui facilite leur nettoyage. Elles sont percées d’un trou de 2 cm de diamètre pour évacuer l’eau. © c.h.
t pPratique. La première semaine, le colostrum puis la buvée (poudre de lait au taxi-lait), sont versés dans ce seau suspendu. Le veau tête en hauteur, s’initie à la tétine pour le Dal et n’a pas besoin d’être surveillé. Le seau est maintenu par un crochet. Il est retourné pour son égouttage en attendant d’être lavé dans un local dédié. Sur l’adhésif orange sont notés la date de naissance du veau, son poids de naissance, son sexe, etc. © c.h.
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