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« Nous investissons dans un troupeau homozygote A2 »

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Original. Sébastien et James Bonamy souhaitent produire prochainement un lait ne contenant que la caséine A2. Mais aujourd’hui, dans la filière, personne n’ose parler d’une segmentation sur ce type de lait.

À une quinzaine de kilomètres d’Orléans, tout près de la Beauce, mais déjà sur le terroir de la Sologne, l’EARL les Fromenteries s’est fait un nom dans le milieu de la génétique holstein. Une passion née au début des années 1980, et perpétuée aujourd’hui par James Bonamy et son fils Sébastien. Deux éleveurs passionnés par leurs vaches. Les bâtiments d&rsquo...
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À une quinzaine de kilomètres d’Orléans, tout près de la Beauce, mais déjà sur le terroir de la Sologne, l’EARL les Fromenteries s’est fait un nom dans le milieu de la génétique holstein. Une passion née au début des années 1980, et perpétuée aujourd’hui par James Bonamy et son fils Sébastien. Deux éleveurs passionnés par leurs vaches. Les bâtiments d’élevage, déjà anciens, sont modestes, avec une aire paillée qui accueille 70 vaches, et une salle de traite 2 x 4, devenue exigeante en temps de travail. L’EARL les Fromenteries a sorti d’ici plusieurs championnes présentées sur tous les rings de France, et compte plusieurs mères à taureaux en contrat avec Gènes Diffusion. La dernière vedette en date se nomme Love EHB, une vache de 4 ans (Commander/Explode), réserve championne jeune au Space 2019, et grande championne à Ferme Expo Tours quelques mois plus tard. Mais la préférée de Sébastien reste Team EHB (Jesther/Aaron), réserve championne adulte à Paris en 2013, puis meilleure laitière en 2015 en huitième lactation. Aujourd’hui âgée de 18 ans, elle coule une retraite paisible dans les prairies de l’exploitation. « Nous avons toujours voulu des belles vaches mais qui vieillissent bien », insistent les éleveurs. Les résultats sont là : le rang moyen de lactation est de 3,8 pour une production moyenne de 9 500 kg de lait, à 40 de TB et 32,5 de TP. Plus d’un tiers des vaches sont à plus de quatre lactations. Cela sans dégrader la morphologie. Avec une note globale de 87,8, l’élevage est sur la deuxième marche du podium dans le classement de Prim’Holstein France. « Nous ne cherchons pas spécialement de grandes vaches mais des animaux qui s’ouvrent sur la largeur, signe d’une bonne capacité d’ingestion et de longévité, donc d’un animal rentable. Nous sommes aussi très attentifs à la qualité de la mamelle, à la solidité des membres et, bien sûr, à la production », explique Sébastien. Autre performance de l’élevage, son niveau de cellules, à 160 000 en moyenne en 2019. « Pas de secret là-dessus, l’aire paillée est raclée tous les quatre jours en hiver et elle est fermée de fin mars à fin octobre, quand les vaches sortent dans les prairies, tout en gardant un accès à l’auge permanent. » La réussite de leur élevage repose aussi sur un autre levier évident : les soins aux jeunes génisses, qui engagent la carrière des futures laitières. Ici, on est particulièrement attentif à la prise du colostrum, puis au poids au sevrage. Les génisses sont ensuite conduites en ration sèche. Cela étant, les éleveurs se sont lancés dans un nouveau challenge : obtenir des vaches homozygotes A2A2, c’est-à-dire avec un génotype codant uniquement la bêta-caséine A2.

Les vertus supposées de la bêta-caséine A2

Petit rappel : outre le lactose et les matières grasses, le lait est composé de trois protéines de caséine : alpha, kappa et bêta. Cette dernière possède deux variants, A1 et A2. Plusieurs études suggèrent que du lait ne contenant que la bêta-caséine A2 serait plus digestible. L’autre variant, A1, digéré dans l’intestin, se décomposerait sous forme d’un peptide de la famille des opiacés : la bêta-casomorphine-7 (BCM-7), responsable de troubles digestifs, voire d’autres maux, jusqu’à aboutir à l’intolérance au lait de vache. Certains estiment même que cette intolérance ne serait donc pas liée au lactose mais à ce peptide BCM-7. Or, le variant A2 du lait de vache ne produit pas de BCM-7 dans l’intestin. D’où l’ambition, dans plusieurs pays, de produire un lait de vaches A2 facile à digérer. Ainsi, ce créneau se développe largement en Nouvelle-Zélande, Australie et Amérique du Nord où il rencontre une popularité croissante. Alors pourquoi pas en France ?

Environ six ans pour sélectionner un troupeau 100 % A2A2

Afin de produire uniquement du lait A2, il faut absolument une vache porteuse des deux allèles A2A2, une vache A1A2 produisant un lait contenant 50 % de béta-caséine A1 et 50 % de A2. Le pourcentage de vaches portant l’allèle A2 est très lié à la race. En holstein, on estime que les variants A1 et A2 sont présents en proportion égale, alors que le variant A2 est plus répandu en race jersiaise.

James Bonamy a entendu parler de cette propriété génétique il y a trois ans et a décidé de ne plus utiliser que des taureaux A2 dans ses plans d’accouplement. « Il faut environ six ans pour construire un troupeau A2A2. Aujourd’hui, j’estime à 75 % la proportion de notre troupeau homozygotes A2. Mais toutes nos vaches ne sont pas génotypées, seulement les futures mères à taureaux. Si, dans le futur, nous voulons vendre du lait A2, il faudra prouver que 100 % des productrices sont bien A2A2 », rappelle James. Mais aujourd’hui, aucune filière de lait identifié A2 n’existe en France. L’EARL livre sa production à LSDH sous la marque C’est qui le patron ? !. Interrogée, la direction de la laiterie nous assure n’avoir, pour l’instant, aucune velléité d’investir dans une telle segmentation.

Pourquoi, alors, cet engagement des éleveurs ? « La demande de lait A2 arrivera nécessairement en Europe et en France comme dans le reste du monde. C’est le consommateur qui décidera. Nous, nous serons prêts. » Mais ce choix exclusif de taureaux A2 n’entrave-t-il pas les choix génétiques sur le troupeau  ? « L’offre en taureaux A2 est maintenant suffisante dans les catalogues pour ne pas avoir à sacrifier d’autres caractères. Bien sûr, nous n’allons pas pour autant réformer nos meilleures vaches A1A1. S’il fallait se lancer demain, je les placerais chez des copains », ironise Sébastien. Il travaille avec plusieurs fournisseurs de semences et particulièrement avec RedBlack-Innovation, qui commercialise des taureaux de toute l’Europe mais aussi américains et canadiens. « Aujourd’hui, 80 % de nos taureaux sont A2. Le choix est donc suffisamment large pour tous les critères à sélectionner », précise Manu Chasseriau, le responsable commercial.

Dominique Grémy
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