S'abonner
Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

« Nous avons tout »

réservé aux abonnés

 - -->
Potager. , dit Macha, qui vit à environ 3 500 km à l’est de Moscou. Elle pense à sa vache, aux légumes qui poussent dans le potager. Tout. Mais pas le gaz, et l’eau au puits. © e.M.

En Sibérie occidentale, sur leur route du lait, Colette Dahan et Emmanuel Mingasson ont rencontré Macha et sa précieuse vache.

Elle s’appelle Macha, a une quarantaine d’années, blonde, menue, presque maigre. Comme c’est le cas pour bien trop de Russes, la vie lui a pris une bonne partie de ses dents, mais elle sourit quand même, timidement. La famille recomposée compte quatre beaux enfants blonds aux yeux clairs. Ils habitent une maison en bois, aux volets peints en ce bleu turquoise que l’on retrouve dans toute l’ex-URSS, sur les volets, les cabines des camions, les barriè...
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
18%

Vous avez parcouru 18% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

Elle s’appelle Macha, a une quarantaine d’années, blonde, menue, presque maigre. Comme c’est le cas pour bien trop de Russes, la vie lui a pris une bonne partie de ses dents, mais elle sourit quand même, timidement. La famille recomposée compte quatre beaux enfants blonds aux yeux clairs. Ils habitent une maison en bois, aux volets peints en ce bleu turquoise que l’on retrouve dans toute l’ex-URSS, sur les volets, les cabines des camions, les barrières, sur tout ce qui peut se peindre.

L’unique vache de la famille s’en va le matin, après la traite de huit heures. Elle rentre le soir, vers neuf heures, pour la seconde traite. Entre-temps, elle fait sa vie et surtout va chercher sa pitance, mais il semble qu’elle rejoigne le petit troupeau du village. C’est d’ailleurs là qu’elle rencontre le taureau « naturellement, s’il se trouve là au bon moment. Sinon, j’appelle le vétérinaire pour une insémination artificielle. C’est gratuit, je ne sais pas pourquoi ». Peut-être parce que, il y a deux ans, la vache leur a été donnée par le service d’aide sociale. Quelques familles du village ont bénéficié du même programme. Macha et son mari sont les seuls à avoir gardé leur vache. Le premier veau cependant a été mangé.

La vie de vagabondage de la vache familiale dure d’avril à octobre. À l’étable, les quinze balles rondes nécessaires pour traverser l’hiver coûteront l’équivalent d’un mois des salaires de Macha et Vadim. Lui est gardien de nuit dans un établissement pour handicapés. Elle, est nurse dans le même établissement. De 9 heures du soir à 8 heures du matin, elle veille des enfants et des jeunes au sommeil fragile. En leur absence, la grand-mère, qui habite le même village, veille sur leurs propres enfants. Deux jours de travail en alternance avec deux jours de repos, pour un salaire mensuel équivalant à 140 € pour elle, 180 € pour lui. Des revenus bien en dessous du seuil de pauvreté, défini par la loi russe à 157 € par personne.

Sans leur vache, la vie serait plus difficile encore. Une partie de la traite est vendue aux voisins au prix de 40 roubles, 0,80 €, le même prix partout. C’est cher d’acheter du lait, et plus encore du tvorog. « Pour en fabriquer un kilo, il faut cinq litres de lait. » Macha écrème chaque matin, à la cuillère, le lait invendu de la veille. Tartinée sur du pain, cette smetana fait le bonheur de toute la famille. Lorsque nous avons frappé à sa porte, elle venait juste de chauffer et brasser le lait mis à tourner à température ambiante pendant deux jours. Pour terminer la fabrication du tvorog, il restait à passer le caillé obtenu et à l’égoutter. Le résultat n’est pas lourd. Heureusement, le petit lait profitera aux deux porcelets achetés il y a quelques semaines. Avant, il était pour les cochons des voisins.

Texte : Colette Dahan
Photos : Emmanuel Mingasson

www.unansurlaroutedulait.org

Macha. Femmes du lait, femmes de courage, au regard doux et impénétrable, aux mains tendres et fortes, habiles à traire, à fabriquer le fromage et prendre soin des enfants. © e. M.
Tvorog. Voici donc le fameux
Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
En direct
Afficher toutes les actualités

Dans la même rubrique

Sélectionné pour vous

Sélection bovine des taureaux et des hommes

45€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

En réassort

AJOUTER AU PANIER

Maladies parasitaires du mouton 4ème edition

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER