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« Une formule de prix ne peut être pérenne qu’en intégrant le marché »

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Laurent Schatz, directeur Lait Danone France depuis 2018.

La formule novatrice de prix du lait indexé à 100 % aux coûts de production, en vigueur depuis 2016 entre Danone et son OP Jura-Bresse, a vécu. Le poids du prix de revient a été ramené à 50 %… Une façon pour Danone de recoller à ses marchés.

La particularité du contrat de l’OP Jura-Bresse était d’avoir depuis janvier 2016 un prix du lait dépendant à 100 % des coûts de production. Pourquoi l’avoir ramené à seulement 50 % ?
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La particularité du contrat de l’OP Jura-Bresse était d’avoir depuis janvier 2016 un prix du lait dépendant à 100 % des coûts de production. Pourquoi l’avoir ramené à seulement 50 % ?

Laurent Schatz : Je rappelle que Danone, trois ans avant les États généraux de l’alimentation, a décidé avec ses OP d’intégrer les coûts de production dans les formules de prix du lait [NDLR : c’était la contrepartie des baisses de volumes demandées]. Ce choix précurseur a démontré toute sa robustesse et sa pertinence, pour des éleveurs qui ont plus que jamais besoin de visibilité et de stabilité. La période actuelle nous le confirme. Mais une formule de prix ne peut être pérenne qu’en intégrant un lien au marché [NDLR : faire du 100 % a, de fait, éloigné Danone de ce marché]. C’est pourquoi, dans le fil de la loi Égalim, le nouveau contrat avec l’OP Jura-Bresse intègre des indicateurs marché [NDLR : à hauteur de 50 % dans la formule de prix] qui, comme le prix de vente industriel (PVI) du Cniel, traduisent nos différents débouchés. Sur 100 l que nous collectons, 85 l sont transformés en produits ultra-frais (65 l pour le marché français, 20 l pour l’export), 15 l sont des excédents revendus.

Votre collecte est passée de 950 Ml en 2014 à 750 Ml. Si vos excédents ont fondu, pourquoi garder un système de volume A-B ?

L. S. : Le secteur de l’ultra-frais sur lequel nous opérons est très challengé. Nous avons connu des années de décroissance. Nous devons faire face à une collecte qui reste excédentaire, en moyenne, de 15 % [NDLR : soit plus de 100 Ml].

Vos OP seront donc encore appelées à réduire leurs livraisons ?

L. S. : Notre responsabilité est d’agir de façon durable pour gérer ce point avec nos OP. La collecte doit être adaptée à la réalité de la consommation. Grâce à l’action co-construite avec l’OP Jura-Bresse, les volumes excédentaires ont pu diminuer de façon sensible et sont significativement inférieurs aux 15 % de moyenne nationale. Leur poids est d’ailleurs pris en compte en tant que tel dans la formule de prix du contrat. Pour réduire ces excédents, nous avons ici soutenu financièrement une quarantaine d’exploitations qui ont majoritairement rejoint des laiteries régionales. Malgré ce contexte excédentaire, nous avons mis en place une politique d’attribution de volume pour développer les exploitations de JA ou ayant des investissements importants.

Danone annonce « des formules de prix tenant compte de coûts de production adaptés aux réalités de chaque bassin ». Est-ce à dire que pour l’OP Sud-Est, ce coût sera supérieur au prix de base de 345 € retenu pour la zone Jura-Bresse, agronomiquement favorisée et avec des exploitations de plus grande taille ?

L. S. : Notre relation commerciale est adaptée à chaque territoire, avec des contrats prenant en compte les coûts de production qui leur sont propres. De fortes disparités, induisant des écarts importants de coûts, existent entre nos différents bassins de collecte. Cela nous engage à négocier des contrats au plus près des spécificités locales avec chaque organisation de producteurs. Ce travail se fera le temps venu avec l’OP Danone Sud-Est.

Comment poussez-vous concrètement le virage vers l’agriculture régénératrice ?

L. S. : Notre responsabilité est de construire un modèle économique et sociétal durable. C’est pourquoi, depuis 2017, nous accompagnons financièrement mais aussi humainement et techniquement nos producteurs sur de nombreux thèmes : développement de nouvelles cultures, réduction de l’utilisation d’intrants, amélioration de l’empreinte carbone, etc. Plus de 1 200 agriculteurs volontaires se sont déjà engagés avec nous.

Dans le nouveau contrat de l’OP Jura-Bresse, nous avons prévu deux bonus mensuels qui s’ajouteront au prix de base. Ils seront conditionnés à la réalisation d’un diagnostic bien-être animal et d’un bilan Cap2R niveau 2. Cette évolution vers une agriculture durable pourra prendre d’autres formes pour coller au contexte d’autres OP. Notre accompagnement financier va aussi aux éleveurs s’engageant dans une campagne de financement participatif Miimosa dans le but de transformer leurs pratiques. Cela a été le cas pour 32 d’entre eux livrant, comme l’OP Jura-Bresse, notre site isérois, avec en moyenne 10 000 € récoltés dont 75 % par Danone.

Propos recueillis par Jean-Michel Vocoret
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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