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La caméra a pointé un mauvais réglage des logettes

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Pascal Le Méro © P.L.C.

Reportage. Une vidéo réalisée après la mise en service des robots a confirmé la bonne circulation des vaches dans un bâtiment compact. Elle a également montré que les vaches se couchaient mal dans les logettes.

Responsable du lycée agricole La Touche, à Ploërmel (Morbihan), Daniel Le Ruyet doit concilier divers objectifs. L’exploitation a d’abord vocation à servir de support pédagogique. « Elle reçoit l’équivalent de 40 000 heures élève par an », précise Daniel. Près de la moitié d’entre eux n’ont pas d’attache agricole directe et doivent donc acqué...
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Responsable du lycée agricole La Touche, à Ploërmel (Morbihan), Daniel Le Ruyet doit concilier divers objectifs. L’exploitation a d’abord vocation à servir de support pédagogique. « Elle reçoit l’équivalent de 40 000 heures élève par an », précise Daniel. Près de la moitié d’entre eux n’ont pas d’attache agricole directe et doivent donc acquérir des savoir-faire de base. Apprendre à approcher une vache ou à traire, par exemple. L’exploitation se doit aussi d’être attractive pour enrichir l’offre de formation. Et puis Daniel tient à ce qu’elle soit rentable, avec un fonctionnement aussi proche que possible de la réalité de la production. « La Touche est un lycée privé. L’équilibre économique de l’exploitation est indispensable pour contenir le coût des formations, assurer la pérennité de l’établissement, et conserver une autonomie financière. »

C’est sur ces bases que s’est construit le projet de rénovation de l’atelier laitier. Le bâtiment, qui date de 1983, était vieillissant et la ventilation fonctionnait mal. « Il a été conçu pour un troupeau passant l’essentiel du temps à l’extérieur. Or, depuis l’installation d’un robot de traite en 2007, les vaches sortent moins. » De plus, la stalle était saturée.

La production a doublé en un an

La réflexion a d’abord concerné le système de production. Fallait-il passer en bio ? Se lancer dans la vente directe avec transformation à la ferme ? Finalement, il a été décidé de rester en conventionnel, avec un rationnement classique fondé sur l’herbe et le maïs. Compte tenu des attentes sociétales, un soin particulier a été accordé au bien-être animal. Le projet a été conçu pour 2 UTH et 1,2 Ml de lait. Soit un doublement de la production, réalisé en un an. La traite robotisée n’a pas été remise en cause.

Le nouveau bâtiment est entré en service en juillet 2018. Il comprend deux robots de traite, deux robots pousse-fourrage, deux aspirateurs à lisier, 120 logettes et une aire paillée de 86 m2 pour les vaches fragiles. L’aire d’attente, les robots de traite et les abreuvoirs se trouvent sur des caillebotis en caoutchouc. Les couloirs de circulation sont sur sol plein avec des tapis. Un espace pédagogique équipé une salle de traite tandem à deux postes a été aménagé. Une porte de tri donne accès au pâturage (15 ha accessibles). « Nous voulons préserver cette pratique et même l’augmenter, mais sous sommes dans une zone séchante avec peu d’herbe en été », précise Daniel.

Les filets brise-vent s’ouvrent par le haut

Le bâtiment est compact afin de faciliter la circulation des animaux. Cette configuration ne coûte pas plus cher que l’option d’une construction en longueur, mais elle complique l’isolement d’un animal par une personne seule. Pour éviter de tourner en rond, des barrières peuvent créer un cul-de-sac devant les parcs d’attente. L’ensemble est de plain-pied, ainsi le racleur passe partout. Et il n’y a pas de marche pour accéder aux robots de traite. Cela facilite aussi l’apprentissage des primipares.

Des rideaux brise-vent amovibles sont placés sur les deux longs pans. « On a choisi une ouverture par le haut. C’est essentiel, surtout du côté ouest. On peut les laisser entre-ouverts en haut quand il pleut, pour améliorer la ventilation : le débord du toit empêche l’eau de pénétrer. » La lumière peut ainsi entrer par les côtés. Au sommet du toit, un dôme éclairant, avec une faîtière ouverte, améliore encore la ventilation et l’éclairage. Des translucides ont également été posés. « C’est vrai qu’il peut parfois faire très chaud en certains endroits du bâtiment. Un inconvénient mineur, car une canicule dure quinze jours, alors qu’on a besoin d’air et de lumière toute l’année. »

Le film est utile pour voir comment les vaches s’habituent À un nouveau bâtiment

Les nouveaux robots de traite ne sont pas de la même marque que le précédent. Le troupeau a dû passer d’un schéma de circulation contraint à un libre. La mise en route s’est bien déroulée. Une fois cette étape franchie, le consultant robot de BCEL Ouest, Pascal Le Méro, a proposé à Daniel de filmer le bâtiment pour en vérifier le bon fonctionnement. « On a constaté que cette démarche est très utile pour voir comment les vaches s’habituent à un nouvel environnement », explique-t-il.

Daniel a vite été convaincu. « Pour moi, c’est aussi important que le Crocit qui vérifie l’installation de traite. » Une caméra a été placée au bout du bâtiment pendant quarante-huit heures, trois semaines après la mise en service du robot. Une autre a visé la table d’alimentation. La vidéo a montré que les vaches circulent partout dans le bâtiment, y compris­ dans le sens transversal. Les blocs de logettes ne sont pas très grands et les vaches empruntent facilement les passages entre eux. Cette bonne occupation du bâtiment atteste de la qualité de la ventilation. Les vaches accèdent aisément aux robots, qui ne sont jamais très éloignés.

S’assurer du confort des animaux à tout moment

Le dégagement de cinq mètres devant les stalles est judicieux : il est difficile pour une vache d’en bloquer l’accès. De même, l’espace assez important entre les deux robots de traite favorise une bonne fréquentation de l’un et l’autre. Les abreuvoirs situés à proximité sont très accessibles par les vaches qui viennent d’être traites.

Yohann Carion, responsable nutrition à BCEL Ouest, a lui aussi analysé la vidéo. Il a observé que de nombreuses bêtes se couchaient en travers dans les logettes, preuve que celles-ci manquaient de profondeur. Quelques vaches ne s’étaient pas encore habituées aux logettes et se couchaient dans les couloirs. De ce fait, certaines étaient sales. Les images montrent aussi que le fourrage­ commence à manquer à partir de 4 heures le matin. La ration est distribuée à 8 heures, et le robot la repousse régulièrement. Depuis, les logettes ont été réglées. Une nouvelle vérification avec la caméra a montré que les vaches s’y couchent bien. En revanche, l’horaire de distribution n’a pas été décalé, car Daniel ne veut pas bouleverser l’organisation du travail des salariés.

La vidéo l’a conforté dans ses choix. Il souligne que, s’il avait pu disposer de cet outil plus tôt, des erreurs auraient été évitées dans l’ancien aménagement. Très soucieux du bien-être animal, il voulait s’assurer du confort des vaches à tout moment. « Je pense que la caméra est un très bon outil pour répondre aux attentes sociétales sur ce plan. On peut prouver que les vaches sont bien dans leur environnement », affirme-t-il.

Pascale Le Cann
Plaisir. Avec cet engin, le nettoyage des logettes n’est plus une corvée. Du fait de l’absence de marches dans la stabulation, il passe partout, et sa trémie permet d’épandre simultanément la farine de paille. Ce plaisir, toutefois, a un prix : 12 000 à 15 000 € HT, selon les options. © P. L.C.
Après.Le réglage a été revu et les vaches se sentent manisfestement à l’aise dans les logettes. © P.L.C.
t Avant. La capture d’écran ci-contre montre clairement des logettes mal réglées. Certaines vaches se couchent en travers, voire dans les allées. D’autres restent debout dans les logettes, composées d’un matelas sur lequel est épandu un peu de farine de paille, avec un arrêtoir qui consiste en un boudin rempli d’eau.
Racleurs. Les deux robots racleurs nettoient toute la surface qui se trouve sur caillebotis ou sol plein avec des tapis. Le bâtiment ne comprend aucune marche, même pour l’accès aux robots de traite. Cet espace reste donc propre, et l’apprentissage des primipares est facilité. © P.L.C.
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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