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« Fixer le prix du lait à partir de nos coûts aura des contreparties »

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Hubert Dion , à la tête de 1,3 Ml avec deux associés à Bazancourt (Oise), est président de l’OP Danone de Haute-Normandie. Les 470 adhérents devraient livrer en 2017 un peu plus de 220 Ml au site Danone de La Ferrières-en-Bray (Seine-Maritime). La référence est de 240 Ml. L’objectif est de la descendre à 215 Ml entre 2020 et 2022. © C. Hue

Calculer le prix du lait en partant du producteur, c’est ce qu’a proposé Emmanuel Macron aux États généraux de l’alimentation. L’OP Danone de Haute-Normandie fait partie des rares organisations à appliquer ce principe depuis deux ans.

Quel bilan tirez-vous de votre formule de calcul du prix du lait qui intègre les coûts de production ?
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Quel bilan tirez-vous de votre formule de calcul du prix du lait qui intègre les coûts de production ?

Hubert Dion : Elle les a introduits progressivement. Depuis le 1er janvier 2017, ils composent 50 % du calcul. En 2016, cela a limité la dégradation des trésoreries. Le prix moyen de base a été de 18 €/1 000 l plus élevé que s’il avait été uniquement basé sur les marchés. Cette année, il n’y aura pas ou peu de différence et l’an prochain, en figeant la valorisation beurre-poudre au niveau actuel, nous estimons que nous percevrons 10 à 12 € de moins. Si l’on veut sécuriser une partie du prix du lait, il faut accepter de ne pas profiter de toute l’envolée des marchés quand elle se présente. De même, il faut accepter que le prix fléchisse parfois sous les coûts. Nous allons ainsi enregistrer un léger recul début 2018. Notre coût de production varie en effet à partir de cinq critères, dont l’indice Ipampa aliments qui baisse.

Fort de cette expérience, la construction du prix du lait à partir des coûts de production que propose Emmanuel Macron vous paraît-elle envisageable ?

H. D. : L’idée est intéressante. Elle soulève tout de même des questions. Leur montant sera-t-il imposé ou les producteurs pourront-ils le construire ? Si cette deuxième option est retenue, il paraît logique que l’industriel et le consommateur aient un droit de regard. Il faudra le justifier et leur montrer les efforts faits. C’est ce que l’OP a vécu avec Danone. Le groupe a accepté de prendre en compte le coût de revient des exploitations les 25 % plus performantes. Il a épluché chaque poste de charges, y compris la rémunération du travail dont nous avons négocié le montant. Danone suit en fait un double objectif : limiter l’impact de la volatilité des marchés et être dans la fourchette de prix du lait de ses concurrents. Ce second but est partagé par tous les industriels français qui ont en face d’eux différents systèmes avec différents coûts de production. Pour rester dans le concert national et international, ne vont-ils pas être tentés d’en imposer un ? Les producteurs doivent se poser cette question et, pourquoi pas, proposer des solutions qui mettent en valeur la qualité des produits français à l’export.

L’Élysée veut inciter les producteurs à se regrouper en OP commerciales. Votre OP est-elle prête à franchir le pas ?

H. D. : L’OP s’est posé la question avant l’été lorsque Danone a renégocié son contrat d’approvisionnement avec l’ex-CLHN (N.D.L.R. : coop de collecte haut-normande qui a rejoint Sodiaal en 2016). Cela supposait produire plus pour assurer les volumes, variables d’un mois sur l’autre, demandés par Danone. Il aurait fallu d’autres débouchés pour le lait restant, le collecter, assurer la facturation, etc. Cela paraissait compliqué. De plus, les années difficiles de la CLHN avant sa fusion avec Sodiaal ne nous incite pas à aller dans ce sens.

Votre formule de prix est signée pour trois ans avec Danone. L’OP proposera-t-elle de la reconduire à l’identique ?

H. D. : Elle s’applique jusqu’au 1er juillet 2019 mais nous savons déjà que nous ne ferons pas machine arrière. Fin 2018, nous commencerons avec Danone un état des lieux. Notre accord porte à la fois sur les coûts de production et la réduction de la référence de l’OP qui est de 240 Ml. Nous devions atteindre 215 Ml l’an prochain. Cet objectif est reporté à 2020, voire 2022. En contrepartie, la cessibilité des contrats prend fin le 31 décembre et à partir du 1er janvier, les adhérents voient leur référence baisser de 1 à 5 %, selon le taux de réalisation des deux dernières années. Le prélèvement reste à l’OP. Leur effort est-il récompensé par la formule de prix ? De l’évaluation dépendra l’orientation donnée aux prochaines discussions avec Danone.

Quelles sont les conditions pour tenir un tel accord prix-volume dans le temps ?

H. D. : Respecter ce qui est signé. C’est ce que fait Danone depuis le lancement du nouveau calcul. C’est ce que fait l’OP en ne remettant pas en cause les prix annoncés et son engagement sur les volumes.

Propos recueillis par Claire Hue
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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