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Des prairies productives même sur des petites terres

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Abel Lumineau. Dans la méthode Herby, le repère pour l’entrée des vaches dans la parcelle est le stade 3 feuilles des graminées. © n. t.

Nouvelle méthode. Dans les Deux-Sèvres et ses départements limitrophes, un projet de six ans sur le pâturage tournant dynamique (PTD) vient de s’achever. Parmi les 131 exploitations impliquées, le Gaec Cesbron applique la méthode étudiée avec 270 vaches pâturant au printemps et à l’automne.

À la fin des années 1990, les vaches du Gaec Cesbron, à Adilly, dans les Deux-Sèvres, ne sortaient plus de leur bâtiment pour pâturer. « Plusieurs contraintes nous avaient poussés à arrêter : la route nationale, le voisinage, la rivière », liste Abel Lumineau, l’un des cinq associés. Pourtant, une opportunité se présente en 1997 : la reprise de 120 ha groupés sur...
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À la fin des années 1990, les vaches du Gaec Cesbron, à Adilly, dans les Deux-Sèvres, ne sortaient plus de leur bâtiment pour pâturer. « Plusieurs contraintes nous avaient poussés à arrêter : la route nationale, le voisinage, la rivière », liste Abel Lumineau, l’un des cinq associés. Pourtant, une opportunité se présente en 1997 : la reprise de 120 ha groupés sur un site distant de deux kilomètres. Des terres à faible potentiel, appelées ici « terres à moutons ». « Racheter ce site n’avait de sens que si nous trouvions un moyen de valoriser ces terres peu productives, reprend Abel Lumineau. Nous avons mené une réflexion avec la chambre d’agriculture et le centre de gestion, et nous avons décidé de délocaliser notre troupeau laitier sur ce second site avec l’objectif de relancer le pâturage. »

Une motivation essentiellement économique

Un nouveau bâtiment est donc construit et mis en service en 2004. L’investissement est pensé dans une optique d’adaptation au cours des trente années à venir. Il est dimensionné en fonction du plan d’épandage permis sur le bassin versant de la rivière du Cébron. Il est équipé d’un manège de traite, et les 280 logettes sont aménagées au fur et à mesure. « Nous avons organisé le pâturage sur les parcelles existantes, aménagé des chemins complémentaires et des accès à l’eau. Nous avons aussi implanté de nouvelles prairies avec différentes espèces­ et des mélanges suivant la profondeur des sols. Au début, les vaches passaient environ trois jours sur chaque parcelle, puis nous les avons agrandies de façon à ce qu’elles restent jusqu’à sept jours. Mais nous n’étions pas complètement satisfaits de ce système. »

Au début des années 2010, tandis qu’Abel Lumineau est président de la coopérative Caveb de Parthenay commercialisant des bovins et ovins, celle-ci devient chef de file d’un projet de recherche européen(1) sur le pâturage tournant dynamique (PTD) pour une durée de six ans. L’impulsion a été donnée notamment par un groupe d’éleveurs ovins à la suite d’un voyage d’études en Nouvelle-Zélande. « Notre motivation était économique, affirme Abel Lumineau. Améliorer la valorisation de l’herbe et éviter le gaspillage peut faire la différence sur le revenu des éleveurs. » Dès 2015, le Gaec Cesbron engage donc la totalité de ses surfaces pâturées dans la démarche. Le PTD repose sur un découpage des prairies et une rotation rapide des animaux, visant à améliorer la productivité de l’herbe. Baptisée Herby, la méthode testée dans ce projet est fondée sur trois critères de gestion : l’entrée dans un paddock au stade 3 feuilles des graminées ; un temps de présence maximal de trois jours ; la sortie du paddock avant le pâturage de la gaine des graminées.

Un chargement de 100 à 120 vaches par paddock

Selon certains travaux de recherche, ces pratiques induisent une croissance végétative maximale, une qualité de fourrage idéale, des conditions optimales de repousse et une amélioration de la pérennité du couvert.

« Il faut accepter de se former et de se faire accompagner au début, reconnaît Abel Lumineau. Avant nous travaillions avec un herbomètre. Je trouve que l’observation du stade trois feuilles des graminées est plus facile. Toutefois, il faut garder de la souplesse. Pour certaines parcelles, composées de dactyle par exemple, on peut faire entrer les vaches dès 2,5 feuilles. » Le Gaec Cesbron a découpé ses 90 ha dédiés au pâturage des vaches laitières en 70 paddocks d’environ 1,30 ha chacun. Le chargement par paddock est de 100 à 120 vaches en fonction de leur consommation d’herbe liée au stade de lactation. Le lot des fraîches vêlées, à 42-43 kg de lait par jour, ainsi que le lot des vaches à 30 kg/jour consomment 10 kg/vache/jour de MS d’herbe. Tandis que les faibles productrices (22-23 kg/jour) consomment jusqu’à 13 kgMS/jour.

« Le stade 3 feuilles correspond à 1,2 tonne de MS environ, estime Abel Lumineau. Sur une parcelle poussante, cela peut atteindre 2 tonnes. En moyenne, pour un nettoyage suffisant, nos vaches restent une journée et demie sur le même paddock. Cette courte durée permet un bon redémarrage même si le paddock a été endommagé par le piétinement. »

Le cycle de production est de 22 à 25 jours selon les paddocks ; parfois 18 jours seulement, pour le dactyle, par exemple. « Il faut observer et s’adapter en permanence, concède Abel Lumineau. Avec les conditions favorables de ce printemps, ça épie tôt. Parfois, il faut faucher certaines parcelles­ pour les réintégrer plus tard dans la rotation. »

Les prairies vivent deux ans de plus

Avec la méthode Herby, le Gaec Cesbron a modifié le pilotage du pâturage. Les vaches ont cessé de sortir l’été quand l’herbe ne pousse plus. « Cela épuisait les plantes. Nous avons vu une amélioration flagrante de la pousse en arrêtant cette pratique. » Ainsi, dès le retour de la pluie à l’automne, les prairies redémarrent après 10 à 15 jours, et le pâturage se prolonge jusqu’en décembre. « La production est moindre mais avec 4 à 5 kgMS par vache et par jour, cela représente 800 kgMS par jour pour le troupeau : nous économisons donc du maïs et du concentré. » Avec jusqu’à dix cycles de pâturage par an (dont six au printemps), les éleveurs estiment que la productivité moyenne de leurs prairies est passée de 6 tonnes d’herbe pâturée à 6,5, voire 7 tonnes, sans augmentation des charges. Leur durée de vie serait également améliorée de deux ans.

Pour Abel Lumineau, cette valorisation de l’herbe sur la durée permet de faire la différence au final sur le plan économique. « Il faut trouver le bon équilibre mais même en terres difficiles, c’est le pâturage qui coûte le moins cher. À la mise à l’herbe, nous passons de 33 à 30 litres par vache en moyenne dans le tank. Mais en parallèle, notre coût alimentaire descend, de 135-140 €/1 000 l en hiver à moins de 90 € au printemps. De plus, nous consommons moins de paille pour les litières et nous avons moins de travail de préparation de la ration, de nettoyage des bâtiments et d’épandage des effluents. Les prairies sont aussi un moyen de réduire l’usage des produits phytosanitaires et des engrais de synthèse sur le bassin versant du Cébron. Elles sont positives pour l’image de la production laitière. Ces avantages compensent largement les contraintes au démarrage liées à la mise en place des accès à l’eau, ainsi qu’à l’installation et l’entretien des clôtures. »

Nathalie Tiers

(1) En savoir plus : www.life-ptd.com.

Grand troupeau. Un troupeau de taille importante n’est pas incompatible avec un pâturage tournant dynamique. © N. T.
Parcellaire. La construction d’un nouveau bâtiment a permis l’accès à 90 ha de prairies, découpés en 70 paddocks pour le pâturage des vaches laitières. © n.t.
Refus. Il faut accepter les refus liés aux bouses ; ne pas attendre que les vaches les mangent pour éviter le surpâturage. Il peut être nécessaire de broyer si on atteint l’épiaison. © n.t.
Plus d'infos sur le sujet

Gaec à 5 associés familiaux, 2 salariés, 1 apprenti

2 sites, distants de 2 km

470 ha, dont 260 ha d’herbe, 80 ha de maïs (récolte ensilage et épi), 45 ha de blé et 45 ha de triticale (céréales aplaties pour autoconsommation), 30 ha de mélange triticale-pois (récolte ensilage) suivi de sorgho

270 vaches de race prim’holstein

70 vaches allaitantes de race charolaise et parthenaise

Entre 70 et 200 taurillons par an, en fonction des ressources fourragères et du marché

5 000 porcs charcutiers par an ; maternité collective

2,5 Ml de lait vendus à Agrial

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