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Les laboratoires vétérinaires, une aide négligée ?

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Inovalys, un laboratoire d’analyses peut analyser 1 000 tests de dépistage par jour (image d’illustration). © Pixabay

Les laboratoires d’analyses vétérinaires et l’industrie des médicaments et des réactifs vétérinaires sont équipés pour produire et analyser à grande échelle les tests de dépistage. Ils ont proposé de mettre ces outils à profit pour augmenter la capacité de dépistage du coronavirus Covid-19 en France. Une main tendue que le gouvernement n’a pas encore saisie.

Fièvre catarrhale ovine, grippe aviaire, fièvre aphteuse, la médecine vétérinaire a eu son lot de grandes épidémies virales touchant d’importantes populations d’animaux. Ces événements l’ont conduite à développer et se doter d’outils lui permettant de produire et d’analyser rapidement un grand nombre des tests de dépistage pour ces virus.
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Fièvre catarrhale ovine, grippe aviaire, fièvre aphteuse, la médecine vétérinaire a eu son lot de grandes épidémies virales touchant d’importantes populations d’animaux. Ces événements l’ont conduite à développer et se doter d’outils lui permettant de produire et d’analyser rapidement un grand nombre des tests de dépistage pour ces virus.

La médecine vétérinaire a une approche populationnelle des épidémies. Les tests de dépistage se font généralement sur un nombre élevé d’échantillons. « En médecine vétérinaire, nous avons une vraie expertise dans les coronaviroses qui touchent les chats, les ruminants, les porcs… », précise Jean-Luc Angot, le président de l’Académie vétérinaire de France (AVF).

De 200 000 à 300 000 tests par semaine

Alors que l’épidémie de coronavirus Covid-19 s’étend sur le territoire français, le gouvernement semble se tourner vers une stratégie de dépistage à grande échelle. Les industries du médicament et des réactifs vétérinaires ont proposé leur service à l’État pour produire des kits de dépistage. Une offre que le gouvernement n’a pour le moment pas accepté.

« Entre le moment où nous recevrons le feu vert et le moment où les premiers kits seront disponibles, il faut compter 15 jours », explique Jean-Louis Hunault, le président du Syndicat de l’industrie du médicament et réactif vétérinaires (SIMV).

« Finalement, si cette décision avait été prise plus tôt, nos entreprises seraient déjà en mesure de produire 200 000 à 300 000 tests par semaine », ajoute-t-il, regrettant que l’État n’ait pas encore fait appel aux industries vétérinaires.

Une position soutenue par l’Académie de médecine

« C’est un peu une frustration d’avoir le sentiment que les porte-avions restent à la maison alors qu’on a une mobilisation qui est ressentie par tout le monde », déplore Jean-Louis Hunault. Un sentiment partagé par l’AVF. Le 28 mars 2020, dans un communiqué, elle a d’ailleurs appelé le gouvernement à prendre davantage en considération cette proposition. Une prise de position soutenue par l’Académie nationale de médecine.

De plus, en France et en Europe, certains producteurs de tests de dépistage du coronavirus Covid-19 se plaignent de problèmes d’approvisionnement en réactifs, souvent importés. Ils prévoient même une pénurie. Jean-Louis Hunault précise que sur les quatre adhérents du SIMV prêts à produire des tests, seul un a mentionné cette problématique. Les trois autres ne semblent pas craindre de problème d’approvisionnement.

Habitués à traiter des volumes importants

Le gouvernement ne saisit pas non plus la main tendue par les laboratoires d’analyses vétérinaires. Ces derniers sont dotés d’équipements leur donnant la possibilité de réaliser des tests de dépistage à grande échelle. Et leur personnel est formé à traiter des quantités importantes de tests.

Le 25 mars 2020, les présidents des départements de l’Indre-et-Loire, de la Sarthe, du Maine-et-Loire et de la Loire-Atlantique ont adressé un courrier au ministre de la Santé, Olivier Véran, en l’enjoignant d’utiliser les capacités d’analyse d’Inovalys, un laboratoire d’analyses vétérinaires.

Bruno Caroff, le directeur général d’Inovalys, a d’ailleurs préréservé des réactifs pour réaliser ces tests. « Compte tenu des épizooties, nous avons l’habitude traiter d’importants volumes de PCR (1), comme ça a été cas durant l’influenza aviaire. Nous avons une expertise importante en biologie moléculaire, des locaux sécurisés, du matériel adapté et du personnel formé. »

« 10 fois plus d’analyses » qu’en hôpital

« Nous sommes capables de réaliser 1 000 PCR, donc d’analyser 1 000 tests de dépistage de coronavirus Covid-19 par jour », poursuit Bruno Caroff. Toutefois, le dirigeant du laboratoire ne cherche pas la polémique. Et d’expliquer qu’il se met à la disposition de l’État en dernier recours et si la situation le nécessite.

« Les laboratoires d’analyses (vétérinaires) publics ou privés ont une grande maîtrise des quantités, souligne Jean-Louis Hunault. C’est la différence entre médecine humaine et vétérinaire, où il y a une forme d’industrialisation des processus. Un laboratoire vétérinaire est capable de traiter 10 fois plus de tests qu’un laboratoire dans un hôpital. »

« Le secteur de la médecine vétérinaire possède de vrais savoir-faire qui sont méconnus, et ses moyens sont mobilisables quand il y a une pandémie chez l’homme, mais les autorités ne pensent pas assez à cette ressource », résume le président du Syndicat de l’industrie des médicaments et réactifs vétérinaires.

Des avancées à prévoir ?

« Nous sommes en train d’étudier cette question, a expliqué Édouard Philippe, le 28 mars 2020, en réponse à une question sur la possibilité d’autoriser les laboratoires et l’industrie vétérinaires à produire et analyser des tests. Car, c’est vrai, un certain nombre de tests supplémentaires pourraient être réalisés dans des conditions qui ne seraient pas strictement conformes aux règles que nous appliquons jusqu’à présent qui sont des règles très exigeantes, c’est vrai. »

« Il nous faut donc regarder dans quelle mesure nous pouvons lever ces interdictions, a poursuivi le Premier ministre. C’est quelque chose qui demande un peu d’instruction. […] Nous aurons l’occasion de répondre très rapidement. Là encore, ce qui nous intéresse, c’est de pouvoir trouver des solutions, y compris innovantes en le faisant dans un souci de sécurité sanitaire minimale. » Au ministère des Solidarités et de la Santé, on affirme que ce sujet est actuellement à l’étude.

Une exception française

De son côté, malgré les refus essuyés, Jean-Louis Hunault tente de garder intacte l’enthousiasme des entreprises. Dans d’autre pays, les ressources que proposent les industries et les laboratoires vétérinaires sont déjà employées.

« En Allemagne, la moitié des laboratoires des Länder (équivalent des régions françaises) y bosse déjà, constate Jean-Luc Angot, le président de l’AVF. Huit laboratoires italiens travaillent aussi dessus. C’est une spécificité française difficile à comprendre. On parle toujours du concept “One Health”, pour marier médecine humaine et vétérinaire. Cette dernière a la compétence, la connaissance et la maîtrise des coronavirus. »

> À lire aussi : Santé animale, pas de trêve pour les vétérinaires pendant l’épidémie (26/03/2020)

Marie-Astrid Batut

(1) polymerase chain reaction.

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