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Inquiétude en vue d’une possible baisse du prix du lait

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Après la crise sanitaire, les industriels laitiers redoutent une crise du pouvoir d’achat. © C. Faimali/GFA

Si le prix du lait payé aux producteurs français s’est globalement maintenu pendant le confinement, une probable récession économique mondiale laisse planer le doute sur le second semestre de 2020.

Le confinement ne semble pas avoir eu raison du prix du lait payé aux producteurs français. Les données de la Commission européenne font état d’un prix réel en progression sur un an : 358 €/1 000 litres en mars (+6 % par rapport à 2019) et 359 €/1 000 litres en avril (+0,8 % par rapport à 2019). En mai, le prix devrait s’aligner sur son niveau de 2019. Une tendance qui fait figure d&rsquo...
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Le confinement ne semble pas avoir eu raison du prix du lait payé aux producteurs français. Les données de la Commission européenne font état d’un prix réel en progression sur un an : 358 €/1 000 litres en mars (+6 % par rapport à 2019) et 359 €/1 000 litres en avril (+0,8 % par rapport à 2019). En mai, le prix devrait s’aligner sur son niveau de 2019. Une tendance qui fait figure d’exception sur le vieux continent, où le prix moyen est en berne.

Si la valorisation beurre poudre reprend actuellement des couleurs, à 260 €/1 000 litres en mai, « l’équilibre des marchés pose question sur le second semestre, prévient Gérard You, économiste à l’Institut de l’élevage (Idele), lors d’une conférence le 18 juin 2020. Une récession économique mondiale risque d’affecter les cotations, d’autant plus si l’offre explose. »

Des signaux rassurants

En Europe, « la France est le seul bassin de production majeur a avoir revu sa collecte à la baisse par rapport à 2019 », souligne Gérard You. Le dispositif de lissage du pic de production de l’interprofession (Cniel) et les conditions climatiques d’avril y sont pour beaucoup.

Chez Lactalis et Savencia, il n’y a pas eu de rupture de collecte. « On devrait être entre 1 et 1,5 % de repli de la collecte sur le second trimestre, après une forte croissance de 2 % en début d’année, note Daniel Chevreul, directeur des approvisionnements laitiers chez Savencia. La moitié de nos producteurs sont éligibles à l’aide du Cniel. »

À lire aussi : Gestion de crise, 48 millions de litres de lait « évités » en avril grâce au plan de régulation du Cniel (17/06/2020)

« Pas de surstocks d’ingrédients laitiers »

Autre crainte a priori balayée, « il n’y a pas eu de surstocks d’ingrédients laitiers », affirme Michel Nalet, directeur de la communication et des relations extérieures chez Lactalis. Le programme d’aide au stockage privé de la Commission européenne n’a donc pas remporté un franc succès.

« Les stocks de poudre maigre étaient au plus bas au début de 2020, explique Gérard You, de l’Idele. Même une légère surproduction n’avait rien d’alarmant. » Chez Savencia, les stocks sont légèrement plus importants qu’en temps normal, mais « il est trop tôt pour dire si cela va peser sur les prix », note Daniel Chevreul.

En parallèle, la balance commerciale de la France s’est finalement bien comportée. « L’excédent commercial laitier a grimpé de 19 % en valeur sur le premier quadrimestre », estime Gérard You.

Incertitudes sur l’évolution du prix du lait

Malgré tout, de nombreuses incertitudes demeurent. En plus de composer avec les séquelles encore visibles du manque de débouchés et du creux de la valorisation beurre poudre en avril, la crise du pouvoir d’achat à venir inquiète les industriels.

« Il est difficile de présager de l’évolution des marchés laitiers et les fortes variations des cotations d’une semaine à l’autre le montrent », illustre Emilie Orieux, directrice de la communication chez Sodiaal.

La déclaration d’Emmanuel Besnier, le PDG de Lactalis, sur une potentielle baisse du prix du lait au second semestre, relayée dans les colonnes du quotidien Le Monde le 11 juin, a mis le feu aux poudres. Le hashtag « #Révoltant » de l’acteur Guillaume Canet a fait le tour des réseaux sociaux en un temps record.

Pour l’organisation de producteurs (OP) FMB Grand Ouest et Normandie, le repli du prix du lait de ses adhérents sur le mois de juin n’est déjà pas acceptable. « Les producteurs paieraient-ils le surcoût de la transformation dû au Covid-19 ? », lance-t-elle dans un communiqué daté du 16 juin 2020.

Même écho du côté de la Confédération paysanne qui estime que les éleveurs sont « la variable d’ajustement d’un système qui les précarise et les détruit », dans un communiqué du même jour. Pour le syndicat, seule la régulation des volumes à l’échelle française et européenne offre une porte de sortie.

Enfin, la marque C’est qui le patron ? ! demande aux « grands acteurs » du lait de « ne plus associer involontairement des millions de consommateurs à la détresse de milliers de familles de producteurs qui ne demandent qu’à vivre de leur métier. »

« Tout faire pour tenir les prix »

Les industriels s’accordent à dire que l’année 2020 commençait sur de bonnes bases, que ce soit sur le marché des ingrédients laitiers ou avec les négociations commerciales. Puis la donne a quelque peu changé. En dépit des perturbations de marchés, « Lactalis a maintenu son prix du lait jusqu’au mois de mai, sans appliquer de saisonnalité négative, pour soutenir la trésorerie des exploitations, souligne Michel Nalet. En juin, la baisse de la valorisation beurre poudre a fini par peser sur la formule. »

Pour la suite, « les craintes qu’on avait se tassent car les cotations des ingrédients laitiers repartent, rassure Michel Nalet. Il n’y a aucune volonté du groupe à faire baisser le prix du lait, et s’il y a baisse, elle devrait être beaucoup moins importante qu’on ne pouvait l’imaginer il y a quelques semaines. »

À lire aussi sur l’Éleveur laitier : Coup de gueule de l’OPLB : « Il est inadmissible de voir des fakes news sur Lactalis relayées par des responsables syndicaux » (22/06/2020)

Chez Savencia, le prix de base du lait est passé de 340 à 335 €/1 000 litres entre les deux premiers trimestres de 2020, du fait « du repli de la valorisation à l’exportation », explique Daniel Chevreul. À cela s’ajoute une saisonnalité négative de 20 €/1 000 litres en avril-mai et de 10 €/1 000 litres en juin pour freiner les livraisons.

« Cette pénalité sera compensée à l’euro près sur le second semestre », affirme-t-il. Du côté des perspectives, l’industriel reste prudent car si le marché intérieur et la valorisation beurre poudre sont porteurs d’espoir, « nous avons très peu de visibilité sur le commerce de produits grande consommation à l’exportation ».

Enfin, Sodiaal déclare « tout faire pour préserver le prix du lait en appliquant la formule de prix, et en se battant pour aller chercher le maximum de valeur sur tous les marchés ».

Des négociations commerciales attendues

Pour remonter la pente, les laiteries misent sur le soutien des enseignes de distribution. « Les produits de grande consommation écoulés sur le marché français déterminent la moitié du prix du lait chez Lactalis, rappelle Michel Nalet. Il est donc primordial que les grandes surfaces tiennent les prix. »

De son côté, la coopérative Sodiaal restera « 

particulièrement vigilante à ce que la dynamique enclenchée par les États-généraux de l’alimentation perdure, au risque de déclencher une nouvelle guerre des prix du fait d’un pouvoir d’achat en tension ».

Daniel Chevreul, de Savencia, « espère que les distributeurs sauront reconnaître les efforts engagés par la filière pendant le confinement » et attend des autorités « une aide économique pour soutenir le pouvoir d’achat des consommateurs ».

> Retrouvez l’observatoire du prix du lait de l’Éleveur laitier

A. Courty
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