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Les laboratoires vétérinaires autorisés à dépister

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Les laboratoires vétérinaires peuvent réaliser des tests de dépistage du coronavirus, sous la responsabilité d’un laboratoire de biologie médicale. © Pixabay

Afin d’augmenter la capacité de dépistage du Covid-19, les laboratoires vétérinaires sont autorisés à réaliser des tests. Toutefois, ils risquent de manquer de kits de dépistage car les industriels des médicaments vétérinaires, capables d’en produire à grande échelle, n’ont pas l’autorisation de les fabriquer.

Pour faire face à l’épidémie de Covid-19, le gouvernement veut renforcer le dépistage du coronavirus. Si pendant un temps, il n’a pas saisi la main tendue par les laboratoires d’analyses vétérinaires, il a fait volt face le 3 avril 2020. Dans un tweet, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, a ainsi salué les laboratoires « qui se portent volontaires pour participer à l&rsquo...
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Pour faire face à l’épidémie de Covid-19, le gouvernement veut renforcer le dépistage du coronavirus. Si pendant un temps, il n’a pas saisi la main tendue par les laboratoires d’analyses vétérinaires, il a fait volt face le 3 avril 2020. Dans un tweet, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, a ainsi salué les laboratoires « qui se portent volontaires pour participer à l’effort national ». Il a aussi indiqué que des dispositions seraient prises pour leur permettre de réaliser ces tests dès le lundi 6 avril 2020.

Un arrêté et un décret, publiés au Journal officiel du 5 avril 2020, précisent ainsi que lorsque les laboratoires de biologie médicale ne sont pas en capacité d’effectuer les tests le préfet de département peut autoriser, à titre dérogatoire, d’autres laboratoires, notamment ceux vétérinaires à les réaliser. Ces examens se feront « sous la responsabilité d’un laboratoire de biologie médicale ».

> À lire aussi : Dépistage du coronavirus, les laboratoires vétérinaires, une aide négligée ? (02/04/2020)

Une avancée en demi-teinte

Pour Jean-Luc Angot, le président de l’Académie des vétérinaires de France (AVF), qui a défendu cette dérogation depuis déjà plusieurs semaines il s’agit d’une avancée. Il reste toutefois une ombre au tableau : l’approvisionnement en tests. « C’est le facteur limitant de cette dérogation, on met la charrue avant les bœufs, on autorise mais on ne donne pas les moyens », souligne le président de l’AVF.

Les industries du médicament et des réactifs vétérinaires, capables de produire 200 000 à 300 000 kits de dépistage par semaine, ont proposé leurs services à l’État. Une offre que le gouvernement n’avait pas encore acceptée le 6 avril. « On ouvre les stations-service mais on ne leur donne pas d’essence, déplore Jean-Louis Hunault, le président du SIMV (syndicat des industriels des médicaments et réactifs vétérinaires). C’est bien de se doter de capacités d’analyse supplémentaires pour monter en puissance mais pour cela il faut aussi des réactifs. »

Un enjeu de santé publique

Jean-Louis Hunault reconnaît que la situation est inédite, « c’est la première fois que la santé vétérinaire intervient aussi massivement dans la santé humaine ». Jean-Luc Angot estime qu’en autorisant cette production par les industriels des réactifs vétérinaires la France doublerait sa capacité de dépistage. « Les tests à grande échelle ne seront possibles que si on mobilise ces capacités de production », signale-t-il.

L’AVF et le SIMV demandent donc que les industriels vétérinaires soient autorisés à fabriquer ces tests, « il s’agit d’un enjeu de santé publique », insiste le président de l’AVF. Jean-Louis Hunault souligne que les industriels sont également en mesure de fabriquer des tests « sérologiques » en plus grand nombre et plus rapidement que des kits de dépistages. Ces tests sérologiques permettent de savoir si oui ou non on est immunisé contre le virus Covid-19.

> À lire aussi : Coronavirus, les vétérinaires en renfort (06/04/2020)

Marie-Astrid Batut
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