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Les vétérinaires en renfort

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Les vétérinaires sont mobilisés sur tout le territoire français pour s’engager dans la réserve sanitaire ou mettre à disposition du matériel. © Skeeze/Pixabay

Engagement dans la réserve sanitaire, prêts de respirateurs, dons de pousse-seringues, de masques, de blouses… Les vétérinaires ont massivement répondu présents pour aider le corps médical dans sa lutte contre l’épidémie de coronavirus Covid-19.

« C’est vers le 18 mars 2020 que l’hôpital de Montélimar nous a contactés car le personnel manquait d’équipement de protection, de gants, de masques, de charlottes. Nous leur avons apporté immédiatement ce que nous avions en stock à la clinique vétérinaire », raconte Christophe Hugnet, vétérinaire dans la Drôme.
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« C’est vers le 18 mars 2020 que l’hôpital de Montélimar nous a contactés car le personnel manquait d’équipement de protection, de gants, de masques, de charlottes. Nous leur avons apporté immédiatement ce que nous avions en stock à la clinique vétérinaire », raconte Christophe Hugnet, vétérinaire dans la Drôme.

« Ensuite, nous avons envoyé un mail à l’ensemble des vétérinaires du département (Drôme) pour leur demander le matériel qu’ils pouvaient donner. Nous sommes allés les collecter et nous avons pu fournir dix mille paires de gants et plusieurs milliers de blouses et des masques », poursuit-il.

Une solidarité nationale

Cette demande des hôpitaux et la générosité des vétérinaires de la Drôme ne sont pas des actes isolés. À Rouen (Seine-Maritime), Pierre-Marie Cadot, vétérinaire, a été contacté par un hôpital des Yvelines pour identifier le matériel disponible dans sa clinique, notamment les respirateurs. « Sur les cinq respirateurs que nous possédons, trois intéressent cet hôpital. Nous les avons donc mis de côté. Ils les récupéreront quand ils en auront besoin », explique le vétérinaire normand qui travaille avec treize associés.

Le 19 mars 2020, l’Ordre des vétérinaires a d’ailleurs lancé un appel national pour demander aux vétérinaires de lister les disponibilités de matériel de réanimation au sein de la profession vétérinaire.

Le 22 mars 2020, l’Ordre recensait ainsi dans toute la France 165 ventilateurs d’anesthésie, 841 concentrateurs d’oxygène et 215 appareils de monitoring que les vétérinaires pouvaient mettre à la disposition de la médecine humaine. « Ces listes ont été transmises aux agences régionales de santé afin qu’elles intègrent ces états des lieux région par région », indique Jacques Guérin, président de l’Ordre des vétérinaires.

« Ce matériel est essentiellement utilisé pour soigner les animaux de compagnie, notamment lors d’anesthésie de carnivores. Certains appareils sont issus de la médecine humaine et ont été adaptés pour la médecine vétérinaire », précise-t-il.

Six respirateurs livrés en 24 heures

Dans la région de Metz (Moselle), durement touchée par l’épidémie, l’Ordre a même été directement contacté par les hôpitaux. « Samedi soir dernier (le 11 mars 2020), lorsque la situation est devenue critique nous avons reçu un coup de téléphone et dans les 24 heures six appareils de ventilation ont été transférés dans les hôpitaux de Metz », raconte le président de l’Ordre. Des transferts comme celui-ci ont eu lieu dans tout l’Hexagone.

Sur tout le territoire des hôpitaux, des cliniques se rapprochent aussi de vétérinaires pour demander des plus petits matériels, comme c’est le cas dans la Drôme. « Partout en France, il y a des rapprochements spontanés pour disposer de plus petits matériels comme des charlottes, des combinaisons, des surcombinaisons, des gants, des masques, des pousse-seringues électriques, des pompes à perfuser… du matériel de ce type-là qui permet d’aider face à la pénurie dont est victime la médecine humaine », relate Jacques Guérin.

Pallier la pénurie de médicaments

Le 30 mars 2020, la clinique de Christophe Hugnet dans la Drôme a même été contactée pour recenser les médicaments dont elle disposait et qui pouvaient servir en médecine humaine, comme les anesthésiques ou les antibiotiques, dont les hôpitaux commencent à manquer. Toutefois, les vétérinaires ne vont pas fournir directement les hôpitaux, le ministère de la Santé, via l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ont finalisé une évaluation des médicaments vétérinaires pour lister ceux utilisables en médecine humaine.

Ainsi, un décret parut au journal officiele du 3 avril 2020 précise cette liste. Jean-Louis Hunault, président du su syndicats des industriels des médicaments et réactifs vétérinaires, précise que cette liste est amenée à évoluer. « Elle doit s’adapter aux besoins des hopitaux en fonction des pénuries et des molécules communes entre médecine humaine et vétérinaires », explique-t-il.

« Nous avons la grande chance en France d’avoir de très grands laboratoires et des usines qui produisent de nombreux médicaments vétérinaires injectables », souligne Christophe Hugnet.

« Si on regarde les anesthésiques que l’on utilise en médecine vétérinaire, une bonne douzaine de substances peuvent avoir un intérêt en santé humaine et la plupart sont produites en France », ajoute-t-il.

Plus de cinq mille vétérinaires en réserve sanitaireJacques Guérin, président de l’Ordre des vétérinaires

Les dons ne sont pas la seule forme d’engagement des vétérinaires face à la crise du coronavirus Covid-19. Le 20 mars 2020, l’Ordre des vétérinaires, à la demande du HFDS (haut-fonctionnaire à la défense et à la sécurité) du ministère en charge de l’Agriculture, en lien avec le ministère en charge de la Santé, a lancé un appel pour recenser les vétérinaires (en activité ou jeunes retraités) et les étudiants vétérinaires disponibles pour rejoindre la réserve sanitaire.

Le 24 mars 2020, l’Ordre comptabilisait déjà « plus de 5 000 volontaires inscrits », se félicite son président. Pour Jacques Guérin, Christophe Hugnet et Pierre-Marie Cadot il s’agit d’un engagement citoyen et nécessaire. « Nous sommes engagés dans le maillage national », indique Pierre-Marie Cadot.

S’ils sont appelés, ils réaliseront principalement des tâches logistiques : régulation, tri, surveillance de monitoring, nettoyage, etc. « Nous ferons ce qu’on nous demandera de faire, il n’est évidemment pas question de réaliser des gestes médicaux sur des humains », signale Jacques Guérin. Pour le moment aucun d’entre eux n’a été contacté.

Marie-Astrid Batut
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