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Donald Trump affirme être proche d’un accord

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Washington négocie âprement pour que la Chine augmente ses achats de produits agricoles américains. © Pierre Peeters

Un tweet de Donald Trump affirmant être proche d’un accord avec la Chine a fait forte sensation. Ce n’est pas la première fois qu’il annonce cet accord comme imminent alors même qu’il tarde à se concrétiser. Les produits agricoles américains sont au cœur des négociations.

Le 15 décembre : c’est la date fixée par l’administration Trump pour imposer des tarifs douaniers de 10 % sur quelque 160 milliards de dollars de biens chinois. Mais à moins de trois jours de cette échéance, les intentions de Donald Trump restent insondables. En effet, le 12 décembre il a affirmé sur Twitter que les États-Unis étaient « très proches » d’un «...
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Le 15 décembre : c’est la date fixée par l’administration Trump pour imposer des tarifs douaniers de 10 % sur quelque 160 milliards de dollars de biens chinois. Mais à moins de trois jours de cette échéance, les intentions de Donald Trump restent insondables. En effet, le 12 décembre il a affirmé sur Twitter que les États-Unis étaient « très proches » d’un « grand accord » avec la Chine après 19 mois d’une féroce guerre commerciale entre les deux premières puissances économiques mondiales.

Voir aussi : Vers un apaisement entre la Chine et les États-Unis ? (09/12/2019)

« Nous sommes TRÈS proches d’un GRAND ACCORD avec la Chine », a tweeté le locataire de la Maison Blanche. « Ils le veulent, et nous le voulons aussi ! », a-t-il ajouté.

Des négociateurs en « étroite communication »

« Ce tweet de Donald Trump injecte de l’enthousiasme sur le marché », estime Art Hogan, de National. En effet, la Bourse new-yorkaise, qui avait ouvert dans le rouge, s’est soudainement envolée jeudi après ce tweet ; vers 15h00 GMT, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average montait de 0,85 %, à 28 149,77 points.

Pékin a assuré jeudi que les négociateurs des deux pays maintenaient « une étroite communication », sans autres précisions. Le bras de fer que se livrent depuis plusieurs mois les deux pays se traduit par l’imposition mutuelle de droits de douane supplémentaires portant sur des centaines de milliards de dollars d’échanges annuels.

L’annonce éventuelle d’un accord commercial avec Pékin dans les jours qui viennent permettrait au milliardaire républicain de vanter ses qualités de négociateur à l’approche de sa mise en accusation par la Chambre des représentants dans l’affaire ukrainienne, qui devrait intervenir la semaine prochaine. Pékin et Washington négocient âprement un accord préliminaire aux termes duquel la Chine augmenterait ses achats de produits agricoles américains. En contrepartie, les États-Unis renonceraient à de nouvelles hausses des droits de douane sur les produits chinois prévues le 15 décembre.

> Voir aussi : Pékin desserre l’étau sur le « made in USA » (12/09/2019)

9,2 milliards d’exportations de produits agricoles en 2018

Avant la guerre commerciale engagée par le locataire de la Maison Blanche, la Chine était depuis 2008 le premier ou deuxième plus grand importateur de produits agricoles américains. Mais en riposte à des sanctions imposées par Washington, Pékin a choisi de durement frapper les fermiers américains, faisant par exemple grimper les taxes sur les importations de soja jusqu’à 33 % et de porc jusqu’à 72 %. Résultat immédiat : les exportations américaines de produits agricoles, qui avaient atteint un pic à 26 milliards de dollars en 2012-2013 quand la sécheresse aux États-Unis avait fait exploser les cours des céréales et oléagineux, et s’élevaient encore à 19,5 milliards de dollars en 2017, ont chuté en 2018 à 9,2 milliards de dollars.

Dans le cadre de l’interminable feuilleton des négociations commerciales, la Chine a toutefois fait plusieurs gestes de bonne volonté depuis septembre, notamment en augmentant ses commandes.

Certains produits américains déjà exemptés

Selon le ministère américain de l’Agriculture, des acheteurs chinois s’étaient au début de décembre engagés à acquérir pour près de 9,8 millions de tonnes de la récolte de soja de cet été, contre un peu moins de 500 000 tonnes l’an dernier à la même époque. Cela reste toutefois loin des 21,5 millions de tonnes enregistrées en 2017 à cette même époque.

Pékin a par ailleurs annoncé vendredi 6 décembre avoir commencé à exempter de droits de douane « certaines » importations de soja et de porc américains et avait levé en octobre un embargo sur la volaille américaine en vigueur depuis 2015.

La stratégie de Donald Trump

Si peu de détails ont pour l’instant émergé des négociations, le président américain avait affirmé en octobre que les Chinois s’étaient engagés à acheter pour 40 à 50 milliards de dollars de produits agricoles américains. « Il est assez évident que Donald Trump, à l’approche de la prochaine élection, souhaite renforcer son assise dans la communauté agricole », souligne Bill Nelson, économiste pour le cabinet Doane Advisory Services.

Pour atténuer les pertes des fermiers touchés par les nouvelles barrières douanières, l’administration Trump s’est déjà engagée à débloquer au total 28 milliards de dollars d’aides en 2018 et 2019. Mais les agriculteurs soulignent régulièrement qu’ils préféreraient gagner de l’argent en vendant leur production.

Un objectif ambitieux ?

La Chine pourrait assez facilement importer de nouveau 20 à 25 milliards de dollars de produits agricoles américains, ne serait-ce qu’en se tournant vers les États-Unis plutôt que vers le Brésil ou l’Argentine pour le soja, selon M. Nelson.

Mais il est « peu probable » à ses yeux que les Chinois puissent soudainement acheter jusqu’à 50 milliards de dollars par an. Quand les exportations ont atteint leur pic, à 26 milliards de dollars, les cours des matières agricoles étaient alors bien plus élevés, le soja se vendant par exemple entre 13 à 17 dollars en 2012-2013, contre environ 9 dollars actuellement.

En plus du soja et du sorgho, il faudrait par ailleurs que la Chine acquière bien plus de maïs, de blé ou de coton et que soit par exemple intégré l’éthanol dans la catégorie des produits agricoles. Mais même dans ce cas, pas forcément de miracle.

Une concrétisation rapide ?

Ainsi, si Pékin, dont le cheptel porcin a été touché de plein fouet par une épidémie de peste porcine africaine, a augmenté ses importations de porc américain de 55 % en volume entre janvier et octobre, selon la fédération américaine des exportations de viande, cela ne représente que 975 millions de dollars.

Mais cet accord, annoncé comme imminent depuis plusieurs semaines par l’administration de Donald Trump, tarde à se concrétiser. Cette guerre commerciale, qui pénalise déjà les firmes chinoises tournées vers l’exportation, menace à présent la croissance du géant asiatique. Elle est tombée à 6 % sur un an au troisième trimestre, soit son niveau le plus bas depuis 27 ans.

Voir aussi : Porc : Les exportations françaises bondissent (10/12/2019)

Voir aussi : Peste porcine africaine — « N’enterrez pas la Chine trop vite » (12/09/2019)

AFP
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